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L’Unicef tance le Maroc à propos du travail domestique

L’Agence onusienne demande aux parlementaires de relever l’âge du recrutement à 18 ans




Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a interpellé récemment le Maroc sur certaines dispositions du projet de loi fixant les conditions d’emploi des travailleurs domestiques que s’apprête à adopter le Parlement.
« Les dispositions de ce projet de loi autorisant le recrutement des enfants âgés entre 15 et 18 ans en tant que travailleurs domestiques ne suivent pas l’esprit de la Convention internationale des droits de l’enfant et des conventions 138 et 182 de l’Organisation internationale du travail, relatives respectivement à la définition de l’âge minimum d’accès au travail et aux pires formes de travail », a déploré l’Unicef dans un message adressé aux autorités marocaines.
L’Agence onusienne a ainsi appelé à l’abrogation de la disposition de ce projet de loi qui va à l’encontre de l’intérêt supérieur de chaque enfant, assurant que « notre souhait est que ce projet de loi n’entache pas la dynamique de réalisation des droits de l’enfant dans laquelle le Maroc est engagé depuis plusieurs années ».
Dans son message, l’Unicef a également rappelé que « le travail des enfants quel que soit leur âge les prive de leurs droits à l’éducation, à la protection, à la participation, au développement et à la santé ». En plus de les exposer à différentes formes de vulnérabilités économique et sociale et à diverses formes d’exploitation, « le travail des enfants quel que soit sa nature compromet leurs chances à développer leur plein potentiel et nuira à leur inclusion sociale. Il est contre-productif pour le développement de tout pays », a justifié l’organisation.
Comme pour encourager le Maroc à rester sur la bonne voie, l’Unicef a rappelé la volonté manifestée par le Royaume de continuer ses efforts pour éradiquer le travail des enfants quelle qu’en soit la nature, lors de la présentation de son rapport en septembre dernier devant le Comité des droits de l’enfant à Genève. Un élan qu’il espoir voir se poursuivre.
Par ailleurs, l’Agence onusienne a rappelé que  le Maroc a mis en place des programmes d’éducation non formelle dont l’objectif est de permettre aux enfants déscolarisés de réintégrer le système scolaire.

Pour l'éradication du travail des "petites bonnes"

En marge du débat au sein du Parlement du projet de loi 19.12 relatif au travail domestique, le collectif associatif «Pour l’éradication du travail des petites bonnes» avait publié un communiqué dans lequel il avait rappelé que ce projet qui définit l’âge limite d’exercer le travail domestique à 16 ans est «en contradiction avec les engagements tels que ratifiés par le Maroc dans le cadre des conventions et instruments internationaux, en particulier les conventions 138 et 182 de l’OIT et la convention internationale des droits de l’enfant», avec «les avis des deux institutions constitutionnelles (Conseil national des droits humains et Conseil économique, social et environnemental)», ainsi qu’avec ceux  des institutions onusiennes (UNESCO, UNICEF, Agence des Nations unies chargée du suivi de la convention internationale des droits de l’enfant» et «des organisations de la société civile investies dans la protection de l’enfant».
A cette occasion, ledit collectif a interpellé «solennellement et à nouveau, les chefs des groupes parlementaires et tous les députés» et leur a demandé «de présenter des amendements portant à 18 ans comme âge minimum d’accès au travail domestique». Le Maroc a, a-t-il ajouté «a ici une occasion de démontrer très concrètement son engagement pour améliorer les conditions de vie de ses enfants et leurs droits, en éradiquant une pratique indigne qui n’honore pas notre pays et qui est contraire aux référentiels internationaux et nationaux en matière des droits humains».
Tout en soulignant son « attachement à l’âge de 18 ans comme étant l'âge limite du travail domestique », il avait réitéré son appel au gouvernement pour :
«- Mettre en œuvre une politique intégrée et multisectorielle de protection de l’enfant contre toutes formes de privation de droits et toutes pratiques qui leur portent atteinte ;
- Donner un caractère pénal à l’emploi des mineur(e)s dans le travail domestique et se doter des instruments et des moyens efficaces pour sa mise en œuvre, dont le flagrant délit;
- Mettre en œuvre les dispositions, les instruments et les moyens humains et matériels pour extraire les «petites bonnes» des maisons, les réhabiliter physiquement et psychiquement et les réinsérer en famille et à l’école ;
- Organiser des actions de conscientisation et de sensibilisation, principalement pour les familles et les intermédiaires, pour consolider les droits de l’enfant et mettre en exergue les dangers de l’emploi des mineur(e)s dans le travail domestique».

Alain Bouithy
Jeudi 4 Février 2016

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