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L'opposition syrienne peaufine à Riyad un plan de transition




Rencontre aujourd’hui entre la Russie, les Etats-Unis et l'ONU à Genève

Des groupes politiques et militaires de l'opposition syrienne tentaient jeudi de se mettre d'accord sur un plan pour une transition politique en dépit des divergences sur le sort de Bachar al-Assad, au deuxième jour d'une conférence à Riyad parrainée par l'Arabie Saoudite.
 Ce rassemblement sans précédent d'une centaine de délégués s'inscrit dans le cadre d'un processus diplomatique international censé amener opposition et régime à la table des négociations pour mettre fin à un conflit qui, depuis 2011, a fait plus de 250.000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes.
 Les participants sont convenus, au premier jour de leurs discussions, de grands "principes" devant régir la gouvernance et la transition en Syrie, selon une source de la Coalition nationale, principale composante politique de l'opposition, basée à Istanbul.
 Ils ont ainsi retenu, selon cette source, le principe d'un "Etat civil et pluraliste" et convenu que "la transition politique relève de la responsabilité des Syriens", formule qui semble destinée à contourner la controverse autour du rôle du président Bachar al-Assad dans le processus politique.
 Outre "l'attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie", ils sont également d'accord sur "la préservation des structures de l'Etat, la restructuration des organes militaires et de sécurité, le refus du terrorisme et de la présence de combattants étrangers", a ajouté la même source, dont les propos ont été confirmés par un autre opposant. Des combattants étrangers participent à la guerre en Syrie, du côté des forces gouvernementales comme du côté des forces antirégime.
 L'Arabie Saoudite et le Qatar, qui soutiennent des groupes rebelles syriens, y compris dans la mouvance islamiste, ont exprimé leur soutien à "un règlement politique" en Syrie, lors d'un sommet des monarchies du Golfe qui se tenait parallèlement dans la capitale saoudienne.
 Le chef de la Coalition nationale, Khaled Khoja, a relevé "une disposition de l'opposition à un règlement politique" et s'est dit "optimiste" quant à un accord sur la "formation d'une équipe de négociateurs", dont les modalités continuent de diviser, en vue de discussions avec le régime.
 Une vingtaine d'autres groupes de l'opposition, qui ne remettent pas en cause le régime Assad, se sont réunis mercredi à Damas et ont retenu "une liste de 10 à 20 représentants chargés de négocier avec le gouvernement" sous l'égide de l'ONU, selon Mahmoud Merii, secrétaire général de l'Action nationale démocratique.
 Une troisième rencontre a réuni des groupes kurdes et arabes de l'opposition dans le nord-est de la Syrie pour élaborer un scénario de transition politique. Ils ont annoncé au terme de leurs discussions la création du Conseil démocratique syrien, qui sera la branche politique de la coalition militaire en première ligne dans la lutte contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI).
Les débats à Riyad se déroulent dans le cadre d'un processus international relancé fin octobre à Vienne par 17 pays --dont Etats-Unis, Russie, Arabie Saoudite, Iran et puissances européennes-- et trois organisations internationales.
 Ces acteurs internationaux ont fixé un calendrier prévoyant une rencontre à compter du 1er janvier entre représentants de l'opposition syrienne et du régime, avant un cessez-le-feu, la formation d'un gouvernement de transition dans les six mois et l'organisation d'élections d'ici 18 mois.
 La Russie, les Etats-Unis et l'ONU doivent se retrouver aujourd’hui à Genève pour discuter du processus de transition politique en Syrie, une semaine avant une nouvelle réunion internationale sous le format de Vienne prévue à New York, selon Moscou et Washington.
 Le porte-parole du département d'Etat américain John Kirby a précisé que la rencontre tripartite devrait être axée sur les "progrès vers une transition politique et, précisément, pour essayer d'obtenir le cadre et l'architecture d'un cessez-le-feu" en Syrie.
 La Russie et les Etats-Unis interviennent militairement séparément en Syrie, mais sont impliqués ensemble dans le processus diplomatique, même s'ils divergent sur le sort du président Assad.

Libé
Vendredi 11 Décembre 2015

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