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L’enseignement privé accusé de creuser les inégalités

Le Comité des droits de l’enfant livre ses conclusions




L’enseignement privé accusé  de creuser les inégalités
Le verdict tant attendu vient de tomber. En effet, le Comité des droits de l’enfant a rendu publiques ses recommandations quant à la politique du Maroc en matière d’enseignement. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été tendre. « L’enseignement privé se développe très rapidement, sans la supervision nécessaire concernant les conditions d’inscription et la qualité de l’enseignement dispensé, ce qui a conduit au renforcement des inégalités dans la jouissance du droit à l’éducation», indique-t-on dans le paragraphe 60. 
Les principales conclusions ont été présentées lors d’une conférence de presse tenue à Rabat par la Coalition marocaine pour l’éducation pour tous (CMEPT) et le GI-ESCR. Ces ONG ont travaillé des mois durant sur l’impact de la privatisation de l’éducation au Maroc. La série de rapports qu’elles ont publiée a servi d’ailleurs de base de travail à l’organisme onusien. 
Comme ne manquent pas de le rappeler les responsables des ONG susmentionnées, «nous n’avons rien contre l’enseignement privé mais c’est le volet droits humains qui nous interpelle notamment les inégalités qu’il engendre». Certes le système de l’enseignement au Maroc souffre de beaucoup de maux, mais nul doute que la palme revient à la privatisation rampante de l’éducation et ses effets dévastateurs. 
Le gouvernement marocain est pointé du doigt du fait que, depuis plus d'une décennie, il a soutenu et encouragé le développement d’un enseignement privé payant, à but lucratif, triplant ainsi le nombre d’enfants inscrits dans des écoles privées. Les chiffres sont très parlants. Ainsi, à titre d’exemple, la scolarisation privée au niveau du primaire a plus que triplé en moins de 15 ans, passant de 4% en 1999 à 14% en 2013. De ce fait, le gouffre des inégalités dans l'accès à une éducation de qualité se creuse davantage. On se retrouve devant un Maroc à deux vitesses. Selon Sylvain Aubry, chercheur pour la GI-ESCR, «c’est un signal extrêmement fort que lance le CDE, indiquant que le fait que le Maroc laisse se développer un système éducatif qui crée des inégalités, est illégal en droit international». 
L’on s’en souvient, la délégation marocaine a subi les foudres du CDE lors de la discussion de la mise en œuvre par le gouvernement marocain de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant. Face aux questions pertinentes et directes du Comité, les responsables marocains ont été  mis à mal et Bassima Hakkaoui a indiqué que l’Etat tendait à promouvoir une compétition libre entre les écoles. Une déclaration qui a été mal accueillie. A cet égard, et comme l’a rappelé Khadija Yamlahi, membre du bureau de la Coalition marocaine pour l’éducation pour tous (CMEPT), et parlementaire membre du groupe éducation, «le Comité a clairement rappelé que chacun au Maroc a droit à un enseignement public, gratuit et de qualité ». 
Maintenant, la balle est dans le camp du gouvernement. Ce dernier s’engage à respecter toutes les recommandations du Comité, a déclaré Mme Hakkaoui devant le CDE. Alors c’est le moment de passer à l’action. 


Nezha Mounir
Vendredi 26 Septembre 2014

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