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L’administration publique acteur de la construction démocratique




Le  Maroc est en train d’édifier sa démocratie. C’est un processus nécessairement long, cumulatif ; on ne peut malheureusement se décréter démocratie du jour au lendemain, nécessitant la participation de différents acteurs : l’électeur, les partis politiques, l’administration, les médias, la société civile. Plus la participation des acteurs est de qualité, plus les délais pour arriver à une bonne ingénierie démocratique sont réduits.
Sans préjuger de l’importance de tous les acteurs et tout en étant convaincu qu’à la base de toute construction démocratique il y a la souveraineté populaire qui s’exprime par le biais du suffrage. Nous souhaitons porter l’attention dans les propos qui vont suivre sur le rôle de l’administration dans la construction d’un Etat démocratique et moderne.
Disposer d’une administration publique organisée, formée et performante  est une des conditions pour tout pays qui souhaite accélérer son développement.   Assurant un service public qui revêt en grande partie un caractère nécessaire et  permanent, elle est censée ignorer les soubresauts et échéances qui font partie de la vie d’une démocratie. L’administration  a pour mission d’assurer la continuité de l’Etat.
L’historiographie du Maroc fait remonter aux Mérinides la volonté de disposer d’une administration organisée. Le système mis en place à l’époque  a été repris par les dynasties qui se sont succédé avec quelques variantes et tentatives de réformes jusqu’à  1912. La présence française soucieuse de ne pas trop brusquer les traditions a mis en place les rudiments d’une administration  moderne tout en s’appuyant sur les élites traditionnelles.
L’Etat a déployé beaucoup d’efforts, après l’indépendance, pour se doter d’une administration efficace et moderne dans tous les secteurs en accordant toutefois la priorité à l’administration territoriale. Les recrutements à tour de bras de diplômés à partir des années 80 a permis une incontestable amélioration de la qualité du service public et la formation de commis de l’Etat de haut niveau.
Tout  exécutif issu des urnes doit faire en sorte que ce corps puisse participer activement à ses côtés à la réussite de la construction démocratique. Ceci requiert de part et d’autre un effort pour que le changement de culture de gouvernement soit négocié au mieux des intérêts du Maroc.
Le futur chef de gouvernement qui doit être porteur d’une volonté forte d’orienter le changement, en sus de disposer de l’administration, a maintenant, selon la nouvelle Constitution,  le pouvoir de nomination à plusieurs postes de celle-ci.
Il doit  veiller à ce que le service public soit disponible, proche, de qualité, adapté et au moindre coût. Pour réussir cette mission, le recrutement au sein de l’administration doit s’éloigner de toute tentation de clientélisme partisan ou familial. Pour améliorer la qualité de son produit, l’administration se doit de recruter les meilleurs qui se présentent à elle, dans le strict respect des normes et procédures pratiquées dans les pays à tradition démocratique reconnue.
L’administration actuelle a nécessairement pris acte de l’aspiration majoritaire des Marocains à changer de mode de gouvernance et  est appelée à redoubler d’efforts pour que cette transition se fasse dans les meilleures conditions. Héritière de formes de rapports traditionnels depuis des siècles, elle  se doit d’évoluer vers une culture légale- rationnelle au sens du sociologue allemand Max Weber.
Partenaire par obligation de l’exécutif, notre administration, composée de citoyens ayant le droit d’avoir des convictions  politiques, doit développer une culture faisant la différence entre l’acte administratif et l’acte politique.
Parmi les grands chantiers auxquels doit s’atteler le futur exécutif avec le concours de l’administration, il y a celui de crédibiliser davantage l’Etat dans les yeux du citoyen en explicitant mieux ses missions et ses moyens.
 Les rapports de méfiance, voire conflictuels entre le citoyen et l’Etat, produit d’une histoire tourmentée,  doivent évoluer vers une cohabitation animée par le souci du respect mutuel pour disposer du meilleur service public. Service public qui doit s’éloigner de la culture de la rente, octroyé  par l’administration ou demandé à tort  par certains de nos concitoyens, pour devenir un droit qui transcende les personnes et contingences politiques.
Si nous réussissons à modifier  la perception que nos concitoyens ont de l’Etat, de l’administration et du service public, nous aurons grandement contribué à faire avancer la culture démocratique au Maroc.

ADNAN DEBBARH
Mardi 9 Août 2011

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