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L'urbanisation rapide pose des problèmes économiques, sociaux, écologiques et de gouvernance

Nécessité de réactualiser les politiques de la lutte contre les bidonvilles et l'habitat insalubre




L'urbanisation rapide pose des problèmes économiques, sociaux, écologiques et de gouvernance
Durant un siècle, de 1912 à 2012, la population urbaine  au Maroc a presque septuplé. Ne représentant que 8% avec l’avènement du protectorat, la population  urbaine au Maroc est passée à 60% actuellement et devrait atteindre 75% au cours des 20 prochaines années, selon le directeur de l'Institut national d'aménagement et d'urbanisme (INAU), Abdelaziz Adidi. Cette croissance rapide de la population urbaine pose des problèmes économiques dus à une concurrence accrue entre les villes pour attirer les investissements nécessaires pour leur développement et créer davantage de richesses, a-t-il déclaré à la MAP à l'occasion de la tenue prochaine à Rabat, du 1er au 04 octobre, du second Sommet mondial des dirigeants locaux et régionaux et le 4ème Congrès des cités et gouvernements élus (CGLU), sous le thème «Imaginer la société, construire la démocratie». Elle pose également des problèmes écologiques à cause de la pression exercée sur les ressources naturelles (eau, forêt...), la régression des superficies agricoles (cas du Gharb, Salé, Tadla...) et la production de davantage de déchets et de gaz toxiques. Sur le plan social, M. Adidi a indiqué que l'urbanisation rapide a engendré également nombre de dysfonctionnements vu que seulement une minorité tire profit des richesses, et par conséquent le gouffre ne cesse de s'élargir entre les couches sociales. Après avoir souligné que l'urbanisation pose en outre le problème de la gouvernance compte tenu de son rythme accéléré, M. Adidi a attribué ce phénomène à l'explosion démographique aussi bien au Maroc que dans les pays du Sud. Le développement des villes dans les pays du Nord était lié à la révolution industrielle et à la prospérité économique et sociale dans ces pays, ce qui n'était pas le cas dans les pays du Sud où le phénomène de l'urbanisation rapide constitue «un cas pathologique» étant donné que ces agglomérations n'étaient pas dotées de tous les moyens nécessaires pour produire de la richesse, a-t-il expliqué. Toutefois, a-t-il poursuivi, plusieurs pays du sud, dont le Brésil et le Maroc, ont réussi à maîtriser le phénomène de l'urbanisation et à lutter contre ses aspects négatifs à travers notamment la mise en œuvre de politiques de la lutte contre les bidonvilles et l'habitat insalubre. Le Maroc a pu relever ce défi grâce à une politique novatrice et globale, constituant une rupture avec celles précédentes, et à laquelle ont été associés les habitants et autres intervenants du secteur, a-t-il fait remarquer.

Libé
Lundi 30 Septembre 2013

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