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L'impact de la lecture sur le cerveau




Une équipe de chercheurs français vient de publier une étude sur l'apprentissage de la lecture et ses impacts sur la façon dont fonctionne le cerveau, celui-ci devant s'adapter et utiliser des zones cérébrales destinées à d'autres fonctions.
L'alphabétisation est un phénomène trop récent pour avoir influé sur l'évolution génétique de l'Homme. Le cerveau doit donc utiliser des zones non dédiées lors de l'apprentissage de la lecture. "On n'a pas de système cérébral inné spécialisé pour la lecture, on doit faire du bricolage, utiliser des systèmes qui existent déjà", explique à l'AFP Laurent Cohen, chercheur à l'Inserm dont l'étude a été publiée dans la revue américaine Science.
Pour mener leurs travaux, les scientifiques se sont basés sur une IRM fonctionnelle, capable de visualiser l'activité du cerveau, pour mesurer l'activité cérébrale d'adultes diversement alphabétisés. Soixante-trois personnes ont ainsi participé à l'étude : 10 analphabètes, 22 personnes alphabétisées à l'âge adulte, et 31 personnes scolarisées depuis l'enfance. Tous ont été soumis à différents stimuli tels que des phrases parlées et écrites, des mots ou des visages. Les chercheurs ont alors pu comparer l'activité cérébrale des participants, pour déterminer l'impact de l'apprentissage de la lecture sur le cerveau.
Ils ont constaté que cet impact était "bien plus étendu que les études précédentes ne le laissaient penser", concernant les aires visuelles du cerveau comme celles utilisées pour le langage parlé. "L'apprentissage de la lecture active le système visuel dans des régions spécialisées dans la forme écrite des lettres, ce qui est normal, mais aussi dans les régions visuelles primaires, celles où arrive toute l'information visuelle", souligne Laurent Cohen.
Les recherches ont en outre permis de noter que l'apprentissage de la lecture, quel que soit l'âge auquel il est réalisé, engendre une redistribution par le cerveau d'une partie de ses ressources. Et de citer pour exemple la reconnaissance visuelle des objets et des visages, qui cède partiellement la place au fil de l'apprentissage, se déplaçant "partiellement dans l'hémisphère droit". Reste alors à savoir si apprendre à lire a des conséquences néfastes sur la reconnaissance des visages. Chose que les chercheurs n'ont pas encore déterminée.
De leurs travaux, ce qui a le plus frappé les scientifiques est la similitude de l'impact de l'alphabétisation sur un cerveau d'adulte et un cerveau d'enfant. Chez les adultes qui apprennent à lire, "les changements que ça provoque sont presque exactement les mêmes" que chez ceux qui ont appris dès l'enfance, s'étonne en effet Laurent Cohen.

Libé
Samedi 20 Novembre 2010

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