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L’armée syrienne mène une offensive sur Hama : Les efforts internationaux freinés par Moscou




L’armée syrienne mène une offensive sur Hama :  Les efforts internationaux freinés par Moscou
L'armée syrienne a lancé une vaste offensive contre Hama pour faire plier cette ville rebelle du centre de la Syrie, au moment où les efforts internationaux pour sortir le pays de la crise se heurtent à l'intransigeance de la Russie à l'ONU.
Les Européens, qui avaient adopté lundi de nouvelles sanctions contre Damas, ont indiqué vouloir un vote au Conseil de sécurité de l'ONU lundi ou mardi sur un nouveau projet de résolution basé sur le plan de sortie de crise proposé par la Ligue arabe.
Le projet de texte auquel travaillent des pays européens et arabes, appelle à suivre l'exemple de la Ligue arabe en imposant des sanctions à Damas. Mais cette clause à elle seule pourrait entraîner un blocage de la part de la Russie, grande alliée de Damas.
"Nous sommes ouverts à toute proposition constructive visant à mettre fin aux violences" en Syrie, a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Mais la Russie reste opposée à toute initiative permettant le recours à la force ou à "des sanctions prises sans aucune consultation" avec Moscou et Pékin, membres permanents du Conseil de sécurité, a-t-il ajouté.
Sur le terrain, "l'armée syrienne pilonne Hama à l'arme lourde utilisant des lance-roquettes", pour la deuxième journée consécutive, ont affirmé mercredi les Comités locaux de coordination (LCC) qui organisent la mobilisation. "Les chabbiha (milices loyales au régime) et les agents de sécurité, appuyés par des chars, pilonnent de toutes parts le quartier de Bab Qobli".
"Il y aurait des morts et des blessés. Des maisons se sont effondrées", indiquent les LCC faisant état d'un "déploiement de près de 4.000 soldats" dans cette ville située à 210 km au nord de Damas. Selon l'agence officielle Sana, un prêtre, Bassilius Nassar, a été assassiné par un "groupe terroriste armé" alors qu'il portait secours à un blessé à Hama. Mais les LCC affirment que le prêtre a été tué dans "l'offensive du régime contre Hama".
Damas a affiché mardi sa détermination, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, à en finir avec la révolte populaire réprimée dans le sang depuis mars.
Le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, a parlé d'une offensive pour reprendre plusieurs quartiers aux mains des insurgés à Hama, après "l'échec des efforts déployés" pour une solution pacifique. Les autorités "ont décidé de régler la situation de manière définitive (...) afin de débarrasser la ville des (milices) armées", écrit le journal.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui avait annoncé mardi l'offensive, a fait état de trois civils tués mercredi à Hama. Six autres civils, dont un enfant de 5 ans et sa mère, ont péri dans les provinces de Damas et Homs, selon la même source.
Hama est un symbole de la lutte contre le régime depuis la terrible répression en 1982 d'une révolte des Frères musulmans, mouvement interdit, contre le président Hafez al-Assad, père de l'actuel président, qui avait fait 20.000 morts.
Dans la province d'Idleb (nord-ouest), le président de la section locale du Croissant-Rouge syrien, Abdelrazak Jbeiro, a été tué par "un groupe terroriste armé" dans le secteur de Khan Cheikhoune, a fait savoir l'agence de presse Sana.
Le régime syrien refuse de reconnaître l'ampleur de la révolte populaire qui fait rage depuis mars et attribue les violences à des "groupes armés". La répression a fait plus de 5.400 morts, selon l'ONU.
La Commission générale de la révolution syrienne (CGRS, un mouvement d'opposition) a appelé le chef de la mission des observateurs arabes déployés en Syrie, le général Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, à "venir voir les chars blindés à Hama avant qu'ils ne détruisent la ville".
Les observateurs des monarchies arabes du Golfe ont quitté Damas, après la décision de leurs pays de se retirer de la mission de la Ligue arabe, selon un journaliste de l'AFP sur place. Les 55 observateurs du Golfe doivent être remplacés par d'autres observateurs arabes.
Les autres membres de l'équipe d'observateurs restent en revanche en Syrie, les autorités ayant donné leur accord mardi à une prolongation d'un mois de la mission. Mais Damas a rejeté en bloc le plan de règlement proposé dimanche par la Ligue arabe prévoyant à terme le départ du président Assad.
Dans un entretien avec le général Dabi, M. Mouallem a souligné "l'engagement de Damas à coopérer totalement avec la mission des observateurs", selon Sana.

Libé
Vendredi 27 Janvier 2012

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