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L’exploitation sexuelle touche 12,3 millions de personnes à travers le monde

Les textes sont là, quid de leur application ?




L’exploitation sexuelle touche 12,3 millions de personnes à travers le monde
Bien que l’exploitation sexuelle soit criminalisée en vertu du droit international et des lois de 128 pays, celle-ci représente l’activité criminelle ayant la plus forte croissance au monde. Des réseaux organisés qui engrangent des sommes colossales se chiffrant à des millions de dollars en exploitant des victimes dont le nombre ne cesse d’augmenter. En effet, au moins 12,3 millions d’adultes et d’enfants seraient concernés. L’exploitation sexuelle viole les droits humains fondamentaux, notamment le droit à l'intégrité physique, à l'égalité, à la dignité, à la santé et à l’absence de violence. Le 4 mars, Journée  mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle,  est l’occasion de tirer la sonnette d’alarme sur un fléau qui prend de l’ampleur.
Bien évidemment, le Maroc n’est guère épargné par ce phénomène. Il s’agit encore une fois d’un fléau qui relève plus du non-dit que de la réalité. Mais le voile derrière lequel il se dissimule tend à se déchirer. 
Le tourisme sexuel ? Le discours officiel tend à l’occulter.  Mais les faits sont là pour prouver le contraire. Ce n’est un secret pour personne que certaines destinations du Maroc sont devenues des lieux de prédilection pour ce genre d’activité. Un business qui  ne dit pas son nom et quand une affaire éclate, on s’empresse de préciser que c’est juste un cas isolé. Une situation insoutenable notamment lorsque des enfants sont impliqués. Des associations se sont engagées dans la lutte contre ce fléau et ont forcé les autorités à agir. Même si, comme l'explique Najat Anwar de l’ONG «Touche pas à mon enfant», les résultats sont encore peu satisfaisants. Elle indique à juste titre que «les procédures contre les étrangers restent très rares. Les autorités craignent de porter préjudice au tourisme en ternissant la réputation du pays». Bon nombre de rapports et d’études faits par divers organismes montrent la prévalence de la violence sexuelle faite aux enfants même si les données disponibles sont insuffisantes. A titre d’exemple, une enquête menée par l’Unicef (2003)  et relative à la ville de Marrakech  apporte des indications très révélatrices à ce sujet. Les chiffres ne sont pas récents mais permettent au moins de prendre la température.  On apprend ainsi que la ville est un terreau plus favorable à l’exploitation sexuelle des garçons que des filles et que  pratiquement, tous les mineurs sexuellement violentés (97%) sont déscolarisés. Ils sont pour la plupart issus de familles nombreuses et pauvres. La violence et la dislocation familiales sont identifiées comme des déterminants dans la genèse de l’exploitation des enfants à des fins prostitutionnelles. En effet, près des deux tiers des jeunes filles prostituées viennent de familles monoparentales et 68% des garçons affirment avoir été victimes de maltraitance parentale. Par ailleurs, l’influence des jeunes plus âgés, la nécessité d’entretenir la famille, le viol, la complicité des agents d’autorité, l’indifférence des familles et l’hypocrisie sociales sont autant de facteurs qui entrent en ligne de compte.
Et pourtant, le Maroc a ratifié les principaux instruments internationaux relatifs à  la lutte contre la violence sexuelle faite aux enfants.  En 1993, il a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Puis, en 2001, il a ratifié son Protocole facultatif concernant la vente d’enfant, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Il a également ratifié la Convention 182 du BIT sur les pires formes du travail des enfants, convention qui prévoit l’interdiction et l’élimination de la prostitution des enfants et de la pornographie impliquant des enfants. Il a créé l’«Observatoire national des droits de l’enfant » en 1994, puis adopté le Plan d’action de Stockholm et a ensuite activement participé à la préparation des travaux de la conférence de Yokohama (Japon) sur l’exploitation sexuelle des enfants (2001). Toutefois la promulgation des textes est bien loin de la réalité.
 

Nezha Mounir
Mardi 4 Mars 2014

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