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La BAD fait le check-up de l’enseignement dans la région MENA

Inadéquation des programmes et des cursus des universités marocaines avec les exigences du marché de l’emploi




La Banque africaine de développement (BAD) vient de publier un rapport sur l’état de l’enseignement dans la région MENA.  De ce document, il ressort que la situation y  est des plus alarmantes  notamment au Maroc. Rien ne marche donc et ce à tous les niveaux.
Le premier constat fait par l’organisation panafricaine  indique que «la piètre qualité de l’apprentissage dans les pays de la région MENA produit une main d’œuvre qui n’a ni les compétences ni le savoir-faire qu’exige le marché du travail.
Autre constat alarmant de cette étude, c’est que le système éducatif dans cette région comprenant notamment l’Afrique du Nord se caractérise par des infrastructures en décrépitude, des contenus dépassés et des enseignants mal formés.  Et pourtant, selon la Banque mondiale, l’Afrique du Nord a réalisé des investissements considérables dans l’éducation et les dépenses de la région dans ce secteur s’élèvent en moyenne à 4,8% du PIB, la Tunisie et le Maroc se situant en tête.
Par ailleurs, le document de la BAD attire l’attention  sur l'un des problèmes cruciaux qui se posent à la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA), à savoir le chômage, en particulier des jeunes diplômés de l'université. Une situation qui appelle à un changement radical de l'enseignement supérieur, de sorte à améliorer la qualité des enseignements prodigués et à  favoriser l'employabilité des diplômés.
De ce fait, les entreprises et les jeunes fraîchement diplômés se trouvent confrontés au problème de l'inadéquation entre les qualifications des diplômés et les besoins du marché du travail et des recruteurs. Le manque d’un profil adapté  s'avère donc  l'une des causes profondes et récurrentes du chômage. Les jeunes diplômés de la région affichent une  formation "monodimensionnelle", qui se caractérise par des compétences limitées, un profil d'emploi restreint et une mobilité professionnelle faible. En outre, si la population estudiantine n'a cessé de croitre en nombre à un rythme élevé dans la région, cette évolution ne s'est pas toujours accompagnée d'une amélioration de la qualité du corps professoral, ni de développement des infrastructures universitaires, encore moins d'emplois créés en nombre suffisant.
Ceci dit, les universités  dans cette région deviennent pour nombre de citoyens des usines à chômeurs. C’est le cas pour les universités marocaines qui accordent plus d’intérêt à la théorie  qu’à un enseignement pratique indispensable à l’insertion de ces jeunes au marché de l’emploi comme cela se fait dans nombre de pays. Pire, l’université marocaine qui s’est transformée par la force de choses en refuge pour les ratés continue de proposer des programmes standards qui produisent des diplômes à l’identique, alors que les entreprises ont besoin de travailleurs compétents et collaboratifs. Cela n’est pas sans rappeler que l’enseignement au Maroc a fait des années durant l’objet de rapports  restés, malheureusement, au fond des tiroirs et connu nombre de réformes  qui n’ont rien changé à la donne. En l’état actuel, le système éducatif marocain va de mal en pis et  se dirige droit  vers la faillite totale. Et pour cause,  les gouvernements précédents et  les ministres qui se sont succédé à la tête du département de l’Enseignement, primaire et supérieur en l’occurrence,  manquaient de volonté politique et se contentaient d’annoncer des diagnostics accablants de la situation du secteur au lieu de procéder  avec courage à une réforme globale apportant  les solutions appropriées à même de faire de l’enseignement un levier incontournable de développement du pays. D’ailleurs, le Souverain, dans nombre de ses discours, s’est montré très critique envers la situation  accablante de l’école publique et de l’université marocaine. 
Eu égard à cette situation très inquiétante, le rapport de la BAD indique que dans  un environnement mondial en mutation rapide et fondé sur les technologies, le rôle traditionnel des universités doit absolument changer et il faut aussi impliquer le secteur privé, afin de stimuler l'économie. Pour ce faire, les programmes d'enseignement doivent encourager l'entrepreneuriat, l'innovation et la création de valeur grâce aux technologies et la façon dont sont formés les étudiants de cette région doit absolument elle aussi changer.
Enfin, l’étude de la BAD fait savoir que réformer l'enseignement supérieur dans les pays de la région MENA profitera pleinement  aux futurs diplômés qui seront mieux formés, habitués à la diversité et à la pratique, ouverts sur le monde qui les entoure et encouragés à l'innovation. De la sorte,  ils répondront davantage aux besoins  du marché de l'emploi et  seront mieux armés pour tirer parti de leurs compétences et de leurs talents pour s'insérer dans un cadre professionnel plus gratifiant et durable. Ils créeront de la valeur par et pour eux-mêmes, mais aussi au profit des économies de leurs pays respectifs.

Larbi Bouhamida
Mardi 10 Novembre 2015

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