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“L’aube transfigurée” de Claude Senouf s’expose à Essaouira

Dans son travail, l’artiste fait preuve d’une conception faite d'exigence, de rêve et de poésie




Depuis le 24 avril et jusqu’au 10 mai,
l’artiste peintre marocain expose,
au Musée Sidi Mohamed Ben Abdellah,
ses dernières œuvres dans lesquelles il rend
un hommage posthume à Arnold Schönberg.


“L’aube transfigurée» est le thème que l’artiste-peintre marocain Claude Senouf a choisi pour sa dernière série d’œuvres, dans laquelle il rend un hommage posthume au compositeur, peintre et théoricien autrichien Arnold Schönberg, décédé à Los Angeles en 1951.  L’artiste invite ainsi les passionnés d’art à découvrir le fruit de sa longue quête et de ses recherches plastiques.
Dans  son travail, Claude Senouf  fait preuve d’une conception faite d'exigence et d'honnêteté foncière, mais aussi d'instinct immédiat, de rêve fugace et de poésie impalpable. Et ces deux aspects s'harmonisent pour s'incarner littéralement dans la matière, le pigment, le trait et la lumière. «La perfection dans la peinture est la toile blanche. Celui qui y laisse son empreinte s’y mesure. Soit qu’ils se conjuguent à l’unisson, soit qu’ils se livrent à la confrontation, le regard de l’autre se chargera de déterminer la ligne de démarcation», explique Claude Senouf. «Mais comme nous faisons aussi partie de cet univers, on se mesure finalement à soi-même. Par conséquence, le vécu  pourrait primer sur tous les autres paramètres de toute construction», ajoute l’artiste avant de préciser que «la création renvoie à Œdipe et constitue elle-même un sur-Œdipe. Dans le silence bruissant de la nature ou dans le fracas tonitruant de la ville». «Il s’agit donc d’un rapport à l’autre sublime et une tentative inconsciente ou consciente  de substitution globale à la séduction. Mille rêves et mille transgressions!», conclut.
Dans les œuvres qu’il expose actuellement au Musée Mohamed Ben Abdellah, il y a une sorte d’affinité spirituelle profonde avec son vécu. C’est une approche symbolique inédite qui rend un hommage sans cesse vivant au savoir-faire moderne préoccupé par la volonté minimaliste d’exprimer le maximum par le minimum et de mettre en valeur la profondeur du lieu d’appartenance. Et l’on peut avancer qu'une telle pratique n'a de cesse de réaliser un programme idéologique, en même temps qu'esthétique, de réhabilitation des notions d'identification et de reconnaissance. C'est là d'ailleurs la grande force de la forme constante de notre artiste, qui n'appelle pas à contestation interprétative.  
«La rencontre des monothéismes n’a pas réussi à effacer les traces de cultes plus anciens. Claude Senouf voulait retrouver, par une sorte de dérive maitrisée, un monde de totems surdéterminé par l’effort de l’imaginaire et habité de fantasmes originaires. Le bonheur quotidien du culte de la mer et de la terre rouge qui ressurgissent constamment pour rappeler par une sorte de fièvre soudaine explosant au milieu de plages de calme une hâte d’exister par laquelle la modernité vient séjourner au milieu de la tradition», expliquait à ce propos le philosophe et sociologue français George Lapassade.  Il s’agit ici d’une sorte de quête intérieure en vue d’allier les sentiers nouveaux du volume et l’éclat-jaillissement d’une palette si riche. Cette logique esthétique transpose une âme d’artiste raffinée et emplie de verdure pour une envolée dans les cieux de l’imaginaire.  C’est ce que constate également l’écrivain français Léon-Louis Grateloup.  «Bientôt, personne ne saura plus déchiffrer les vieilles inscriptions. Le souvenir sera-t-il définitivement perdu des langues mortes, des temps anciens, et des anciens mythes ? Tous ceux qui avaient chanté le royaume d'Arcadie, son "âge d'or", ses bergers, sa paix bucolique, auront-ils entièrement disparu, sans laisser de traces de leur passage ? La mort, dira-t-on, n'ensevelit pas seulement la vie, mais la mémoire de la vie», souligne Léon-Louis Grateloup.

Adam Ali
Mercredi 26 Avril 2017

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