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« L’actrice », un film remarquable de Narjiss Najjar : Beaucoup de sensibilité et une trilogie amour, haine et jalousie




«L’actrice », un téléfilm de Narjiss Najjar diffusé samedi dernier  par Al Oula, est un véritable petit chef-d’œuvre. Tous  les ingrédients du succès y sont réunis.
L’histoire relate la vie d’une actrice et son entourage à partir d’une optique psychanalytique : Mouna Fettou, l’actrice et  Asmaa Khamlichi, son assistante et vieille amie et un ami d’enfance commun. Voilà l’essentiel des personnages qui se sont livrés à un jeu d’amitié, d’amour et de haine. Il est, en effet, difficile de camper des rôles aussi complexes, notamment  celui de Asma Khamlichi qui devait surfer sur les sentiments et les ressentiments.
L’actrice, en l’occurrence Mouna Fettou, est un personnage extravagant, arriviste et matérialiste. En face, une amie, assistante, confidente à l’occasion,  Asma Khamlichi, plutôt sobre, patiente mais qui attend son heure de gloire. Cela devait, bien sûr, entraîner autant de jalousie que d’hypocrisie envers l’actrice. L’ami d’enfance, lui, un parvenu qui ne rêve que de réaliser ses fantasmes, surtout faire la conquête de celle qui l’avait toujours rejeté à cause de sa pauvreté.
Les personnages se livrent, ainsi tout au long du film, à une véritable valse d’attirance et de rejet, d’admiration et de rancune.
Alors que l’actrice croyait trouver enfin le chemin de la gloire et que, de ce fait, elle complexait sans le savoir son amie et assistante, cette dernière fait des études et se fraye un chemin plutôt solide basé sur le savoir. C’était peut-être pour doubler l’actrice, qui, elle, était plutôt farfelue mais  sûre d’elle. Pourtant, elle ne savait pas qu’elle était manipulée et qu’elle interprétait un  rôle factice.
Mais, « plus dure sera la chute » dirait l’autre. L’actrice découvre la vérité et s’effondre. Déjà, elle cachait à ses heures de gloire sa frustration de ne pas connaître sa mère. Une frustration qui allait  s’accentuer lorsqu’elle découvre que son amie avait une famille, une mère, un foyer.
Mais avant d’en arriver là, l’amie et assistante jette un coup d’œil sur les scénarios, se fait caster et cherche elle aussi à atteindre la célébrité.
 Le film est d’une grande sensibilité surtout dans le traitement du caractère des personnages. L’actrice découvre que la vie artistique et la carrière font partie d’un film, un vrai film et qu’elle n’était pas actrice du tout, mais un objet de conquête pour ce garçon devenu riche et dont elle ne voulait pas, alors qu’elle voulait devenir riche. Des années après,  il réussit dans la vie et pour prendre sa revanche, il produit un film dans lequel son premier amour allait jouer. De plus, il l‘encadre  par des personnes toutes à sa solde.
L’interprétation est d’un niveau supérieur, car Narjiss  a fait appel à des acteurs professionnels connus pour leur savoir-faire et leur maîtrise.
 En définitive, l’histoire est une machination et une supercherie mais «L’Actrice», est un bon film.   

Libé
Samedi 24 Avril 2010

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