Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

L'école 42 veut former des superstars de l'informatique




L'école 42 veut former des superstars de l'informatique
"Apprendre en faisant", telle pourrait être la devise de l'école 42, créée il y a un an par le milliardaire des télécoms français Xavier Niel, qui souhaite "former les Bill Gates de demain" dans une école de geeks à Paris, aux antipodes du système éducatif français.
Le patron de l'opérateur téléphonique Free et 9e fortune de France, a investi plus de 60 millions d'euros pour créer une école informatique, qui accueille gratuitement près de 1.700 élèves, y compris des recalés du système éducatif.
Situé dans le XVIIe arrondissement de Paris, le bâtiment de 4.200 m2, dont les murs sont décorés d'oeuvres de "street art", ressemble à une start-up avec son architecture moderne et épurée.
Avec sa fortune amassée en quelques années, Xavier Niel, fondateur d'Iliad et inventeur de la box internet, reprise par ses concurrents, investit dans de multiples projets: il est propriétaire, avec les hommes d'affaires Pierre Bergé et Mathieu Pigasse, de journaux comme Le Monde et l'Obs, a lancé un incubateur de start-ups, et créé sa propre école.
Le but de Xavier Niel ? Pallier le manque de développeurs informatiques et "sortir près de 1.000 jeunes par an de la galère en leur donnant les outils pour devenir des superstars de l'informatique", explique-t-il à l'AFP, tout sourire devant ses étudiants. 
Près de 25% des élèves n'ont pas le bac, comme Adrien, 29 ans, vêtu d'un pantalon troué et d'un pull à capuche, qui a "décroché du système scolaire en première" mais a "toujours rêvé de reprendre des études".
L'école est ouverte 7 jours sur 7 et 24 h/24. Elle se répartit sur trois grandes salles, les "clusters", où les étudiants travaillent dans une atmosphère décontractée et organisent leur emploi du temps comme ils le souhaitent. 
Ici, pas de pions, de cours théoriques, ni de professeurs, mais une équipe pédagogique de 40 personnes, réunie dans le "bocal", grande pièce en verre, qui dispose "même de matelas pour faire une sieste", ironise Xavier Niel, que tous saluent avec simplicité.
Des rires fusent de la salle de jeux vidéos tandis qu'un groupe discute au calme sur la terrasse de la cafétéria aux chaises colorées. 
"Nous ne sommes pas là pour transmettre du savoir, les étudiants apprennent seuls à coder, en faisant des erreurs", insiste Kwame Yamgnane, le directeur général adjoint de l'école, arborant un T-shirt noir estampillé 42. 
Les étudiants doivent résoudre des problèmes seuls ou en groupe, ils se notent entre eux et leur scolarité dure entre deux et cinq ans "en fonction de leur progression", ajoute-t-il dans l'ascenseur qui ressemble à une discothèque tant la musique y est assourdissante.
Le nom de l'école est un clin d'oeil aux passionnés d'informatique et fait référence au Guide du voyageur galactique (The Hitchhiker's Guide to the Galaxy), roman de science-fiction de Douglas Adams, publié en 1979.
La seule exigence pour intégrer l'école 42: avoir entre 18 et 30 ans... et être "born to code" (né pour coder), comme on peut lire sur le site de l'école. 
Les candidats (15.000 cette année) passent un premier test en ligne, puis vient le redoutable test de "la piscine", le grand bain du codage: pendant quatre semaines, ils travaillent 15h par jour pour résoudre des problèmes. Au final, 900 d'entre eux seront sélectionnés.
"Avec du recul, c'était une belle épreuve", se souvient Marie, 29 ans, une des rares jeunes femmes de l'école. "Il fallait s'entraider et ceux qui étaient trop +perso+ n'ont pas été retenus".
En sortant de l'école, les élèves espèrent décrocher des postes de chefs de projet informatique, de développeurs web ou créer leur propre entreprise. 
C'est le cas d'Eliott, 24 ans, lunettes de soleil sur le nez, qui souhaite créer sa "boîte dans le social marketing d'ici trois ans".
Ombre au tableau, l'école n'est pas reconnue par l'Etat.
"Nous sommes loin du modèle classique et si nous devions délivrer un diplôme nous aurions beaucoup de contraintes", explique Xavier Niel. 

AFP
Mardi 9 Décembre 2014

Lu 117 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs