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L'ancien comptable de Bettencourt enfonce trois ministres et le Président français : Nicolas Sarkozy dans la tourmente




L'ancien comptable de Bettencourt enfonce trois ministres et le Président français : Nicolas Sarkozy dans la tourmente
Les démissions surprise des ministres Alain Joyandet et Christian Blanc, mis en cause pour avoir abusé des deniers publics, n'ont pas offert de répit à leur collègue Eric Woerth et au gouvernement, sur lesquels la gauche a continué lundi à mettre la pression.
Dans un climat délétère alimenté par les rebondissements de l'affaire Liliane Bettencourt et les turpitudes reprochées à plusieurs membres de l'exécutif, Nicolas Sarkozy a été contraint dimanche de bouleverser le calendrier politique qu'il avait lui-même fixé.
La semaine dernière, le chef de l'Etat avait dénoncé devant les députés UMP les comportements «pas acceptables» de certains ministres, mais renvoyé à octobre le grand chambardement ministériel censé en tirer les conséquences. Sous la pression, il a finalement décidé de sacrifier ses secrétaires d'Etat à la Coopération et au Grand Paris avec trois mois d'avance.
La version officielle délivrée par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel certifie que ces deux départs ont été décidés par le président et son Premier ministre «après mûre réflexion».
Mais selon une source gouvernementale, c'est la décision d'Alain Joyandet de jeter l'éponge de son propre chef qui a précipité le mouvement.
Epinglé pour avoir loué 116.500 euros un jet privé pour participer à une conférence internationale et obtenu un permis de construire de complaisance, le maire de Vesoul a fait part dès vendredi de sa décision de raccrocher les gants, selon la même source. Et contraint l'Elysée, a-t-elle ajouté, à exiger dimanche la démission de Christian Blanc, accusé de s'être offert pour 12.000 euros de cigares aux frais du contribuable.
Affirmant avoir lui-même présenté sa démission, Christian Blanc a assuré lundi avoir réglé «l'ensemble des dépenses de cigares» de son ministère.
En plein feuilleton de l'affaire Bettencourt, le sabordage des deux ministres a été largement perçu comme un moyen de soulager Eric Woerth, ministre du Travail, englué dans les accusations de conflit d'intérêts.
Dans ce cadre, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt vient d’affirmer que ce dernier a reçu en tant que trésorier de l'UMP la somme de 150.000 euros en liquide pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy au printemps 2007.
Dans une interview à Mediapart publiée mardi, Claire T. qui a été au service de l'héritière de L'Oréal pendant 12 ans et a quitté son service en novembre 2008, rappelle qu’elle disposait d'un accréditif pour retirer en liquide 50.000 euros par semaine à la banque.
Elle affirme également aussi que Nicolas Sarkozy, quand il était maire de Neuilly de 1983 à 2002 et «un habitué» de la table des Bettencourt, «recevait aussi son enveloppe».
«C'est totalement faux», a affirmé l'entourage de Nicolas Sarkozy, interrogé mardi par l'AFP.
«Tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l'argent», souligne l'ex-comptable.
Selon son récit à Médiapart, Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de la milliardaire de 87 ans et «celui qui s'occupait des politiques», lui a demandé «fin mars 2007» de retirer «une somme trois fois supérieure à l'habitude, à savoir 150.000 euros».
Le maximum de dons autorisés par la loi sur le financement des partis politiques est de 7.500 euros par an pour un parti et 4.600 euros pour un candidat à une élection.
L'ex-comptable affirme n'avoir retiré que 50.000 euros comme le lui permettait son accréditif, remis «à Liliane Bettencourt, qui, dit-elle, a ensuite donné l'enveloppe à Maistre, devant moi». «Et j'ai rempli le carnet de caisse, avec, en regard de la somme, la mention « Bettencourt », que j'ai écrite moi-même. Je faisais toujours comme ça lorsqu'il s'agissait de l'argent destiné aux politiques, car il ne fallait pas de trace écrite», explique-t-elle au site internet d'information.
«Si Liliane Bettencourt leur donne les carnets de caisse (rendus au moment de son départ fin 2008, Ndlr), les policiers pourront vérifier mes dires. Je me souviens de la date de ce retrait destiné à la campagne de Sarkozy: c'était le 26 mars 2007», assure-t-elle.
Les 100.000 autres euros ont été sortis d'un compte en Suisse à l'initiative de M. de Maistre, selon Claire T., qui poursuit: «Ensuite, Maistre m'a dit qu'il allait très vite dîner avec Eric Woerth afin de lui remettre, « discrètement » comme il m'a dit, les 150.000 euros. Et le dîner a bien eu lieu très rapidement... «
La femme du ministre, Florence Woerth, était employée depuis fin 2007 par Clymène, la société dirigée par Patrice de Maistre, chargée de gérer la fortune Bettencourt, avec «un bon salaire : environ 13.000 euros par mois, plus une prime de fin d'année de l'ordre de 50.000 euros». Pour la comptable, elle «était au courant des placements, pas forcément des fraudes fiscales».

AFP
Mercredi 7 Juillet 2010

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