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L’artiste peintre Mostafa Warrak : Lumière picturale




Lauréat de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca, l’artiste plasticien Mostafa Warrak est un nomade errant dans l’univers pictural. Il nous propose un langage visuel chargé d’histoires et d’émotions et animé par le souci d’ouvrir le champ du dedans via une peinture quiète  et silencieuse.
Attentif à la question de la forme par rapport à la couleur, Warrak gère sciemment sa toile comme mémoire subjective et alchimie secrète, en s’inspirant de ses états d’âme. Il investit l’espace pour le transcender  et le transformer en jets de traits spontanés  et de touches lyriques loin de toute prétention bavarde. Cet espace polysémique  se veut un seuil enrichissant  qui met en scène la vision onirique de l’artiste, ses rêves, ses extases et ses expériences du voyage. Tout en valorisant les atmosphères et les profondeurs de la toile, l’artiste nous fait voir une harmonie intrigante du visible, celle d’un dialogue interactif entre le haut et le bas, le ciel et la terre, l’horizontalité et la verticalité. Sa peinture connotative renvoie à la pureté et à la sublimation où le bleu, couleur spirituelle par essence, renforce l’aspect serein de la toile et procure silence, ravissement et recueillement.  
Habité par les formes semi géométriques (obliques, fendues…) et déconstructivistes, Warrak (né en 1965 à Casablanca)  est l’auteur d’une œuvre qui se présente comme déploiement vers le dehors voire un hymne au voyage et au déplacement.  L’artiste accorde à  ses introspections  une identité visuelle et lance un fort et persistant appel pour la nécessité intérieure.  Il s’agit d’un lieu  d’élévation  et de paix  spirituelle, d’exaltation, de résipiscence, de retour vers soi. Le pari de l’artiste  est  de transmettre aux regardants  non seulement une reproduction  stéréotypée de ce lieu   mais surtout l’émotion, les sensations mentales et spirituelles associées à ce lieu imaginaire.
Peintre de «la nouvelle figuration» à la recherche de nouvelles voies, son œuvre brise les limites entre abstraction et représentation. Ses peintures qui se caractérisent par les traces et  les traits colorés, s’accompagnent de fragments de formes  et de figures  qui prolongent en un autre mode d’expression les méditations de l’artiste.
Loin de toute abstraction froide qui expose des figures connues et reconnues, Warrak travaille sur le registre de l’abstraction lyrique vécue comme ouverture à l’expression personnelle et vécu détourné : «je préfère m’aventurer dans des formes qui ne proviennent que de la peinture, qui ont quelque chose de spécifique au moyen de production. Ce qui est caractéristique de mon  travail, c’est cette façon que  j’ai  de provoquer la matière, de faire surgir des surprises, des imprévus, de prendre des risques et, du coup, de saisir des chances. Il y a aussi la volonté que j’ai de faire de la peinture  une véritable création, quelque chose d’unique, pas une reproduction, quelque chose qui ne soit pas similaire. Une autre spécificité de mon travail de peinture, c’est, il me semble, le choix de ne pas traiter séparément les éléments, de faire apparaître en quelque sorte en même temps, dans en un seul ensemble, la forme, la couleur et la matière. Je ne travaille  plus avec de la couleur, mais avec la lumière reflétée par la couleur. C’est mon  instrument majeur et, en même temps, ce que je cherche et ce que je trouve, c’est la lumière picturale. C’est-à-dire une lumière qui n’appartient qu’à la peinture, qui vient de la peinture. La toile  fait partie de l’œuvre et n’est  pas simplement le support d’une empreinte. Et c’est en partie pour cela que j’ai été conduit à continuer dans la voie d’investigation et de recherche. Quand je peins, ce qui importe, c’est la trace qu’apporte le geste, ce qui se produit sur la toile, etc., et qui est fonction de beaucoup d’éléments ( forme de l’outil, fluidité du médium, transparence ou opacité de la couleur, etc.). C’est de cette trace avec toute sa complexité que naît le désir, l’envie d’intensifier, de préciser, de continuer, de rythmer, enfin, d’intervenir. Ce qui compte, c’est le rapport, le dialogue que j’établis avec ce qui se produit sur la surface de la toile et ce désir d’intensifier, de développer, de préciser…  », a confié l’artiste à Libé.
Peintre gestuel, Warrak a une grande palette d’expériences dans le travail avec les substances, la matière, les supports, les fonds. L’aventure de  l’acte de peindre compte  pour lui  beaucoup plus que le résultat. C’est un coup d’œil porté sur ses créations esthétiques qui méritent d’être exposées et médiatisées. 

ABDELLAH CHEIKH
Samedi 29 Août 2009

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