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L’exploitation des petites bonnes a la vie dure

Il urge de combattre le mal à la racine




L’exploitation des petites bonnes a la vie dure
Emprisonner les employeurs des petites bonnes, est-ce une  solution ? Une question que s’est posée le Collectif pour  l’éradication du travail des «petites bonnes» au lendemain du  verdict   rendu dans l’affaire de l’homicide de Fadma à Agadir. En effet, l’inculpée a écopé de 20 ans de prison. Certes la sanction par sa sévérité a un effet dissuasif mais ne faut-il pas plutôt s’attaquer à la racine du mal et agir au préventif ? Est-il besoin d’attendre qu’il y ait un drame pour réagir alors qu’il est déjà trop tard ? Le mieux serait encore d’asseoir un cadre légal à même de protéger les petites bonnes dont la place est indéniablement sur les bancs de l’école.
Ce faisant, le collectif tire la sonnette d’alarme et appelle les responsables à la mise en œuvre d’une politique claire tendant à éradiquer cette pratique sociale inhumaine. Dans ce cadre, l’adoption d’une loi spécifique qui sanctionne l’emploi des enfants dans le travail domestique, s’avère nécessaire. Et par là même définir le rôle de l’Etat, les modalités et les moyens de son exercice dans la protection des enfants susceptibles d’être victimes du travail domestique. Mais une fois les petites bonnes retirées du travail, il est nécessaire de prévoir des mécanismes et des organes afin de les protéger et de les accompagner dans leur réinsertion.
Le rôle attribué aux acteurs associatifs n’est pas en reste. Le collectif appelle à définir le mode de leur intervention dans le processus de prévention, d’accompagnement et de réinsertion des filles retirées du travail. Encore faut-il préciser les sanctions,  les modalités et moyens de leur exécution vis-à-vis de tous les acteurs liés à la problématique, chacun suivant leur niveau d’implication.
Par ailleurs, ce groupe d’associations plaide pour l’harmonisation et la coordination des politiques publiques dans le but d’éradiquer le travail domestique des enfants, à l’échelle nationale et locale. Une approche d’optimiser les actions et de constituer un système de veille efficace. Bien évidemment, rien de tout cela ne se ferait sans l’implication des populations à travers  des actions de sensibilisation initiées régulièrement  par tous les acteurs institutionnels et associatifs concernés.
Une forte mobilisation est donc de mise.  Le travail des «petites bonnes» traduit  une tare dans  le quotidien  des Marocains et constitue une atteinte grave aux droits de l’enfant au regard de la Convention internationale des droits de l’enfant ratifiée par notre pays, depuis juin 1993. Pourtant, vingt ans plus tard, les «petites bonnes» se comptent par dizaines de milliers, principalement des filles âgées de moins de 15 ans contraintes de travailler, car leur survie et celle de leurs familles en dépendent, comme le rappelle encore le Collectif.
Un collectif marocain pour l’éradication du Travail des «petites bonnes» a été constitué en mars 2009 par l’Association INSAF, la Fondation Orient-Occident, Amnesty International - Maroc et l’Association marocaine des droits humains. Le collectif compte aujourd’hui 26 associations agissant pour la défense et la promotion des droits de l’enfant, en général, et le travail de proximité avec les petites filles, âgées de moins de 15 ans, en situation de travail domestique, en particulier.

Mounir Nezha
Samedi 8 Février 2014

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