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L’éternel mal de vivre des malades mentaux

L’association Tensift pour la santé mentale dénonce la situation des patients




L’éternel  mal de vivre des malades mentaux
Double stigmatisation que celle des malades mentaux. Comme ils vivent dans un monde cloisonné, ils sont les oubliés de la santé publique. La progression de leur  nombre ne s’accompagne pas de celle des infrastructures qui leur sont dédiées.  
Insuffisantes voire déplorables, tels sont les qualificatifs qui leur sied le mieux de l’avis même des intervenants dans le secteur. Ce qui rend difficile le travail des associations qui interviennent sur le terrain. Les malades souffrent ainsi dans une grande solitude. C’est un coup de gueule que lance Madame Ilham Ibrahimi, présidente de Chams, l’Association de Tensift pour la santé mentale «Je compte sérieusement démissionner. Après six ans d’existence et de bataille, j’ai l’impression que notre association n’a pas été au bout de ses objectifs». Et d’ajouter :«Pour les responsables  psychiatriques du CHU de Marrakech, notre rôle devrait se limiter à apporter des cadeaux (gâteaux et vêtements) aux malades alors que nous aspirons à plus». Selon elle, la maladie n’est pas une honte et il y a une réelle possibilité d’évoluer mais encore faut-il encourager les initiatives. Ce qui est apparemment loin d’être le cas, faute de reconnaissance. Résultat ce sont les malades qui en pâtissent  et vivent dans des conditions déplorables. «Outre la  négligence, la souffrance et le manque d’intimité, leur lot au quotidien, la violence s’invite également parmi les patients. Profondément dépitée, Mme Ibrahimi ne voit pas la nécessité d’organiser une quelconque manifestation pour marquer la Journée mondiale de la maladie mentale célébrée le 10 octobre :«A quoi cela servirait-il de provoquer tout un tapage autour d’un sujet qui ne manquera pas d’être relégué aux oubliettes?».
 Loin du milieu associatif, tout autre est le calvaire que vivent les malades non hospitalisés. Leur famille a fait le choix de les contenir mais à quel prix ? «Lahbil…..lmssati…..lahmak», autant d’appellations plus péjoratives les unes que les autres difficilement supportables autant pour le malade lui-même que pour sa famille. «C’est surtout le regard de la société qui m’indispose avec tout le mépris et le dégoût qu’il comporte», s’indigne cette maman qui fait de son mieux pour préserver son fils. Son témoignage est très poignant.  «Mon fils n’a pas toujours été ainsi. C’était quelqu’un de très brillant auquel tout réussit. C’est à la suite d’une profonde dépression nerveuse que son état s’est détérioré», raconte-t-elle. Et les complications se sont enchaînées jusqu’à ce qu’il perde complètement la raison.
«Du coup, un vide s’est créé autour de lui. Tous ses amis, ou plutôt ses supposés amis, l’ont quitté». Quand quelqu’un daigne lui rendre visite, chose rare, il dégage une sensation de joie et de bien-être dont je suis la seule à être consciente », raconte-t-elle. Ce qui la chagrine le plus, c’est qu’elle ne sera pas toujours là. «Qu’adviendra-t-il alors de lui ?», s’interroge-t-elle.

Nezha Mounir
Vendredi 11 Octobre 2013

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