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L’enquête de l’ONG a concerné 90 détenus sur 400 La situation des prisonniers subsahariens dénoncée par l’OMDH




L’enquête de l’ONG a concerné 90 détenus sur 400 La situation des prisonniers  subsahariens dénoncée par l’OMDH
Ils sont plus de 400 et ils n’en  ont vu que 90. C’est le panel des détenus subsahariens sur lequel a porté l’enquête initiée par l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH) en partenariat avec l’ambassade de la Confédération suisse.  Ladite enquête a trait à la situation des migrants subsahariens dans les prisons au Maroc et a fait l’objet d’un rapport qui a été présenté lors d’une conférence de presse, ce jeudi, à Rabat. Partis de leur pays et mus d’une volonté farouche d’atteindre l’Eldorado, ce sont les cellules marocaines qui les ont accueillis.  Du coup, le rêve s’est  transformé en cauchemar. Coupés du monde, ils ne bénéficient pour la plupart d’aucune assistance. Cela nous renvoie également au dernier rapport de la commission parlementaire sur la prison d’Oukacha. Une vraie bombe. Ce qui n’était auparavant qu’allégations, est devenu une réalité. Le voile a été ainsi levé sur les pratiques courantes dans les prisons marocaines. Les faits sont là et la politique de l’autruche qu’adoptent les autorités ne tient plus la route. L’OMDH, à travers les conclusions de ce rapport, joint sa voix à celles des autres  et  appelle à renforcer les garanties d’un traitement respectueux de la dignité humaine. Cela se traduirait par l’assurance d’une assistance judiciaire et la présence  d’un corps d’interprètes qualifiés. Il faudra penser également à conclure des conventions de partenariat avec la société civile en vue de sensibiliser les détenus quant à  leurs droits et devoirs à la lumière de la nouvelle Constitution et des conventions internationales. Il faut également élaborer des programmes de formation appropriés aux besoins des migrants incarcérés et veiller à leur bonne santé.
Le rapport d’enquête représente le fruit d’un travail d’investigation effectué par une équipe d’experts et d’avocats qui se sont rendus dans six prisons représentatives des différentes régions du Maroc. Les informations ont été recueillies auprès des migrants subsahariens incarcérés et des directeurs et fonctionnaires de l’administration pénitentiaire.
Pas plus que les rapports précédents, celui  de l’OMDH enfonce davantage le clou et crie au scandale.  En général, les prisons du Maroc, c’est l’enfer. Le quotidien des détenus est nourri de viol, de drogue, d’homosexualité voire de violence. Toutefois, la spécificité des prisonniers subsahariens, c’est le sentiment d’abandon qui est le leur.  Outre le fait d’être  privés de leur liberté, ils souffrent d’une grande solitude. Loin de leur pays d’origine, issus pour la plupart de milieux défavorisés, ils n’ont aucun contact avec l’extérieur. Plus de 30% des interviewés déclarent ainsi n’avoir reçu aucune visite. 
Pas besoin de rappeler que dans le malheur de se retrouver derrière les barreaux, la seule compensation qui aide à  supporter le quotidien est encore l’espoir de recevoir  de la famille et des amis. Tout le monde connaît l’importance du «panier» pour le prisonnier marocain. Certains  estiment même qu’ils sont mieux chouchoutés par leurs familles au sein qu’en dehors de la prison. Les Subsahariens souffrent énormément de cette situation. Les seules visites auxquelles ils s’accrochent désespérément sont celles des religieuses. Une bouffée d’oxygène. Côté représentation diplomatique, aucune main ne leur est tendue. En effet, il ressort du rapport que l’administration de la prison établit une fiche de contact avec les ambassades qui, malheureusement, n’établissent pas de lien avec leurs ressortissants.  
Le problème de la langue, n’est pas en reste. Tout au long de la procédure de leur arrestation et même lors de leur incarcération, la communication représente un vrai blocage.
Le rapport n’a pas manqué de relever des conditions d’hygiène loin d’être satisfaisantes.   Il apparaît ainsi que les migrants ne bénéficient pas plus d’un savon de 250g/mois.  A eux de le faire durer le plus longtemps possible. Sans parler des  brosses à dents, de dentifrice et de shampoing qui relèvent du luxe. Dans un tel cadre, les détails les plus insignifiants, prennent toute leur valeur. Autre point noir, l’habillement. La majorité des  migrants déclarent n’avoir reçu, qu’une fois des habits propres de l’administration de la prison. Ils se retrouvent ainsi acculés à reprendre ceux des sortants moyennant argent.  Sinon, ils peuvent encore compter sur la générosité d’autres détenus et  celle des religieuses.
Le mot de la fin serait de dire que nous ne devrions pas reproduire les mauvais traitements et les a priori dont sont victimes nos compatriotes à l’étranger sur les Subsahariens qui se retrouvent chez nous, comme n’a pas manqué de le préciser l’un des intervenants.
 
 
 
 
 
 

L’enquête de l’ONG a concerné 90 détenus sur 400 La situation des prisonniers  subsahariens dénoncée par l’OMDH

Nezha Mounir
Samedi 14 Juillet 2012

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