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L’assassin demandera-t-il pardon ?


Meurtre d’Aït Ljid



L’assassin demandera-t-il pardon ?
L’assassinat d’Omar Benjelloun comme celui de Mohamed Aït Ljid Benaissa n’ont de cesse de reposer les mêmes questions de la vérité et de l’impunité. Les années passent et repassent, les plaies ne sont toujours pas pansées. Les familles, les amis comme les camarades gardent toujours des stigmates indélébiles. Ils veulent connaître plus d’informations sur ces meurtres «énigmes». Certes, des individus ont été arrêtés dans les deux affaires, mais ce ne sont que de simples exécutants. Où sont donc les commanditaires? Il s’agit, en fait, d’un assassinat politique, où la préméditation est un élément-clé. Et du coup, l’arrestation des exécutants ne peut suffire à elle seule, pour clore le dossier. L’acteur ou les acteurs politiques à l’origine de ces deux assassinats doivent passer à l’aveu. Il faut dire toute la vérité, procéder à l’arrestation d’autres exécutants encore en liberté, tout comme dans l’affaire de Maâti Boumli, et demander pardon ensuite, non seulement aux familles des martyrs, mais aussi à la société. L’acte politique qui a dépassé les limites d’une concurrence loyale, d’une adversité politique et idéologique aussi acharnée soit-elle, est en quelque sorte un déni de l’un des droits humains fondamentaux : le droit à la vie, consacré par la Constitution. L’on avait entendu des demandes formulées par Abdelkerim Moutii formant le vœu de rentrer au pays. Pas grave, peut-être même judicieux, mais encore faut-il qu’il passe aux aveux solennels. Il faut déballer toute la vérité. L’on voit aussi comment Lahbib Choubani nomme Abdelali Hamieddine au poste de rapporteur général du dialogue national sur les associations, sans considération aucune de son statut de citoyen accusé par une famille d’avoir pris part en 1993 à l’assassinat de son fils. Et franchement, outre qu’il faut consacrer dans ce genre d’initiatives l’esprit de pluralité, une frange de la société civile, importante du reste, ne peut assister au fait d’avoir blanchi cet homme, dont la compétence est du ressort de la justice, et seulement la justice. Et sans aveu ni pardon, il restera toujours une certaine rancune... qui freinera probablement la vision de l’avenir. Car dans les deux cas, l’on se demande qui a commandité, a facilité et exécuté ces meurtres abjects. L’auteur politique du crime doit ainsi se dévoiler au grand jour. Le souci n’est pas d’incarcérer une ou des personnes, mais de voir clair l’avenir dans un pays indéniablement pluriel. 

M.E
Samedi 23 Mars 2013

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