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L'arrivée de migrants dans les îles grecques ralentit




L'accord entre la Turquie et l'Union européenne visant à endiguer le flot de migrants vers les îles grecques montre des signes de succès, ont estimé mercredi Ankara et Berlin, même si de nombreuses personnes continuent à tenter leur chance.
Deux jours après l'entrée en vigueur de l'accord et les premiers renvois de demandeurs d'asile vers la Turquie, le nombre de migrants arrivés en Grèce a considérablement diminué.  Mercredi matin, les arrivées sur les îles grecques de la mer Egée sont tombées à 68 au cours des vingt-quatre heures écoulées contre 225 lors des vingt-quatre heures précédentes, selon les chiffres du ministère grec des Migrations. En octobre dernier, au plus fort de la crise, l'administration avait compté jusqu'à 9.200 personnes sur une seule journée.
 "Cela fonctionne et le nombre de migrants illégaux est en recul", a déclaré le Premier ministre grec Ahmet Davutoglu, lors d'une visite à Helsinki. Il a estimé que cette baisse était le résultat direct de l'accord conclu entre l'UE et la Turquie.
 Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Steibert, a également estimé que l'accord allait dans la bonne direction.
 En application de l'accord conclu le mois dernier entre l'UE et Ankara, les demandeurs d'asile et migrants, y compris syriens, arrivés clandestinement en Grèce sont renvoyés en Turquie. Depuis lundi, 202 personnes ont été renvoyées, la plupart originaires du Pakistan.
 Le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) s'est montré moins affirmatif sur la fonction dissuasive de l'accord.
 "Les conditions qui forcent ces personnes à partir, et notamment à continuer vers l’Europe, sont toujours là et de nombreuses personnes passent entre les mailles du filet", déclaré Boris Tcheshirkov, un porte-parole du HCR présent sur l'île de Lesbos.
De fait, les migrants présents sur la côte turque continuent de tenter leur chance. Mercredi à l'aube, la garde-côte turque en a intercepté plusieurs, dont une quarantaine d'Irakiens. Certains avaient pris la mer à bord d'un canot à partir d'une crique à 20 km au sud de la ville de Dikili. Les autres, laissés sur la plage parce que l'embarcation était trop petite, ont suivi l'interception par les gardes-côtes turcs.
 "La Grèce ne veut pas nous accueillir. La Turquie ne nous donne pas d'autorisation. Où devons-nous aller ? Nous noyer en mer avec nos enfants, c'est ça ?", a déclaré un Irakien, refusant de donner son nom.
 Une quinzaine de Pakistanais ont également été interpellés et emmenés à Dikili, où un centre d'accueil a été mis en place.
 Sur une route non loin de là, neuf Syriens palestiniens venant du camp de réfugiés de Yarmouk près de Damas, qui portaient leurs effets dans des sacs poubelles jetés sur leur dos, tentaient de trouver un moyen de transport après avoir renoncé à traverser la mer. Les groupes qu'ils tentaient de joindre était trop importants et les bateaux trop petits, ont-ils estimé.
 "Cet accord ne concerne pas les Syriens et les Palestiniens. Que pouvons-nous faire si nous retournons dans notre pays ?", a dit l'un d'eux à propos de l'accord entre l'UE et la Turquie. Il n'a pas donné son nom.
 Dans le cadre de l'accord, l'UE s'engage pour chaque Syrien renvoyé en Turquie à admettre directement sur son territoire un autre Syrien actuellement réfugié en Turquie.
 Les non Syriens refoulés de Grèce vers la Turquie sont dirigés vers un centre situé à Kirklareli près de la frontière bulgare, d'où ils sont en principe expulsés.
 Les Syriens refoulés seront en principe conduits dans un camp à Osmaniye, ville du sud de la Turquie située non loin de la frontière avec la Syrie. Ceux qui en auront les moyens seront autorisés à s'installer en Turquie. Le pays accueille déjà 2,8 millions de réfugiés syriens.
 La Grèce a fait état d'une forte hausse du nombre de demandes d'asile déposées par les personnes arrivées depuis le 20 mars, date de mise en oeuvre de la première phase de l'accord entre l'UE et la Turquie. Les nouveaux arrivés sont dirigés vers des centres de rétention.
 Il y a eu des protestations dans le camp de Moria installé sur l'île de Lesbos. Un migrant pakistanais a menacé de se pendre lors d'une manifestation mercredi.
 Par ailleurs, selon les chiffres officiels, 50.000 réfugiés et migrants sont coincés en Grèce sur la partie continentale après la fermeture en février de la route des Balkans.
 Dans le port du Pirée proche d'Athènes, les autorités ont demandé à des centaines de personnes vivant sous les tentes de partir. Les migrants sont restés assis sur le quai, refusant de bouger, tandis qu'un homme se précipitait vers la police, un bébé dans les bras, a constaté un journaliste de Reuters.

Vendredi 8 Avril 2016

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