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L'opposition syrienne suspend sa participation formelle aux négociations de Genève

Damas ne veut pas discuter du sort d'Assad




L'opposition syrienne a suspendu sa participation "formelle" aux délicates négociations de paix de Genève pour protester contre la "détérioration" de la situation en Syrie, où la trêve est menacée.
 Lors d'une conversation téléphonique lundi, les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama -- les véritables parrains des pourparlers de Genève -- se sont mis d'accord pour renforcer le cessez-le-feu en Syrie et l'aide humanitaire.
 Selon le médiateur de l'ONU Staffan de Mistura, le HCN (Haut comité des négociations), représentant l'opposition, a annoncé qu'il resterait à Genève et continuerait à prendre part à des "discussions techniques", mais pas au Palais des Nations, siège de l'ONU dans la ville. Les discussions auront lieu à l'hôtel où réside la délégation de l'opposition.
 Le HCN est apparemment divisé entre ceux qui veulent quitter Genève -- principalement les groupes armés -- et ceux qui ne veulent pas rompre avec le délicat processus de paix engagé depuis janvier sous l'égide de l'ONU.
 Le coordinateur de l'opposition, Riad Hijab, a jugé lundi "inacceptable" de poursuivre les négociations, alors que le régime de Damas continue de "bombarder et d'affamer les civils" en menant une offensive militaire contre la région d'Alep, en dépit de la trêve. Il devait tenir une conférence de presse mardi midi.
 Le régime syrien a lui accusé lundi l'Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, parrains de l'opposition, de vouloir faire échouer les pourparlers de paix à Genève après la décision de celle-ci de suspendre sa participation aux négociations. "Les parrains saoudien, turc et qatari ne veulent pas arrêter le bain de sang en Syrie et ne veulent pas d'une solution politique en Syrie", a affirmé Bachar al-Jaafari, chef de la délégation du régime, dans une interview lundi soir à la télévision al-Mayadeen, basée à Beyrouth.
 M. de Mistura s'est quant à lui félicité d'avoir pu obtenir l'accord de l'opposition et du régime de Damas sur la nécessité de mettre en place une "transition politique", même s'il y a un "grand fossé" sur son interprétation.
 Le HCN exige le départ préalable du président syrien Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 16 ans, mais le régime, bien que prêt à un gouvernement de coalition avec l'opposition, considère que le sort du président Assad n'est pas négociable.
 Lors d'une nouvelle rencontre lundi matin avec M. de Mistura, le chef de la délégation du régime, Bachar al-Jaafari, a évoqué de "nouvelles idées", sans plus de précisions.
 Dans sa résolution 2254, l'ONU prévoit la formation d'ici l'automne de cet organe de transition et la rédaction d'une nouvelle Constitution, avant l'organisation d'élections présidentielle et législatives courant 2017.
 Evoquant la situation militaire et humanitaire en Syrie, M. de Mistura a estimé que la trêve imposée le 27 février "tient toujours dans beaucoup de régions". "Mais l'intensification des combats est inquiétante (..) et l'accès humanitaire est également trop lent", a-t-il déploré.
 Preuve que la situation devient alarmante, les présidents Poutine et Obama ont pris leur téléphone pour décider d'un renforcement du cessez-le-feu en Syrie, selon le Kremlin.
 "Les dirigeants ont discuté en détail de la situation en Syrie, confirmant notamment leur intention de faciliter le renforcement du cessez-le-feu, fruit d'une initiative russo-américaine, dans ce pays, ainsi que l'accès de l'aide humanitaire", précise le Kremlin dans un communiqué.
De son côté, le président français François Hollande a déclaré lundi au Caire, où il effectuait une visite officielle, qu'il fallait "tout faire" pour maintenir la trêve entre le régime et les rebelles en Syrie.
 Sur le terrain, les combats et les bombardements se sont intensifié lundi, surtout dans la métropole d'Alep et sa province, au nord du pays.
 Dix groupes rebelles principalement islamistes, dont les influents Ahrar al-Cham et le groupe d'inspiration salafiste Jaich al-Islam, ont annoncé qu'ils mettaient en place une riposte coordonnée.
 "Après une augmentation des violations de la part des forces du régime, visant notamment des camps de déplacés et (...) des quartiers résidentiels, nous déclarons la création d'un centre d'opérations conjoint et le début d'une bataille (...) pour y répondre", ont-ils indiqué dans un communiqué, promettant "une réponse forte qui servira de leçon" au régime.
L'offensive de la rébellion a effectivement commencé lundi, selon une source rebelle locale.
 Les combats se concentraient autour du village de Kinsabba, le dernier fief rebelle de Lattaquié repris par le régime.
 Les affrontements continuent de faire rage également sur plusieurs fronts dans la province d'Alep, morcelée entre armée, rebelles, jihadistes et Kurdes.
 Dans la ville éponyme divisée en deux depuis 2012, huit personnes ont été tuées lundi par des roquettes lancées par des rebelles sur des quartiers tenus par le régime, selon la télévision d'Etat.
 L'ONG Médecins sans Frontières (MSF) a jugé "critique" la situation d'environ 100.000 personnes prises au piège dans le nord de la Syrie.

Mercredi 20 Avril 2016

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