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L’aide aux jeunes micro-entrepreneurs peut-elle résorber le chômage ?


Une étude de la Banque mondiale illustre l’ampleur de l’exclusion sociale et économique des jeunes au Maroc



L’aide aux jeunes micro-entrepreneurs peut-elle résorber le chômage ?
Les jeunes Marocains sont-ils au centre du développement humain? La réalité parle d’elle-même. Il suffit de faire un tour dans les villes du Royaume pour se faire une idée sur un phénomène devenu un fait notoire. Les bataillons de jeunes qui arpentent les trottoirs et squattent les terrasses  de cafés pour tuer le temps et à ne rien faire en attestent.
Une étude de la Banque mondiale publiée jeudi dernier et intitulée «Promouvoir les opportunités et la participation des jeunes», illustre l’ampleur de l’exclusion sociale et économique des jeunes au Maroc.
Cette étude relève qu’un Marocain sur deux, entre 15 et 29 ans, est inactif. «Le taux d’inactivité reste élevé dans le Royaume : 51% des 15-29 ans ne font pas d’études et n’ont pas d’emploi», précise ladite étude. De plus, «69% de l’ensemble des jeunes n’ont même pas un diplôme du premier cycle secondaire, et 20% sont analphabètes», selon la même source.
Une réalité plus amère quand on évoque le sexe féminin. Ladite étude révèle que «les filles sont particulièrement vulnérables». En effet, environ «82% d’entre elles ne sont pas scolarisées et ne font pas non plus partie de la population active».
Ce rapport qui a été supervisé par la Coordinatrice jeunesse de la région MENA de la Banque mondiale, Gloria La Cava, explique cette situation par des raisons familiales dans 63% des cas, ou par un état de découragement des filles elles-mêmes, chez 19% d’entre elles.
Selon l’étude, la rareté des emplois impose à la majorité des jeunes de travailler, dans des conditions précaires ou dans le secteur informel.  «La proportion des jeunes qui travaillent, sans contrat, dans l’économie informelle est tout aussi considérable, puisqu’elle atteint 87%», souligne ledit rapport.
Il indique également que «du fait des possibilités limitées de trouver un emploi formel, «de plus en plus de jeunes, surtout les moins instruits, cherchent à s’installer à leur compte». Et d’ajouter «L’auto-entrepreneuriat est perçu comme un moyen de ne plus être inactif ou de ne plus faire des heures de travail interminables, dans des conditions dangereuses et pour un maigre salaire, ce qui est le lot de bon nombre de ceux qui ont un emploi informel».
Partant de ce constat alarmant, l’étude propose donc comme solution la promotion de l’auto-entrepreneuriat et l’aide aux jeunes micro-entrepreneurs. Elle relève néanmoins que «le manque d’accès à une formation à la gestion d’entreprise et à des financements» constitue un grand obstacle à la création de micro-entreprises viables.
D’après l’étude de la Banque mondiale, «le manque d’accès à des capitaux est l’un des grands obstacles cités par 80% des jeunes qui souhaitaient se lancer dans une activité non agricole, et pour 70%, ce sont principalement les risques financiers élevés qui incitent à renoncer à un projet de création d’entreprise».
Pour ce faire, la Banque mondiale a décidé d’octroyer au Royaume un don de 5 millions de dollars en faveur de l’entrepreneuriat en vue de permettre à des jeunes peu qualifiés d’acquérir des compétences dans le domaine de la gestion d’entreprise, de bénéficier d’un accompagnement et d’accéder à des services financiers.
Pour rappel, ce don a été approuvé, lors d’une réunion tenue mercredi dernier (20 février) à Rabat dans le cadre du partenariat de Deauville, par le comité directeur du Fonds pour la transition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
L’enveloppe allouée par la Banque mondiale devrait permettre, sur quatre ans, à au moins 5.000 jeunes hommes et jeunes femmes, âgés de 15 à 29 ans et issus d’un milieu défavorisé, d’accéder à des services d’aide à la création d’entreprise.
Certes ce don, qui a pour objectif de pousser vers une croissance inclusive dans le Royaume, est louable, mais que représente ce contingent au regard du nombre important des jeunes chômeurs?   Peut-on remédier aux problèmes existants avec de telles initiatives? Bien sûr que non. Le Maroc a, dans ce sens, besoin d’une véritable stratégie d’éradication de ce phénomène et de fonds nécessaire pour relancer l’insertion des jeunes dans la vie active.
Dans l’attente d’une prise de conscience des effets négatifs de la non-activité des jeunes, le manque de ressources, d’activités et d’espoir constitue toujours un «frein» à un Maroc meilleur.
Pendant ce temps, les têtes bien pesantes, bien formées dans les écoles et universités étrangères qui  occupent de hauts postes de responsabilité au Maroc, capables de produire des schémas et des stratégies bien élaborées, mais pas assez ancrées dans le réel continuent à ne pas faire cas de la gravité de  ce problème social éminemment important.

Mohammed Taleb
Vendredi 1 Mars 2013

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