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L’indexation entraîne la hausse des prix à la pompe Le reste est à venir

Le gouvernement fait dans la com’ dans une tentative désespérée de rassurer les Marocains




L’indexation entraîne la hausse des prix à la pompe Le reste est à venir

Les Marocains se sont réveillés hier lundi sur la seconde hausse des prix à la pompe décidée sous l’ère Benkirane. Alors qu’ils ont déjà subi, le 2 juin 2012, la plus forte hausse depuis des années avec une augmentation de 27% (2 DH pour l’essence et 1 DH le gasoil), le gouvernement vient de mettre en application une seconde augmentation des prix des carburants, mais qui ne sera, malheureusement, que la première d’une longue série.
En effet,  avec l’entrée en vigueur du système d’indexation des carburants, les prix du gasoil, de l’essence et du fuel industriel ont subi des hausses respectives de 0.69 DH et 0.59 DH par litre, et de 662,88 DH la tonne à partir de zéro heure du lundi.
D’aucuns sous-estimeraient le montant de la hausse mais tout laisse croire qu’il ne s’agit malheureusement que d’un petit et «timide» début si l’on ose dire.
Etant donné que les prix vont être, dorénavant, révisés en fonction des cours du baril sur le marché international mais en fonction du «M -2» c’est-à-dire par rapport aux prix des deux derniers mois, du fait que le Maroc assure ses approvisionnements tous les trimestres.
Dans le cas actuel, la répercussion s’est faite en rapport avec le prix moyen du baril -ou de la tonne pour le fuel industriel-  en juin et juillet derniers de cette année. Mais depuis, les cours du baril à l’international ont pris une courbe ascendante qui s’est accentuée avec les informations qui se sont succédé sur une éventuelle intervention militaire occidentale en Syrie.
Comme sur la «période de référence» il n’y avait pas une augmentation importante des prix, les approvisionnements actuels vont, en revanche, entraîner une hausse plus importante qui peut aller jusqu’à un dirham à la pompe.
Le président du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM),  Adil Ziadi, nous a assuré, il y a quelques jours, que les approvisionnements des pétroliers ont été effectués à 112,5 dollars en moyenne durant les deux derniers mois (juillet et août), et se sont poursuivis à environ 115 dollars ces derniers jours, ce qui ne laisse aucun doute sur une nouvelle hausse le 16 octobre prochain. Du fait que le nouveau système d’indexation prévoit un seul changement mensuel des prix à la pompe, le 16 de chaque mois et non deux changements comme il a été décidé dans un premier temps.
Ayant pris l’habitude de voir M. Najib Boulif revenir sur ses décisions et ses annonces, on avait présagé que le gouvernement allait mettre son décret en veilleuse. Surtout que le ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Mohamed Najib Boulif, a déclaré jeudi dernier lors d’une conférence de presse à Casablanca,  qu’il s’agit d’une «décision politique» qui sera prise au moment opportun, en fonction des développements de la situation au Moyen-Orient, et de la constitution du gouvernement Benkirane II. Mais cette fois, il n’avait pas de choix. Tous les décrets entrent en vigueur automatiquement après leur publication dans le Bulletin officiel.  Si les produits concernés par cette mesure se limiteront à l’essence super, au gasoil et au fuel de type 2, cette hausse affectera à nouveau, inéluctablement, toute la chaîne de production nationale.
Ce qui signifie que les hausses vont se poursuivre comme une traînée de poudre. Essayant de dissiper les craintes à ce sujet, le ministre a évoqué des mesures d’accompagnement, entre autres, des aides pour le secteur des transports où le gasoil représente 30 à 34% des charges.  Mais rien n’est moins sûr à propos de ces mesures.
Comme l’indexation ne pouvait être prise sans des mesures parallèles pour se prémunir des risques du marché, l’Exécutif a opté pour une couverture du risque, dénommée «hedging», contre les fluctuations du cours, en l’occurrence celui du pétrole sur les marchés internationaux.
 Boulif n’a pas voulu dévoiler le coût de cette transaction, se contentant de souligner que des banques marocaines leaders sur le marché ont été mandatées pour négocier le contrat. Une solution qui reste, cependant coûteuse et risquée. En atteste, le ministre lui-même qui a, à titre anecdotique, rappelé que les deux opérations de hedging effectuées par des organismes au Maroc avaient été des échecs.
Pour l’instant, le gouvernement se contente d’espérer que ces hausses ne se répercuteront pas sur les prix des transports de marchandises ou de personnes, mais la réalité est autre.
Avec la conjoncture actuelle, le système d’indexation sera inflationniste. Etant donné que le coût de la logistique sera affecté directement, on peut s’attendre dès lors à un «effet boule de neige» sur l’ensemble des prix. Cela s’annonce trop flou et difficile voire impossible à mettre en pratique.

Mohammed Taleb
Mardi 17 Septembre 2013

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