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L’improbable résurrection de la plus mauvaise équipe du monde




L’improbable résurrection de la plus mauvaise équipe du monde
Le transgenre, l’obèse et le dépressif: ces improbables footballeurs font partie du nouveau Onze des Samoa américaines, chargé de faire oublier la “plus mauvaise équipe du monde” dont le triste record est d’avoir encaissé 31 buts en un match.
Alors que l’élite converge au Brésil pour le Mondial-2014, un documentaire relate la résurrection d’un collectif inlassablement laminé par des équipes évoluant elles-mêmes dans les profondeurs abyssales du football international.
De ces mémorables déculottées, on citera un 11-0 contre les Fidji en 2004, un 15-0 contre le Vanuatu en 2007, un 12-1 contre les îles Salomon la même année. Et surtout un spectaculaire 31-0 face à l’Australie en 2001, en phase qualificative de la Coupe du monde 2002 au Japon/Corée du Sud. Un score de rugby qui demeure le record absolu pour une rencontre internationale de foot. Le gardien, Nicky Salapu, en a été marqué à vie: si certains comptent les moutons pour s’endormir, lui compte dans ses cauchemars le nombre de fois où il est allé chercher le ballon au fond de ses filets. “Je rêve de pouvoir revenir en arrière et rejouer contre l’Australie”, dit-il.
Maintes fois sollicitée, l’équipe a systématiquement éconduit les journalistes et cinéastes désireux de documenter ce calvaire tragi-comique. Jusqu’à ce que les Britanniques Mike Brett et Steve Jamison se manifestent en 2011.
Les Samoa américaines — territoire américain du Pacifique non incorporé à la fédération — végétaient au bas du classement de la FIFA depuis la création de l’équipe en 1994. Les joueurs remettaient pourtant le couvert année après année, cumulant 30 défaites internationales consécutives et pas moins de 300 buts encaissés.
“Ce score de 31-0 ressemble à une plaisanterie. Nous, nous voulions gratter et raconter l’histoire humaine”, explique à l’AFP Mike Brett dont le film “Next Goal Wins” est actuellement à l’affiche dans les cinémas américains. Auteurs de spots publicitaires pour les équipementiers de grands clubs comme Barcelone, Arsenal et Manchester United, Brett et Jamison ont fini écoeurés par le poids de l’argent dans le foot professionnel.
“Nous ne reconnaissions plus le jeu que nous pratiquions quand nous étions gosses et quand cette opportunité s’est présentée, nous l’avons prise comme une façon de retrouver nos racines”, justifie Mike Brett.
Mouiller le maillot 17 ans d’affilée sans remporter une seule victoire comme l’ont fait les Samoans a fortement impressionné les deux hommes. “Ça dit quelque chose de la pureté de leur engagement”, s’enthousiasme Brett.
En 2011, les Samoa américaines décident de confier leur avenir footballistique au coach néerlandais Thomas Rongen, milieu de l’Ajax Amsterdam dans les années 1970. Et c’est sous la férule de ce fumeur invétéré que l’équipe enregistre la première victoire de son histoire, contre Tonga, un autre archipel du Pacifique, battu 2 à 1 le 23 novembre 2011 en match de qualification au Mondial-2014.
Galvanisés, les joueurs samoans arrachent ensuite un nul tout aussi valeureux contre les îles Cook (1-1) avant de perdre contre les Samoa (1-2), finissant 3e de leur groupe.
L’affaire ne semblait pourtant pas gagnée d’avance avec un entraîneur caractériel et des titulaires mal équipés pour l’exercice. En d’autres termes, une armée de bras cassés.
Coqueluche du Onze samoan, Jaiyah Saelua, né John Saelua, a été reconnu par la FIFA comme le premier joueur transgenre. Talons-aiguille la semaine, crampons le week-end.
Etudiant(e) à Hawaï, Saelua est un “fa’afafine” selon la tradition polynésienne, personne née de sexe masculin mais qui le plus souvent se travestit et occupe la place d’une femme dans la société. “Je suis un footballeur, même si je cours comme une fille”, dit-elle dans le documentaire de sa voix fluette. “Je ne suis ni femme, ni homme, un joueur de foot”.
L’équipe comptait aussi un milieu de terrain obèse surnommé Rambo et un joueur qui fumait à l’entraînement. Thomas Rongen a bataillé ferme pour mettre de l’ordre dans son drôle d’effectif, mettre qui au régime, qui à la musculation, qui aux substituts de la nicotine.
Après avoir atteint la 172e place du classement FIFA en septembre 2012, les Samoa américaines sont retombées à la 197e. A 10 longueurs seulement du dernier, les îles Turques-et-Caïques. 

AFP
Mardi 20 Mai 2014

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