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L’autre France




«Elles sont plus de deux mille et je n’en vois que deux », disait Brel avec son inimitable accent bruxellois. Deux femmes, meurtries dans leur chair et dont les histoires sont d’une tristesse indicible. Des histoires de maladie, de viol et de mort. La première est celle d’une femme, Aïcha Mokhtari, dont l’état de santé a nécessité une opération chirurgicale à l’étranger. Précisément en France, pays de la Terreur et de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen. Pays que continuent à chérir tous les Marocains qui ont fricoté avec les difficultés de la plume Sergent majors, ânonné à tue-tête que leurs ancêtres étaient gaulois et cru, avec le Général De Gaulle, que la France ne peut être la France sans la grandeur.
Les temps ont changé et le pays des Lumières aussi. Il a perdu à la fois son humanisme et sa grandiloquence. A l’image de sa langue qu’un patois de Shakespeare mâtiné d’américain est en train de rouler dans la farine. De nos jours, la France a tout oublié de son passé récent. Jusque et y compris que la politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c'est d'être petit, comme l’immortel Général se plaisait à le répéter. Résultat : l’aura de l’Hexagone ne cesse de se rétrécir par la faute d’une politique migratoire tellement cœrcitive qu’elle manque désormais de bienséance, voire tout simplement d’humanité. A preuve, l’histoire du long combat d’Aïcha, cancéreuse et victime d’une erreur d’écritures qui lui a fait subir la pire des  injustices ;  à savoir l’acharnement des autorités consulaires françaises au Maroc. C’est le même acharnement tatillon et aveugle que celles-ci ont opposé aux requêtes de l’une de leurs concitoyennes, Cathy Torres, violée, souillée et meurtrie dans sa chair par le fils de l’un de nos parlementaires. Se trouvant actuellement sans ressources autres que celles de sa soif de justice, elle ne demande finalement que le plus élémentaire de ses droits : le droit au retour.
A l’entendre le quémander, l’on ne peut que compatir avec elle. Idem dans le cas d’Aïcha, femme croyante et qui, contre toute attente,  demande de se faire euthanasier sans risque pénal pour les siens. La fin de l'espoir est le commencement de la mort, disait de Gaulle. A raison.


AHMED SAAIDI
Lundi 22 Juin 2009

Lu 832 fois


1.Posté par yasmina le 24/06/2009 22:32
Le plus bel article que j ai lu dans toute ma vie .Chapeau Monsieur .

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