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L’avenir de la région EUMENA passe par les énergies renouvelables : Le Maroc, première plateforme de Desertec




L’avenir de la région EUMENA passe par les énergies renouvelables :  Le Maroc, première plateforme de Desertec
L’enjeu est de taille : préparer un avenir énergétique fiable et durable dans trois continents : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Ce challenge devra être relevé avant 2050 ; deadline qui nécessite dans l’immédiat un effort considérable de la part de tous les pays concernés. Une étude a été établie par «Desertec industrial initiative» (Dii) pour établir et le besoin en énergie et le potentiel énergétique de la région EUMENA (Union européene, Afrique du Nord et Moyen-Orient). Le résultat de l’étude est très encourageant : la région est dotée d’un fort potentiel en énergies renouvelables qui couvre largement plus de 15% de la demande à l’horizon 2050 estimée à 6 millions de watt, a précisé Klauss Schmidtke, responsable communication de la Dii lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Casablanca. Rappelons que la Dii est un facilitateur dans le domaine de production et transmission des énergies renouvelables en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Europe. L’initiative Desertec crée des opportunités d’affaires qui apportent des solutions aux problèmes énergétiques et climatiques.
Lors de cette conférence, le responsable a souligné que le potentiel de la région en énergies renouvelables est basé essentiellement sur l’énergie solaire et éolienne. Quelque 400 milliards d’euros seront alloués à l’ensemble du projet Desertec. 
Un projet-pilote verra très bientôt le jour au Maroc. L’installation de la première plateforme aura lieu à partir de 2013 et la production d’énergie est prévue pour 2015.
Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord seraient dans cette équation détenteurs d’un réel gisement d’énergies capable de satisfaire à la fois les besoins de la région EUMENA et d’autres régions voisines. Surtout que l’objectif est d’en faire un nouveau cheval de batail socioéconomique pour les régions du sud européen.
Ainsi, trois défis majeurs s’imposent, à savoir : «Comment exploiter ce potentiel d’une façon économique viable?», «Comment intégrer les énergies renouvelables en provenance du désert dans les marchés MENA et UE?» et «Comment assurer que les pays de la zone MENA profiteront de ce projet en matière de croissance économique, création d’emploi et transfert de technologies, etc?». Le cadre réglementaire n’est certes pas négligeable. Il faudrait tout d’abord créer des conditions de régulation favorables qui intègrent l’énergie renouvelable provenant en dehors de l’Europe dans le marché énergétique européen et trouver des formules adéquates pour permettre cet échange entre les différentes parties de la région EUMENA.
Pour préciser davantage ces défis qu’affronte ce vaste projet, Klauss Schmidtke appelle à l’intervention de tous les acteurs institutionnels et industriels à promouvoir ce projet et le réussir pour le bien-être de tous. Mais il faut tenir compte de trois axes principaux : la transmission et la distribution, la mise en place de l’infrastructure de distribution intelligente et l’installation d’interconnexion entre l’UE et les pays arabes et nord-africains. Il faudrait, selon lui, instaurer une situation d’intérêt commun gagnant-gagnant pour que les différents acteurs bénéficient de ce projet énergétique de grande envergure.
«La région MENA sera dotée de nouvelles sources de revenu par l’export d’énergie propre vers l’Europe. Elle verra également la création d’industries locales et partant la création d’emploi. Ce qui favoriserait la croissance et l’impulsion économique grâce à des investissements substantiels. Ceci dit, la diversification économique et l’intégration régionale iront de pair», précise le responsable allemand. «Sans oublier le développement d’une infrastructure énergétique durable en Afrique du Nord et au Moyen-Orient où la consommation d’énergie est beaucoup moins inférieure qu’en Europe», poursuit-il. 
Pour leur part, «l’Europe et MENA profiteront de l’approvisionnement énergétique, de la création de nouvelles possibilités d’investissements pour le futur et de la consolidation du partenariat économique et politique. En revanche la réduction des dépenses en pétrole sera également considérable, ainsi que la réduction des émissions de CO2», résume le porte-parole de la Dii.
Par ailleurs, l’Europe, qui reste le bénéficiaire de mise en œuvre du projet Desertec auquel participent 55 partenaires et associés, verra la croissance et le développement d’un réseau de distribution intégré, sans oublier de nouvelles opportunités d’investissement en Afrique du Nord et un Moyen-Orient, notamment en matière d’énergies renouvelables. Ledit projet est prometteur pour le Vieux Continent. C’est un accélérateur pour l’innovation surtout qu’il booste la recherche et le développement de nouvelles technologies d’électricité et de transmission efficaces afin de réduire les coûts.
Notons que la Dii est une initiative internationale qui a été lancée au mois de juillet 2009. En octobre 2009, la Dii a été légalement fondée sous forme d’une SARL (Gmbh) régie par le droit allemand. Le tour de table ainsi que le réseau d’entreprises s’élargiront au fur et à mesure que d’autres sociétés des pays de la région EUMENA rejoindront la Dii en tant qu’actionnaires ou partenaires associés. Surtout que la Dii reste ouverte à toutes formes de collaborations avec des initiatives politiques, institutionnelles ou industrielles complémentaires, telles que le Plan solaire méditerranéen, Medgrid ou le Fonds pour les technologies propres de la Banque mondiale qui ont des objectifs similaires. La holding marocaine Nareva, filiale de l’ONA, fait également partie du tour de table de la Dii.

Rida Addam
Samedi 21 Mai 2011

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