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L’histoire de la revue “Souffles” revisitée par Kenza Sefrioui




L’histoire de la revue “Souffles” revisitée par Kenza Sefrioui
«Le magnifique travail de Kenza Sefrioui, retranscris dans son livre «La revue Souffles : Espoirs de révolution culturelle au Maroc (1966-1973)» est une victoire de l’intelligence, de la mémoire et une arme contre le désespoir». C’est ainsi qu’Abdellatif Laâbi  s’était exprimé lors de la rencontre organisée le 1er juin à la médiathèque de CEDIDELP (« Centre de documentation internationale pour le développement, les libertés et la paix » dont l’objectif est « de rendre accessibles les savoirs et la mémoire des luttes sociales et environnementales passées et actuelles qui nous concernent tous, citoyens et citoyennes. Tout en conservant et valorisant les archives déjà présentes dans le centre, nous cherchons à ouvrir un maximum le CEDIDELP à des productions audiovisuelles des mouvements militants ou populaires contemporains» à Paris devant une quarantaine d’invités. La rencontre a été l’occasion de présenter l’ouvrage de Kenza Sefrioui consacré à l’étude de la revue Souffles, ayant fait l’objet d’une thèse de doctorat de l’auteur. «Créée à Rabat en mars 1966 par un petit groupe de jeunes poètes d'expression française, Souffles a été, tout au long de ses sept années d'existence, une tribune singulière dans le paysage de la presse marocaine. Elle a porté un véritable mouvement littéraire et intellectuel, avant de devenir la tribune du mouvement marxiste-léniniste. Disparue en 1972, après l'arrestation d'Abdellatif Laâbi et d'Abraham Serfati, son histoire, retracée au travers des témoignages de ses auteurs, montre que sa vision moderniste et progressiste invitait à des questionnements toujours d'actualité», peut-on lire dans la description du livre.
D’emblée, pour saisir l’importance de l’ouvrage, il faut souligner qu’il a fallu 10 ans à notre journaliste (défunt «Journal Hebdo») et critique littéraire Kenza Sefrioui pour nous raconter l’histoire de Souffles qui, elle, n’a duré que 8 ans ! Pour l’auteure, l’ambition était de «retracer l’historique de la revue Souffles, puis en deuxième partie du livre d’étudier la relation politique». Il est à noter qu’une multitude d’entretiens exclusifs ont été accordés à K. Sefrioui, édités en annexe de son livre, de témoins et acteurs de la revue (notamment de feu Abraham Serfaty, Abdellatif Laabi, Mostapha Nissabouri, … ).
Pour Abdellatif Laâbi, dont le combat pour la culture date depuis la création de Souffles, il a estimé que la proposition qu’il a faite pour la création de «l’Institut national de la mémoire contemporaine» ainsi que celle du «manifeste pour la culture au Maroc» n’ont pas eu beaucoup d’échos, et des fois dans les sphères intellectuelles ! Le poète marocain, prix Goncourt, se dit préoccupé des thématiques de la mémoire, de la transmission entre générations et de l’archive. Dans ce sens, il loue une initiative réussie de Kenza Sefrioui de conserver une partie de la mémoire collective, lui qui a «préfacé ce travail consacré à une histoire qui ne lui appartient plus», a résumé le modérateur.
L’auteure s’est indignée également d’une absence de volonté politique de développer la culture, parlant de la «nécessité d’une vraie révolution des valeurs». «Dans les conclusions, je parlais d’«élan brisé» parce qu’il faut tirer la sonnette d’alarme sur la situation culturelle au Maroc ! La culture est centrale dans le projet démocratique!», ajoute Kenza Sefroui. Plus nuancé, Abdellatif Laâbi pense «que les mêmes combats continuent, surtout avec un système de l’enseignement actuel qui fabrique des analphabètes bilingues ! Mais, certaines initiatives (exemple de théâtre) nous redonnent l’espoir».
Intervenant au nom du «Mouvement Anfass pour la démocratie», présenté comme portant le même combat que la revue d’antan, un militant du 20 Février accuse «les carriéristes de la culture et ceux d’entre eux décrits dans «Un autre Maroc» de Laâbi par «ces intellectuels vendant leur âme contre des miettes» et surtout ceux qui n’ont pas soutenu le mouvement des jeunes». Tout en rappelant l’engagement de Laâbi et d’autres dans les manifestations du 20 Février, il a insisté sur le fait que «le 20 février n’est pas orphelin, il est l’héritier des mouvements de résistance, depuis la résistance pour l’indépendance!».
«La revue Souffles : Espoirs de révolution culturelle au Maroc (1966-1973)» est édité en 400 pages aux Editions du Sirocco.

Par Mounir Bensalah
Vendredi 14 Juin 2013

Lu 841 fois


1.Posté par sabwat taoufik le 18/06/2013 08:31
bons souvenirs

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