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L’actrice Raouia sacrée aux JCC


“Divines” de la Marocaine Houda Benyamina également récompensé



L'actrice marocaine Raouia, Fatima Harrandi de son vrai nom, a été sacrée "meilleur rôle féminin" dans la catégorie "Première oeuvre" des Journées cinématographiques de Carthage (JCC 2016), qui ont pris fin samedi soir à Tunis. Raouia, une pionnière du cinéma national, campait l'un des premiers rôles dans le film "A mile in my shoes" de Said Khallaf, aux côtés d'Amine Ennaji et Noufissa Benchehida.
Née à Azemmour, cette valeur sûre du grand écran marocain n’a pas démérité, puisqu'elle a réussi à se faire une place à la fois dans des films d'humour comme dans des œuvres dramatiques. Se distinguant par son pouvoir à camper, mais aussi à réussir différents rôles, "Raouia " a fait sa première apparition publique dans le film "Les trésors de l'Atlas". Puis elle a joué dans le long-métrage "Du paradis à l'enfer" et "L'histoire d'une rose" et "Soif". 
Après avoir remporté plusieurs prix durant sa carrière d'actrice, elle a aussi convaincu les cinéastes et réalisateurs de la nouvelle génération. Elle s'est ainsi démarquée par son talent dans des films comme "Saga", "Pillow of secrets", "Rock the Casbah", "Les yeux secs", "Wake up Morocco", "L'amante du Rif", "Casanegra", "Zéro", "Andromane", "Karian Bollywood", "Formatage", "Au bout de l'espoir", ou encore "La cité des hiboux". Plusieurs producteurs et réalisateurs internationaux ont été attirés par son jeu et son expressivité, dont le très célèbre Claude Lelouche dans "Mesdames et Messieurs" et "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois où elle a donné la réplique à l'acteur français Lambert Wilson, "Les djins" de Hugues Martin, "Le physicien", "La tente rouge" et "Aladdin", sans oublier son amour d'antan: le théâtre auquel elle voue une grande passion.
Pour ce qui est du film,  il raconte l’histoire d’un enfant qui a toujours vécu dans la misère et la souffrance avant de décider de se venger d’une société où la faiblesse de l’individu conduit à sa marginalisation. Il s’appelle Saïd. Depuis son plus jeune âge, il a vu des souffrances de toutes les couleurs : dans la famille, c’est son beau-père qui l’agresse comme il agresse sa maman et sa sœur. Dans la rue, ce sont les voyous qui veulent abuser de lui sexuellement et profiter de lui pour qu’il leur rapporte de l’argent. Apprenti chez des artisans, Saïd a été victime d’une tentative de viol de la part de ses employeurs. A la prison aussi, Saïd n’échappe pas à cette malchance qui le poursuit partout. Le point marquant dans son histoire, c’est qu’il s’est toujours trouvé dans des situations de défense, à la recherche d’une reconnaissance aussi infime soit-elle de la part des autres, à la recherche d’un sentiment de sécurité au sein de la société. Tout cela a généré en lui une certaine violence, et une terrible envie de vengeance. «Avant de porter un jugement sur ma personne, sur ma vie ou sur mon caractère, mettez mes chaussures, parcourez mon chemin, vivez mon chagrin et mes doutes…». En traduisant cette citation en anglais, cela donnera à peu près le titre de cette œuvre de Saïd Khallaf : «A mile in my shoes».   
Le jeune réalisateur Said Khallaf a exprimé à la MAP son "grand bonheur" d'être présent à un aussi prestigieux festival, ne dissimulant pas sa joie en réaction du public et de la chaleur réservée à son premier opus. La force du film ne réside pas uniquement dans l'histoire, selon le réalisateur, mais aussi dans l'intrigue traversant les époques, la symbiose entre narration cinématographique et jeu de la caméra ainsi que la performance des acteurs.
Dans la compétition officielle (longs-métrages), le prix du "meilleur rôle féminin" a été attribué, ex aequo, à Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena pour leur interprétation dans "Divines" de la Franco-Marocaine Houda Benyamina. Sorti en août dernier, le film, lauréat du prix "Caméra d'or" au 67ème Festival de Cannes, retrace le quotidien d'une jeune de la banlieue parisienne avide de pouvoir et de réussite. Dounia va abandonner le lycée professionnel pour travailler pour le compte de Rebecca, une dealeuse respectée dont elle gagne progressivement l'estime. 
Une rencontre imprévue avec Djigui, danseur troublant de sensualité, va ébranler la jeune fille, qui va trouver des difficultés à sortir de l'emprise de Rebecca. Pour ce qui est de la récompense suprême, le «Tanit d'or», décroché en 2015 par le film marocain "L'orchestre des aveugles" de Mohamed Mouftakir, il est revenu cette année au film tunisien "Zaineb n'aime pas la neige" de la jeune réalisatrice Kaouthar Ben Hania. Le Tanit d'argent a été attribué au long-métrage« Clash » de Mohamed Diab d’Egypte tandis que le Tanit de bronze a été décerné au long métrage « 3000 nuits » de Mai Masri de Palestine. Dans cette même catégorie de longs métrages, le prix spécial du jury a été accordé au film "The revolution won’t be televised » de Rama Thiaw du Sénégal.
Le film tunisien « The last of us » de Alaeddine Slim a remporté le Tanit d'or de la compétition première oeuvre "Prix Tahar Chériaa" alors que le prix de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) de meilleur cadreur dans un film tunisien a été décerné à Amir Messaadi. Le Tanit d’or de la compétition des courts métrages est revenu au film « Marabout » de Alassane Sy du Sénégal.


Mehdi Ouassat
Lundi 7 Novembre 2016

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