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L’insécurité du transport aérien en Afrique subsaharienne




L’insécurité du transport aérien en Afrique  subsaharienne
L’Afrique subsaharienne est à la traîne derrière toutes les autres régions du monde en ce qui concerne le volume du trafic aérien. Selon les statistiques de la Banque africaine de développement, en termes de kilomètres parcourus et de tonnes, la région ne peut se vanter que de 1,5% de l’industrie mondiale, alors que les régions du Pacifique et d’Afrique de l’Est représentent 35,7% de l’industrie du transport aérien. L’Afrique subsaharienne n’accueille que 1,5 % des passagers du monde à la fois dans les vols internationaux et domestiques, comparativement à 28% pour l’Amérique du Nord.
Sur le continent africain, l’industrie du transport aérien est dominée par trois grandes compagnies aériennes qui comprennent South African Airlines, Kenya Airways et Ethiopian Airlines. Selon une étude de l’IOSA en 2013, au moins 200 compagnies aériennes africaines sont actuellement actives en Afrique dont seulement 38 répondent aux normes internationales de sécurité.
Ces médiocres performances restent le plus grand défi dans ce secteur.
Selon un rapport de la Fondation Mo Ibrahim : fin 2013, bien que les capacités d’accueil des terminaux et des pistes soient généralement aux normes, la surveillance et le contrôle du trafic aérien restent un problème important.
Un autre obstacle est celui du coût du carburant dans la région. Sur la scène mondiale, le carburant représente environ 35% des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne. Cela peut atteindre 45 à 55 % en Afrique, ce qui rend le prix du carburant, dans certaines stations en Afrique, deux fois plus cher que la moyenne mondiale.
Les taxes d’aéroport en Afrique subsaharienne sont aussi exorbitantes.
En comparaison avec plusieurs aéroports en dehors du continent, les taxes de passagers sont très élevées. La BAD note que la taxe d’atterrissage d’un passager à Accra, au Ghana est de 75 $ et 137 $ en Ambouli en Djibouti, comparativement à 14 dollars à Paris en France et 6 dollars à Mumbai en Inde.
En 2013 le Conseil international des aéroports a constaté que la sécurité aérienne en Afrique s’est détériorée au cours de l’année 2012, enregistrant la perte de 3,71 coques de jet par million de vols alors que la perte était de 3,27 en 2011. Ainsi, l’Afrique subsaharienne a le niveau de sécurité aérienne le plus médiocre au monde en dépit de l’accent mis en mars 2014 sur l’accident très médiatisé d’un avion malaisien. La plupart des accidents en Afrique subsaharienne se concentrent dans deux pays, le Soudan et la République démocratique du Congo.
Un plan d’action d’amélioration stratégique en Afrique a été mis en avant par les Etats africains et approuvé par l’Union africaine en 2013. Ce plan est censé renforcer la surveillance réglementaire et parer aux lacunes de sécurité relevées sur le continent. L’idée est d’atteindre des performances de sécurité conformes aux exigences mondiales d’ici fin 2015.
L’Afrique subsaharienne a besoin de traduire ces plans en actions concrètes. Les dirigeants africains ont tenu en vain des réunions avec l’appui de l’Union africaine. Il est important que les États africains revoient concrètement leurs conditions de sécurité aérienne. L’infrastructure est très convenable. La plupart des aéroports sur le continent doivent répondre aux normes internationales. Le personnel doit avoir un niveau de formation comparable à celui d’autres régions du monde. La corruption dans les aéroports en Afrique doit être réprimée. Répondre à ces exigences permettraient non seulement d’accroitre la sécurité mais aussi les gains financiers en redynamisant le secteur.
 
* Analyste pour africanliberty.org.
Article publié en collaboration 
avec Libreafrique.org

Par Chofor Che
Samedi 29 Mars 2014

Lu 1541 fois


1.Posté par daizo michael le 29/03/2014 23:08 (depuis mobile)
a ce sujet, l'important est de valoriser et de spécialiser l'industrie de transport au niveau des universités en afrique.

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