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L’utopie cycliste néerlandaise menacée par son propre succès




L’utopie cycliste néerlandaise menacée par son propre succès
Problèmes habituellement réservés aux conducteurs, les embouteillages, le manque de places de parking ou l’agressivité au guidon menacent désormais de transformer l’utopie cycliste néerlandaise en un cauchemar quotidien.
Dans un pays où le nombre de bicyclettes dépasse le nombre d’habitants (18 millions de vélos pour 16,7 millions de Néerlandais), les Pays-Bas n’ont tout simplement plus assez d’espace pour accueillir sur leurs routes les 5 millions de cyclistes quotidiens.
A Amsterdam, par exemple, 490.000 personnes enfourchent leur vélo pour parcourir au total près de 2 millions de kilomètres chaque jour, selon la municipalité. “Les pistes cyclables les plus utilisées sont trop petites pour le flux grandissant de cyclistes”, reconnaît le conseil municipal.
Le nombre de cyclistes “a considérablement augmenté au cours de ces dernières années”, assure également un porte-parole de l’Union néerlandaise des cyclistes (Fietserbond), Wim Bot.
“Dans un petit pays comme les Pays-Bas où chaque mètre carré est compté, nous n’avons plus d’espace”, ajoute M. Bot: “C’est devenu un cauchemar”.
Les Néerlandais sont tombés amoureux de la petite reine dans les années 1880. Deux décennies plus tard, les premières pistes cyclables, qui s’étendent aujourd’hui sur près de 35.000 kilomètres, étaient installées dans ce pays si plat qu’il semble fait pour le vélo.
Même l’actuel Premier ministre Mark Rutte arrive régulièrement aux sièges des institutions politiques à bicyclette. En 2011, plus de 1,3 million de nouveaux vélos ont été achetés par les Néerlandais, pour un montant estimé à 968 millions d’euros.
“Carambolages et rage au guidon en augmentation”
Après avoir investi pendant des décennies dans les infrastructures réservées aux cyclistes, les Néerlandais payent le prix de la popularité de ce moyen de transport quotidien.
“Dans des endroits comme Amsterdam ou Utrecht, l’augmentation du nombre de cyclistes a donné lieu à de nouveaux phénomènes, comme des embouteillages, des carambolages, des problèmes de parkings et de l’agressivité au guidon”, rapportait récemment le quotidien néerlandais Trouw.
A la gare centrale d’Utrecht notamment, des dizaines de milliers de vélos, parqués légalement ou non, diminuent l’accès des piétons à l’espace public, alors que d’autres cyclistes ont les plus grandes peines du monde à se garer.
“Parfois, c’est une maison de fou sur la piste”, assure à l’AFP un gardien de parking vélos de la gare centrale d’Utrecht, au centre des Pays-Bas. “Il n’y a pas de bagarres à proprement parler, mais des mots très durs sont souvent prononcés”, soupire-t-il.
Marleen van der Wurff, 58 ans, cherche frénétiquement un endroit où garer son vélo avant de courir attraper son train : “Cela devient une situation très dangereuse”.
Les statistiques confirment ses propos: un quart de toutes les personnes décédées dans des accidents de la route sont des cyclistes, assure le Fietserbond.
En 2011, plus de 200 cyclistes sont morts sur les routes, soit 28 de plus que l’année précédente, la majorité d’entre eux étant âgés, indique le Bureau central des statistiques (CBS).
Et le problème n’a fait qu’empirer depuis que les autorités néerlandaises ont élargi l’accès aux pistes cyclables aux mobylettes, qui prennent facilement de vitesse les cyclistes dans un espace restreint. “Une recette pour un désastre”, selon M. Bot.
C’est devenu un tel problème qu’une conférence a récemment été organisée par les responsables de plusieurs grandes villes.
Les solutions proposées, similaires à celles mises en place pour gérer les embouteillages à quatre roues, vont de l’installation d’immenses parkings en sous-sol à l’enlèvement par la fourrière des vélos garés illégalement, comme à La Haye où près de 2.400 vélos ont été enlevés depuis août.
La ville d’Amsterdam a de son côté annoncé un plan d’investissements de 120 millions d’euros pour installer, entre autres, 38.000 nouveaux emplacements de stationnement, ainsi que 15 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires.
“Ce n’est pas un problème qui sera résolu la semaine prochaine”, assure pourtant M. Bot, soulignant qu’il faut travailler “à moyen et long termes”.
En attendant, le meilleur moyen de gérer le chaos sur la piste est de prendre son mal en patience et de ne pas s’énerver : “Parfois, ça aide d’être Néerlandais et stoïque”, lance-t-il.

AFP
Mercredi 14 Novembre 2012

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