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L’après Brexit en Grande-Bretagne entre trouble et incertitude


L’angoisse se traduit par la fuite des banquiers à Londres, et un début de fronde en Ecosse et en Irlande du Nord



 Le Brexit a semé le trouble et l'incertitude dans les communautés encore divisées de Belfast, où la mémoire des violences qui ont déchiré la province britannique pendant trois décennies est encore toute fraîche.
La rupture avec l'Union européenne inquiète également les nationalistes nord-irlandais qui considèrent Bruxelles comme un contrepoids à un gouvernement britannique qu'ils ne portent pas vraiment dans leur cœur.
Sitôt le résultat connu, et constatant que la province avait, comme l'Ecosse ou Londres, voté pour le statu quo (56%), le parti nationaliste Sinn Fein s'est empressé de réclamer un référendum sur une Irlande unifiée. Mais l'initiative a été tuée dans l'œuf par le Premier ministre irlandais Enda Kenny et son homologue nord irlandaise Arlene Foster.La décision des Britanniques de quitter l'Union européenne continuait de créer des remous au sein du Parti travailliste dimanche, avec la démission d'une de ses responsables, Heidi Alexander, qui réclame un nouveau leader pour le Labour.
"Le Royaume-Uni pour lequel l'Ecosse a voté pour rester en 2014 n'existe plus", a déclaré dimanche Nicola Sturgeon, Première ministre d'Ecosse, après avoir souligné qu'un nouveau référendum d'indépendance était "hautement probable" maintenant que les Britanniques ont voté pour sortir de l'Union européenne. "Je ferai tout pour protéger les intérêts des Ecossais", a déclaré Mme Sturgeon sur la BBC.    
Contrairement aux Anglais, les Ecossais ont majoritairement voté pour rester dans l'UE et deux sondages publiés dimanche montrent qu'ils voteraient pour l'indépendance de l'Ecosse en cas de nouveau référendum.
Autre effet néfaste du Brexit, une démission, celle de la ministre de la Santé du cabinet fantôme travailliste au chef du parti Jeremy Corbyn qui lui a décidé de limoger un autre des responsables du parti, Hilary Benn, ministre des Affaires étrangères dans ce même cabinet fantôme, parce qu'il avait entrepris de convaincre des membres du parti de démissionner s'il refusait de quitter son poste.
Comme le Premier ministre conservateur David Cameron, Corbyn s'était prononcé pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Mais une partie de l'appareil du parti lui reproche d'avoir fait campagne du bout des lèvres.
Le Brexit va-t-il couper les ailes au dynamisme de Londres? La mégapole va forcément perdre en attrait pour certains investisseurs, avec d'inévitables répercussions pour son économie florissante.
Quelque 60% des électeurs de Londres ont voté le 23 juin pour que le Royaume-Uni reste membre de l'Union européenne, mais le reste du pays en a décidé autrement. Et la capitale peuplée de 8,6 millions d'habitants, dont le Produit intérieur brut (PIB) équivaut à celui de la Norvège, se ronge les sangs pour savoir ce que cela signifiera pour son économie.
Hors de l'UE, Londres ne pourra plus prétendre à œuvrer comme porte d'entrée des entreprises américaines ou asiatiques sur le marché unique européen.
Une première banque, l'américaine JPMorgan qui emploie 16.000 personnes au Royaume-Uni, a fait savoir dès vendredi qu'elle pourrait déplacer des emplois hors du pays.
Selon l'agence de notation Standard and Poor's, un cinquième de l'activité bancaire mondiale est réalisée à Londres. Une hémorragie de banquiers toucherait la ville de plein fouet : le secteur financier y fournit un emploi sur trois, soit 1,25 million de postes. Les services dans leur ensemble représentent 85% des emplois, ayant complètement supplanté l'industrie manufacturière qui a longtemps fait la force de la métropole.
Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a plaidé pour que sa ville ait voix au chapitre pendant les négociations avec l'UE sur les modalités de sortie.
La ville, dont le PIB a crû de 3,3% l'an dernier (contre 2,3% pour l'ensemble du pays), a indubitablement des atouts pour cela: on y parle anglais, langue internationale du business, elle est cosmopolite et culturellement riche. L'organisation des Jeux olympiques en 2012, flanquée d'investissements notamment dans les transports, lui avait donné un formidable élan. 
Si des banquiers très bien payés et autres expatriés désertent pour Francfort, Paris ou Dublin, tout un pan de l'économie qui s'appuie sur leur pouvoir d'achat élevé souffrira - des agences immobilières haut de gamme aux écoles privées select. 

 

Lundi 27 Juin 2016

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