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L’exploitation de l’image en classe, quelle démarche et quelle finalité ?




L’exploitation de l’image en classe, quelle démarche et quelle finalité ?
L’image n’est pas uniquement une représentation mécanique de la réalité, elle est aussi et surtout un message symbolique auquel nous sommes censés initier l’enfant -adulte- futur citoyen du monde. On dit actuellement que le monde est devenu un «petit village». En effet, cette réalité indéniable a fait de notre planète un microcosme où chaque être humain peut suivre, découvrir et apprécier la vie des autres à travers le monde.
L’image, qu’elle soit statique ou animée, en est donc pour quelque chose dans ce monde en perpétuel changement : partout, nous sommes assaillis, et nos apprenants en premier chef, par un flot d’images de toutes sortes : les manuels, les spots publicitaires, les films, les clips, etc. Les manuels de nos apprenants sont pleins ainsi d’images et de photographies pour ne parler que de l’image statique. D’ailleurs un manuel qui ne comporte pas d’images est un manuel triste. Exploitons-nous ces images avec nos élèves ? Si oui, comment ? Les enseignants ont-ils été formés, initiés à la grammaire de l’image? Pour quelle finalité devons-nous exploiter judicieusement ces images ? Il faut savoir tout d’abord que l’image qu’elle soit filmique ou picturale possède un code, un langage propre à elle, sa grammaire.
 L’image n’est jamais une reproduction mécanique de la réalité, ce n’est pas un duplicata d’une situation ou d’un événement quels qu’ils soient; au contraire, il faut différencier entre « la première couche du sens » qui est celle de la simple reconnaissance, de la simple identification qui se situe au niveau de la fonction référentielle du langage, et « la deuxième couche du sens » qui est celle de la connotation, de l’interprétation et de l’enjeu rhétorique du langage.
L’image, la photographie apparaît à première vue comme un redoublement simple de la réalité, une ressemblance parfaite de la réalité, cependant, elle est analogique mais pas innocente, car «derrière chaque image, il y a une histoire» (Eric Sposito). Ce qui nous amène à dire que pour toutes sortes d’images, «derrière son objectivité apparente, il y a une subjectivité» (Liliane Hamm, lire l’image) que nous, enseignants, sommes censés découvrir et faire découvrir à nos apprenants car cette image, qui est à coup sûr une réalité instrumentale, est aussi une réalité sociale dépendante de la culture et du milieu social du récepteur, l’apprenant en l’occurrence : il faut faire sortir les apprenants de ce réalisme naïf.
Barthes disait :«L’image constitue un message plurivoque» (Introduction à l’étude de la sémiologie) dans la mesure où la compréhension des images, qu’elles soient statiques ou filmiques, dépend étroitement du milieu socioculturel et historique du récepteur dans lequel il se trouve immergé. En conséquence, la perception iconique ne saurait être posée comme universellement identique dans la mesure où toute perception est toujours culturelle et revêt un aspect sociologique : «Toute lecture iconique est fonction de notre idiolecte».
Pour arriver à ce stade de lecture(s) de l’image avec nos apprenants, de repérage de codes sociaux, de figurines telles que métaphore, personnification, antithèse, parallélisme, chiasme, métonymie, mise en abyme, il faudrait tout d’abord que les enseignants soient formés à ce type de travail : l’éducation à la lecture de l’image et des médias en général s’avère ainsi une nécessité pressante pour notre école. Faire entrer l’image dans la classe (manuels, projections…), c’est contribuer à approcher l’école du monde dont on l’accuse souvent de rester éloigné… Or, il convient de mener à bien cette ouverture en « rendant à César ce qui appartient à César », c’est-à-dire en allant jusqu’à exploiter avec nos apprenants la deuxième couche du sens d’une image qui est celle de la connotation et de l’interprétation pour ne pas se contenter d’une lecture superficielle des médias qui ne fera qu’abêtir nos apprenants. Autrement dit, rester à ce stade de lecture et de consommateurs passifs, c’est accepter pour demain des citoyens sans esprit critique, prêts à tout absorber. Il faut donc commencer l’œuvre de démystification en entamant la formation des enseignants à la lecture de l’image.
Comment voulez-vous qu’un enseignant et ses élèves participent à un concours de photographie, pour ne citer qu’une activité, alors qu’aucun d’eux n’a été initié et formé au code selon lequel une image doit être construite? La France, comme exemple de pays proche, a déjà une expérience renommée dans le domaine de l’éducation aux médias. 

*Directeur d’étude BTS - Lycée Al Khawarizmi  de Chefchaouen

Par Mohamed AYDI *
Mardi 15 Janvier 2013

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