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L’enfance sacrifiée, l’insoutenable constat du HCP : Nos chérubins exposés à des dangers physiques, psychosociaux, biologiques, ergonomiques…




«19,3% des enfants exerçant un travail dangereux sont en cours de scolarisation, 71,7% ont quitté l’école et 9% ne l’ont jamais fréquentée». C’est ce qu’indique une enquête nationale relative au travail dangereux des enfants au Maroc réalisée par le Haut-commissariat au plan (HCP).
Les résultats de cette enquête ont révélé qu’en 2015, environ 193.000 enfants âgés de 7 à 17 ans ont accompli des travaux dangereux «soit 59% des enfants au travail et 2,9% de l’ensemble des enfants de cette tranche d’âge. Ce type de travail est à 80% rural, 78% masculin et concerne 75,3% des enfants âgés de 15 à 17 ans».
Selon cette enquête, 39.000 enfants ont exercé un travail dangereux en milieu urbain. Soit, respectivement, 86% des enfants au travail dans les villes et 1,1% de l’ensemble des enfants citadins. En milieu rural, ce nombre s’élève à 154.000, et représente respectivement 54,8% et 5,1%.
«Parmi les enfants de sexe masculin, 151.000 exercent un travail dangereux, soit 70,8% des garçons au travail et 4,4% de l’ensemble des garçons âgés de 7 à 17 ans. Parmi les filles, ce nombre s’établit à 42.000 filles, et correspond respectivement à 36,9% et 1,3%», a relevé  le HCP.
L’analyse des données indique qu’en zones rurales, cette catégorie de travail relève à 76,4% de l’«agriculture, forêt et pêche». En villes, en revanche, 52,7% se concentrent dans les "services" et  30,5% dans l’"industrie y compris l’artisanat ».
Les secteurs incriminés sont les BTP avec 93%, l’industrie y compris l’artisanat (84%), les services (81%) et l’agriculture, forêt et pêche (50%).
Selon le statut dans l’emploi, 66% des enfants exerçant un travail dangereux en milieu rural travaillent en tant qu’aides familiales et 20% sont «salariés». En milieu urbain, environ la moitié des enfants sont "salariés" (50,3%), plus du quart (27,7%) « apprentis» et 15% « aides familiales».
Soulignons que le travail dangereux des enfants les expose aux risques de chute, ou d’être frappés par des objets, ou d’être accrochés dans ou entre des objets, ou encore être exposés à une coupure ou à une brûlure; aux dangers biologiques liés à la présence d’animaux et d’insectes dangereux, de plantes toxiques ou vénéneuses en milieu de travail. Sans oublier les risques d'exposition aux bactéries, aux parasites ou aux virus et les dangers chimiques associés aux gaz, aux liquides ou aux solides dangereux, aux agro-produits chimiques (pesticides, herbicides, insecticides) et aux explosifs ou aux matériaux inflammables, entre autres.
Notons que l’incidence du travail dangereux au Maroc est de l’ordre de 2,9% et qu’il ne peut être combattu isolément vu qu’il fait partie intégrante du problème global du travail des enfants. Lequel est lié de près au manque de possibilités d’obtenir une éducation de qualité, aux facteurs liés à la pauvreté, au manque de protection sociale et à l’absence de travail décent tant pour les adultes que pour les jeunes. Cela étant, les mesures destinées à répondre au problème doivent s’appuyer sur des réponses politiques efficientes déclinées en stratégies globales où l’éducation universelle et gratuite doit être la clé de voûte.
Ceci d’autant plus que si le travail dangereux ne soustrait pas un enfant à la pauvreté, une éducation de qualité le peut. Donner accès à une éducation de base gratuite, obligatoire et de qualité à tous les enfants jusqu’à l’âge minimum d’admission à l’emploi est, en effet, une stratégie incontournable. Elle permet de mettre le pied à l’étrier pour combattre toutes les formes de travail des enfants.
Mis à part les bénéfices immédiats et évidents de transférer les enfants du monde du travail au système scolaire, une éducation de base universelle reste un droit humain fondamental. La communauté internationale n’a d’ailleurs eu de cesse de se concentrer sur ce droit au travers des conventions auxquelles le Maroc tourne allégrement le dos vu qu’il est en train de privatiser à outrance son système éducatif.

Alain Bouithy
Jeudi 16 Juin 2016

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