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La BM planche sur les retombées de la chute des prix du pétrole


La baisse des cours donnera au Maroc des marges de manœuvre budgétaires supplémentaires



La BM planche sur les retombées de la chute des prix du pétrole

Un nouveau rapport de la Banque mondiale vient d’être publié. Ce qui ressort, en substance, de cet ouvrage est pour rassurer avertis et renseigner néophytes sur les retombées de la chute des prix du pétrole à la fois pour les pays exportateurs et importateurs de pétrole de la région MENA.
En effet, pour d’aucuns, économistes inclus, actuellement, le fait le plus marquant est l’effondrement des cours mondiaux du pétrole, qui ont atteint un niveau en dessous de 50 dollars le baril (brut Brent) en début janvier 2015, soit une baisse de 50 % depuis les sommets atteints à la mi-juin 2014 (115 dollars le baril).
Il va de soi qu’il s’agit là d’une évidence qui saute aux yeux des moult analystes et experts de la BM qui planchent ainsi sur ce plongeon de l’or noir et croient dur comme fer qu’il aura, inéluctablement, d’importantes conséquences pour les pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). En fait, selon ce dernier Bulletin trimestriel d’information économique de la région MENA, tandis que des importateurs de pétrole devraient afficher des gains et voir éventuellement leurs balances commerciales s’améliorer jusqu’à 2 % de leur PIB, les pays exportateurs de pétrole afficheront, en revanche,  probablement des déficits budgétaires et leurs comptes des transactions courantes plus importants ou des excédents nettement plus faibles. 
« Les importateurs de pétrole bénéficieront de la diminution de la facture des importations de pétrole et du montant des subventions aux carburants (dont certaines sont assez élevées pour atteindre 10 % du PIB) tandis que les exportateurs — dont certains tirent 80 % de leurs revenus du pétrole — perdront des recettes d’exportation et des recettes budgétaires », explique Shanta Devarajan, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. 
Ce n’est pas tout. En effet, l’ouvrage de la BM précise, avec une note positive, que la chute des prix du pétrole va réduire l’inflation importée dans les pays exportateurs et importateurs de pétrole et, en fonction de l’ampleur des effets de répercussion sur l’inflation intérieure, pourrait profiter aux pauvres. Et d’ajouter que la légère augmentation de la consommation due à la baisse des prix contribuerait également à une légère hausse de la croissance.
Pour aller au-delà du constat de la chute des prix du pétrole qui devrait renflouer les comptes budgétaires et extérieurs des pays dépendant fortement des importations de pétrole, les analystes de la BM mettent en relief les pays importateurs de pétrole qui devraient profiter de ce contexte à l’instar de la Jordanie, de la Tunisie, du Liban et de l’Egypte, dont la balance commerciale pourrait s’accroître pour atteindre jusqu’à 2 % du PIB.  Mais quid du Maroc ? Si plusieurs analystes économiques savent pertinemment que la baisse actuelle de l’or noir a un effet favorable sur l’économie marocaine en général, du fait qu’elle induit la désinflation importée et l’accroissement du pouvoir d’achat du revenu…, ceux de la BM nous ont fourni de plus amples détails. Ainsi, ils nous ont déclaré que l’économie marocaine est très dépendante de l’énergie importée et que la baisse du prix du pétrole a donc un impact positif sur l’économie, notamment sur les finances publiques et la balance des paiements. Pour eux, l’Etat marocain pourrait économiser environ 1 % de PIB si le prix du baril ne dépasse pas les 78 dollars en moyenne en 2015. 
Mieux, poursuivent-ils, la facture énergétique à l’importation pourrait être diminuée de l’ordre de 25 %.
Dans la foulée, ils mettent en exergue la baisse du prix du pétrole, en-deçà de l’hypothèse retenue lors de la préparation de la loi de Finances 2015, qui redonne donc des marges de manœuvre budgétaires pour accélérer le processus graduel de consolidation budgétaire entamé en 2013. En ce qui concerne le secteur manufacturier, ils pensent qu’il devrait lui aussi bénéficier de la chute du prix du baril, à travers une baisse du prix des intrants pétroliers ou à base d’énergie pétrolière. Affichant toujours le même optimisme, ils prévoient aussi que l’inflation, qui est déjà sur un rythme de croissance faible, devrait elle aussi bénéficier de la récente évolution des cours pétroliers. En somme, ils déduisent que le Maroc peut se réjouir de ce choc positif externe et en profiter pour accélérer les réformes structurelles visant à promouvoir une croissance plus forte et inclusive. 
Néanmoins, soulignent-ils, ces hypothèses formulées sur le  prix futur  du pétrole (en moyenne de 65 dollars le baril en 2015 contre un prix plus élevé, 78 dollars par baril), comme avec d’autres variables économiques, restent incertaines, ce qui peut éventuellement ajouter une marge d’erreur dans les projections. Toutefois, ces projections sont fondées sur des statistiques disponibles jusqu’en début janvier 2015.
Ce bulletin, produit par le bureau de l’économiste en chef de la BM pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, a le mérite, outre de faire le point, économiquement parlant, sur la région du MENA, de donner aussi des détails sur les différents impacts de la baisse des cours sur les pays importateurs et exportateurs de pétrole de la région. 
 

Une cascade de baisses

Les prix du pétrole se sont réduits de moitié au quatrième trimestre 2014 et moins d’un mois en 2015, ils ont encore reculé de 9 %. Le pétrole brut Brent a chuté pour se situer en dessous de 50 dollars le baril en début janvier 2015 pour la première fois depuis mai 2009. Bien qu’ils se soient légèrement redressés après, tout porte à croire que les prix ne décolleront pas de sitôt. La gravité de la chute des prix du pétrole est presque sans précédent – deuxième derrière celle de 2008 lorsque les prix sont passés de 148 dollars à 40 dollars le baril. Trois raisons ont été avancées pour expliquer cet effondrement des prix du pétrole. Du point de vue de l’offre, une augmentation de la production américaine de pétrole de schiste et un changement de la politique de l’OPEP qui est passé du ciblage du niveau de prix au maintien des parts de marché ; et du point de vue de la demande, une demande mondiale plus faible que prévu en raison d’une croissance mondiale atone. Contrairement à la crise des prix du pétrole de 2008 qui était axée sur la demande, les facteurs de l’offre jouent un rôle dominant dans le marché actuel du pétrole.
Globalement, la baisse des prix du pétrole a déjà réduit l’inflation à l’échelle mondiale et pourrait stimuler une reprise mondiale. La Banque mondiale estime qu’une baisse soutenue de 30 % du prix du pétrole, si elle résulte d’une surabondance de l’offre, pourrait augmenter le PIB mondial d’environ 0,5 point de pourcentage à moyen terme. Pour en être sûr, l’impact global sur la croissance dépend de plusieurs autres facteurs qui varient considérablement selon les régions et les pays particuliers. Dans les pays en développement, l’impact varie grandement entre les exportateurs et les importateurs de pétrole. La chute des prix du pétrole devrait avoir de graves conséquences pour les comptes budgétaires et extérieurs des producteurs de pétrole, notamment ceux qui dépendent fortement des recettes d’exportations de pétrole tels que la Russie et le Venezuela.

Meyssoune Belmaza
Lundi 2 Février 2015

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