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L’avortement clandestin au centre d’une campagne

Le mouvement alternatif pour les libertés individuelles s’insurge de nouveau contre cette pratique




L’avortement clandestin au centre d’une campagne
Une provocation de plus. Le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) fait encore parler de lui. Cette fois ci c’est dans le cadre de l’action « My body is mine » que ses membres tentent de faire entendre leur voix. Un projet ambitieux à travers une campagne internationale. Le coup d’envoi en sera donné à Paris le 28 septembre courant qui coïncide avec la Journée mondiale d’action pour l’accès à un avortement sûr et légal. En quoi consiste cette opération ? Il s’agit de coller des stickers dans les lieux publics ; des affiches qui véhiculent des messages dénonçant  les dangers liés à l’avortement clandestin.
Cette action constitue un premier pas d’une  série de manifestations menées en partenariat avec plusieurs ONG qui n’ont pas hésité à répondre à l’appel afin de dénoncer cette pratique dangereuse. Un fléau qui provoque la mort de milliers de femmes à travers le monde. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le chiffre atteindrait même les 47.000. Un triste constat. Le Maroc n’est pas en reste. Le sujet est tabou. Pourtant, des voix se font de plus en plus entendre pour réclamer l’éradication de ce fléau social dans un pays où une majorité de la population vit dans la pauvreté et où l’éducation fait défaut dans les régions rurales et dans les cités. Elles estiment que la législation marocaine sur l'avortement est  déconnectée des réalités sociales du pays et que le nombre d'avortements dangereux rend impérieuse la nécessité d'une évolution de la loi. Les chiffres sont éloquents. Comme le rappelle le MALI dans un communiqué rendu public, on estime à environ 800 le nombre d’avortements clandestins pratiqués par jour au Maroc. Et pourtant, les articles 449 à 458 du Code pénal marocain condamnent toute femme ayant recours à l'avortement ou qui tente de le faire, comme quiconque l'aide et l'encourage, médecins compris. Une réalité que le mouvement qualifie d’hypocrite. Pour ses membres, les voix associatives et féministes qui s’élèvent pour la dépénalisation partielle de l’avortement sont trop discrètes et ne portent pas assez loin. Pour ce, le mouvement se veut plus entreprenant et appelle à ce que les femmes disposent pleinement de leur corps. « Permettre à toutes les femmes l’accès à l’avortement sécuritaire est également une question de justice sociale ». Il interpelle ainsi les responsables politiques sur l’urgence de   mettre fin aux pratiques clandestines qui comportent de nombreux dangers en offrant des moyens d’avortement légaux, contrôlés et sanitaires afin de sauver des vies.
Il faut rappeler que le mouvement n’en est pas à son premier coup d’essai. Il a déjà été propulsé au-devant de la scène médiatique à travers  l’action du bateau hollandais entreprise au Maroc le 8 octobre 2012 en partenariat avec l’Association Women on waves qui comptait faire bénéficier les Marocaines de ses  services. Une initiative qui a été elle-même avortée, loin de faire l’unanimité même au sein de la société civile.

Nezha Mounir
Jeudi 26 Septembre 2013

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