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L'industrie allemande se met doucement à courtiser la main-d'œuvre féminine




L'industrie allemande se met doucement à courtiser la main-d'œuvre féminine
"Egalité des chances dans l'industrie automobile", "bien réagir aux critiques": à la Foire industrielle de Hanovre (nord), un congrès destiné aux femmes fait salle comble, dans une Allemagne à la traîne en termes d'emploi féminin, surtout dans l'industrie.
Les quelque 1.200 participantes sont accueillies avec une tablette de chocolat, et, tout au long de la journée, elles sont courtisées par les grands noms de l'industrie allemande, de Siemens à EON en passant par Bosch.
Dans une ambiance à 99% féminine, femmes actives et étudiantes assistent à des ateliers sur "comment utiliser à son avantage les règles du jeu dans les métiers scientifiques" ou "la technique du samouraï, comment garder la maîtrise de soi".
Entre raout féministe et gigantesque goûter de copines, la manifestation, en marge de ce qui se targue d'être le plus grand salon industriel du monde, reflète un véritable problème de l'économie allemande: le manque de main d'oeuvre qualifiée qu'une plus grande participation des femmes au monde du travail pourrait en partie combler.
"Le potentiel féminin n'est qu'insuffisamment utilisé, nous le gâchons", explique l'économiste Klaus Zimmermann, président de l'institut de recherche sur l'avenir du travail (IZA), invité à la manifestation.
Et d'égréner la liste bien connue des causes du problème: le manque de structures de garde pour les enfants les plus petits; les différences de salaires, à qualification égale, entre hommes et femmes; la faible attirance des femmes pour les métiers scientifiques, là où la main-d'oeuvre fait pourtant le plus défaut.
Le taux d'activité des femmes allemandes est, à 68%, le quatrième plus élevé d'Europe (après la Suède, le Danemark et les Pays-Bas) et a nettement augmenté ces dernières années. Mais les Allemandes travaillent pour 45% à temps partiel, l'un des taux les plus élevés d'Europe.
En conséquence, le salaire horaire brut des femmes allemandes était de 22% inférieur à celui des hommes l'an dernier en valeur absolue. A poste égal, la différence reste de 7%, et grimpe à 17% chez les ingénieurs.
"Les entreprises ne veulent pas et ne sont pas prêtes à penser aux conséquences du changement démocratique", déplore M. Zimmermann. Un constat qui vaut surtout pour les moyennes et petites structures.
Les grands groupes comme Bosch ont progressivement reconnu l'importance d'offrir des modèles de travail flexibles, ou même leurs propres crèches. "On a l'impression que les dirigeants, qui ont aussi des enfants ou des femmes qui travaillent, perçoivent de mieux en mieux le problème", explique Nicole Schwerin, du département des ressources humaines de Bosch.
De forts blocages culturels demeurent pourtant. Une étude publiée cette semaine par le magazine Eltern (Parents) révèle ainsi que 42% des parents allemands jugent que le meilleur moment pour que la mère retourne au travail est... trois ans ou plus après la naissance. Seuls 7% pensent que cela devrait intervenir avant les six mois de l'enfant.
Et pour seulement 13% des ménages, le modèle "père et mère travaillent tous les deux à temps plein" représente un idéal, tandis que la constellation "père travaille à temps plein, mère à temps partiel et s'occupe majoritairement des enfants et du foyer" est la plus souhaitée (40%).

AFP
Lundi 29 Avril 2013

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