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L’autorité dans les établissements scolaires




L’autorité dans les établissements scolaires
L’autorité pédagogique et non l’obéissance totale. Piloter un établissement scolaire est une tâche éminemment ardue. Dans ce domaine très sensible, il est impossible d’agir n’importe comment, sans compromettre l’avenir des apprenants. On est dans l’épanouissement, l’accompagnement, la construction et non dans le harcèlement et la manipulation. L’élève a droit à une attention particulière et sa réussite est au cœur de toute démarche pédagogique, tâche trop complexe.
Pour y réussir, on doit acquérir les compétences spécifiques qui sollicitent indéniablement du hard-skills et particulièrement du soft skills. Le praticien de l’enseignement est de nature attentionné et affranchi de toutes les formes de prédation et d’oppression. Il gère les imprévus avec lucidité, ouverture d’esprit et bannit de son champ d’action, la coercition qui ne correspond en rien à l’esprit pédagogique. L’exercice de la virulence et de l’appréhension, n’est pas l’objectif de l’école. La prévalence de l’autorité abusive, sur le professionnalisme dénote simplement, de la défaillance de la boîte à outils de l’adulte.
Toutefois, le rappel à l’ordre est nécessaire et c'est à l'école de fixer les règles du jeu. L’autorité pédagogique, que légitiment la prédisposition et la déontologie, est fondamentale pour protéger l’élève et indispensable à la création de procédés qui aident l’apprenant à tirer le meilleur parti de ses capacités et enrichir son potentiel cognitif. L’autorité à l’école passe par la compétence et la communication prolifique. La communication, et non la camaraderie.
L’école est, sans conteste, au service de l’élève. Elle veille en permanence à maintenir un climat scolaire favorable à l'apprentissage, dans le respect et l’estime de chacun. Elle œuvre dans un objectif d’élévation et non de rabaissement et demeure un lieu de communication et de dialogue par excellence. Son ambition est d’instruire sans provoquer de ressentiment. Ainsi la persuasion, la fermeté, l’écoute active et la communication saine, sont des compétences professionnelles indispensables à développer pour cultiver au mieux des relations favorables à l’apprentissage et à la créativité.
Cependant, il est fortement déconseillé, au sein de l’établissement scolaire, d’adopter l’approche qui favorise la camaraderie avec les apprenants et le copinage avec les parents. Le risque de s’exposer à la dévaluation de ses exigences, à la fragilité de sa rigueur pédagogique voire à des répercussions navrantes, est bien confirmé. Il est judicieux dans tous les cas, de savoir garder la distance appropriée et rester professionnel. L’école ne doit donc pas compter sur le règlement intérieur pour asseoir son autorité. Il est évident que le respect de ce règlement est indispensable car son rôle est incontestablement, de protéger l’apprenant contre le relâchement, la démotivation, l’absentéisme, l’indiscipline et tout comportement négatif, qui peut entraver son parcours scolaire.
Le règlement intérieur, dont la fonction est l’accompagnement et non la frustration, doit produire son effet sans pour autant servir de moyen de négociation ou de pression. Sans le respect du règlement, il est impossible de suivre les cours et de participer à la vie de son école. Aussi et c’est un fait avéré, un règlement qui n’est pas appliqué, engendre la déviation et l’anarchie. Contrairement à ce que d’aucuns peuvent penser, le conseil de discipline, cet autre outil de régulation et de cadrage, qui agit en concert avec le règlement intérieur, a pour principal rôle, d’offrir une occasion à l’apprenant, quand cela est nécessaire, de se remettre en cause et de se responsabiliser. Très souvent, l’élève en difficulté désire que l’école l’écoute et non le juger et encore moins le sanctionner. Les praticiens de la pédagogie savent que la transgression des règles de conduite signifie des fois, qu’il y a un problème à résoudre et non automatiquement, des sanctions à prendre.
Pour être formateur, un conseil de discipline doit, tout en décidant de la sanction méritée, trouver des issues salutaires, permettant à l’élève d’évoluer et de devenir proactif. L’autorité pédagogique n’est donc pas l’affirmation d’une quelconque supériorité sur les apprenants mais plutôt d’instruire et d’élever. Un chef d’établissement qui se tient continuellement sur la défensive et redoute de mettre son autorité en péril, finit à court ou à long termes par l’affaiblir et par là même, rendre la
 tâche difficile à ses collaborateurs. De même qu’une équipe dirigeante dont le souci majeur est la rivalité et non la complémentarité, en mettant par exemple, les élèves face à des recommandations contradictoires, rate son  objectif et altère fortement la notoriété de leur école.  

Par Abdelkader Khalef
Jeudi 20 Février 2014

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