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L’aggravation du déficit obligerait le Maroc à opérer une autre sortie à l’international

Selon la TGR, le déficit budgétaire à fin mai était de 28,8 MMDH




L’aggravation du déficit obligerait le Maroc à opérer une autre sortie à l’international
A fin mai 2013, le taux de couverture des dépenses par les recettes ordinaires n’était plus que de 84%, contre 93% l’année précédente, le déficit du Trésor était de 28,8 milliards de DH (MMDH), soit presque deux fois plus élevé qu’un an auparavant. En cause, une quasi-stagnation des recettes  et une importante hausse des dépenses.
En effet, d’après le dernier bulletin mensuel de statistiques des finances publiques de mai 2013 publié par la Trésorerie générale du Royaume, les recettes ordinaires qui se sont élevées à 78,98 MMDH, sont en légère diminution (-0,8%) par rapport à leur niveau de mai 2012. Cette baisse, qui reflète une quasi-stagnation, est attribuable à la baisse des recettes douanières de 6,3% due à une diminution des droits de douanes de 19,1% et à celle des impôts directs de 5,2%,  qui résulte d’une diminution de l’impôt sur les sociétés (IS) de 15,4%, alors que l’impôt sur le revenu est en hausse de 5%.
 Cette quasi-stagnation au niveau des entrées, a été accompagnée par une importante augmentation des dépenses.
Selon ledit bulletin, les dépenses ordinaires ont ainsi augmenté de 8,9% par rapport à leur niveau de mai 2012, pour atteindre 93,76 milliards de DH. Cette hausse a été tirée principalement par les dépenses de biens et services, hors dépenses du personnel, qui ont augmenté de 44,7%, et les dépenses d’intérêt sur la dette intérieure, qui ont enregistré une hausse de 11%.
A cette hausse s’est ajoutée celle des dépenses d’investissement qui ont atteint 18,2 MMDH, contre  15,8 MMDH à fin mai 2012, soit une augmentation de 15,6%.
Dans le détail, la forte hausse des dépenses de biens et services hors dépenses du personnel trouve son explication, notamment, dans la hausse de  31% des transferts à la Caisse marocaine de retraite (CMR), qui sont passés de 2,9 à 4,2 MMDH, ainsi que les transferts aux divers établissements et entreprises publics qui ont augmenté de 42%, passant de 3,7 à 6,4 MMDH, et ceux aux comptes spéciaux du Trésor qui ont augmenté de 46% passant de 0,7 à 1,3 MMDH.
Notons que sur le même volet, les dépenses de compensation à fin mai de l’exercice en cours étaient inférieures de 6,8% à leur niveau de mai 2012. Elles ont ainsi atteint 20 MMDH contre 21,4 MMDH à fin mai 2012. Une diminution qui a plusieurs explications, notamment, la baisse des cours du pétrole constatée depuis le début de l’année 2013, et la baisse de la consommation des produits pétroliers, qui a reculé de 8 à 10% au premier trimestre.
En substance, on peut retenir  que les recettes douanières et de l’IS sont en baisse alors que les transferts aux établissements publics et les intérêts de la dette augmentent, ce qui a fait que le déficit du Trésor (28,8MMDH) est deux fois plus élevé qu’un an auparavant.
Il est à signaler que le taux de couverture des dépenses par les recettes ordinaires était en baisse à fin mai, 84% contre 93% un an auparavant, ce qui veut dire que la totalité des dépenses d’investissement, qui ont subi des coupes drastiques, et près de 75% des dépenses de compensation sont financées par l’endettement. Résultat, le Trésor serait obligé à avoir davantage recours à l’endettement. Un recours qui sera certainement externe au vu de la situation du marché intérieur, qui souffre déjà d’une insuffisance de liquidité.
Soulignons que, pour le compte  des cinq premiers mois,  le Trésor a bénéficié de divers prêts extérieurs pour un montant de 9,3 milliards de dirhams, dont 6,5 milliards auprès du marché financier international.
La conséquence directe de cet endettement sera un alourdissement des dépenses d’intérêt, qui représentaient déjà 10,6 MMDH, soit 11% des dépenses ordinaires à fin mai 2013.

Mohammed Taleb
Mercredi 26 Juin 2013

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1.Posté par abdlmola le 26/06/2013 14:19 (depuis mobile)
Le gouvernement nous livre a la predation de la finance. Hârâm.

2.Posté par Magid le 26/06/2013 23:59
Ou est la logique économique dans le fait d'emputer le pouvoir d'achat des ménages avec une hausse de l'impôt sur le revenu alors que dans le même temps , on baisse l'impôt sur les sociétés? Celui ci était déjà avantageux pour les sociétés soumise à cette impôt, sociétés qui dans le Maroc ne sont que 10% à payer l'IS. le reste se livrant à des manipulations comptables ou carrément à de fausses déclarations pour ne pas s'aquitter de l'impôt. Tout ceci ressemble à une solution de facilitér pour renflouer les caisses de l'état au plus vite afin de redresser les indicateurs macro économiques si chères au FMI et à la banque mondiale. Efficace dans le court terme cette stratégie risque d'être préjudiciable au long terme: Comment relancer une croissance atone en emputant le pouvoir d'achat des marocains? Parier sur l'attractivité des investissements avec une baisse de l'IS et de barrières douanières pour relancer la croissance démontre un tournant délibéré à la faveur du patrona et au détriment des salariés. Le constat avec cette formule c'est que les riches deviendront plus riches et les plus pauvres toujours plus pauvres. Et dire que PJD sigifie Partie de la justice et du dévloppement, quelle ironie!

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