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La BBC engrange succès et critiques




La BBC a tiré parti de la révolution numérique en s’appuyant sur la manne annuelle de 3,7 milliards d’euros que constitue la redevance. Mais, avec la crise économique et celle des médias est venu le temps des appels à l’abolition de ses privilèges.
Semaine après semaine, la presse britannique a rapporté les attaques contre “l’expansionnisme”, la “concurrence déloyale” voire “l’abus de position dominante” du premier groupe audiovisuel au monde.
James Murdoch, vice-président du conglomérat News. Corp de son père Rupert, a ouvert les hostilités, fin août. Ce qu’il faut c’est “une BBC beaucoup, beaucoup plus réduite”. Sa taille et ses ambitions donnent “la chair de poule”.
“La progression du journalisme financé par l’Etat” représente “une menace pour le pluralisme”, a-t-il lancé depuis Edimbourg.
“La BBC a atteint les limites du raisonnable en matière d’expansion”, suggérait peu après le ministre travailliste de la Culture Ben Bradshaw, en envisageant une redistribution partielle de la redevance au profit de télévisions locales, et une réforme du BBC-Trust, l’organisme de contrôle jugé trop conciliant moins de trois ans après sa création.
Les Conservateurs qui espèrent retrouver le pouvoir en 2010, après 13 ans d’opposition, ont des visées comparables au Labour concernant la “beeb” : une cure d’austérité.
Trois épisodes récents ont provoqué autant de poussées de fièvre anti-BBC:
- L’acquisition des guides de voyages Lonely Planet? “C’est l’exemple le plus extrême de l’expansionnisme de BBC-Worldwide (branche commerciale de la BBC) dans des zones où la BBC n’a pas d’intérêt préexistant, ou alors très limité”, tranche l’influente commission parlementaire pour la culture.
- La “beeb” reprogramme “Strictly Come Dancing “, émission kitschissime sur des airs de tango ou de cha-cha-cha, pour mieux concurrencer “The X-factor” et ses apprentis-chanteurs sur la chaîne rivale ITV? Chacun s’interroge sur la légitimité de la course à l’audimat appliquée à la télévision publique.
- La BBC interroge le Premier ministre Gordon Brown sur une rumeur le disant sous tranquillisants? Nombre de travaillistes dénoncent une dérive “trash”.
Face aux attaques, Mark Thompson, Directeur Général de la BBC, a consenti une “revue stratégique” des activités du groupe qui coiffe huit chaînes de télévision nationales, 54 radios, un site parmi les plus visités d’Europe, un “world service” en 32 langues à destination de 150 millions d’auditeurs.
Thompson est catégorique. Des acquis comme l’indépendance éditoriale, le passage au tout numérique ou la gratuité d’accès à bbc.com (mal vécue par ceux qui, à l’instar de News. Corp cherchent à faire payer l’information en ligne), ne sont “pas négociables”.
Pas question non plus d’aggraver sensiblement le plan qui prévoit la disparition de 20% des 24.000 emplois et de 10% des programmes sur 8 ans, conséquence d’une décision gouvernementale d’augmenter la redevance en deçà de l’inflation.
Cependant, “si l’on doit procéder à des changements, ce sera dans le sens de la contraction plutôt que de l’expansion”, admet Thompson.
Pour Jeanette Steemers, professeur de communication à l’Université de Westminster, l’institution BBC reste aussi indétrônable que la monarchie.


AFP
Samedi 3 Octobre 2009

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