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L'Unicef s'indigne des violences faites aux enfants de migrants en Libye




Les femmes et les enfants qui entreprennent le voyage vers l'Europe pour fuir la pauvreté et les conflits d'Afrique croupissent souvent pendant des mois en Libye, dans des lieux d'infamie où ils sont battus, violés et affamés, s'indigne l'Unicef dans un rapport publié mardi.
En septembre, la Libye comptait 250.000 immigrants, hébergés pour la plupart dans des centres de rétention qui ne sont rien d'autre que des "camps de travail forcé et des prisons improvisées", écrit le Fonds des Nations unies pour l'enfance.
Ces camps où les conditions de vie sont inhumaines, sont passés aux mains des groupes armés qui prospèrent dans le chaos politique libyen et profitent des flux migratoires en coopérant avec les passeurs et le crime organisé, selon les Nations unies.
"Pour les milliers de femmes et d'enfants migrants incarcérés, ce sont des lieux d'infamie où les gens sont retenus pendant des mois", déplore l'Unicef.
Une centaine d'entre eux ont été interrogés par l'organisation et près de la moitié disent avoir été violés ou abusés plusieurs fois pendant leur voyage. La plupart des enfants, en particulier les filles, affirment en outre avoir été battus par des adultes. 
Dans les camps, "ils nous traitent comme de la volaille. Ils nous frappent et ne nous donnent rien de bon à boire ni à manger", explique Jon, un jeune Nigérian de 14 ans qui a fui les violences des djihadistes de Boko Haram. "Beaucoup de gens meurent ici. On meurt de maladie, on meurt de froid."
Pour gagner l'Europe, les immigrants doivent faire appel à des passeurs qu'il faut payer très cher, ce qui les met à la merci de l'exploitation et de toutes sortes de trafics, dont la prostitution.
"La filière est essentiellement contrôlée par des passeurs, des trafiquants et des gens qui cherchent à tirer parti du désespoir de femmes et d'enfants qui cherchent juste la sécurité et une vie meilleure", souligne Afshan Khan, coordinatrice spéciale de l'Unicef pour la crise migratoire.
"Les enfants ne doivent pas être contraints de mettre leurs vies entre les mains de passeurs simplement parce qu'ils n'ont pas d'autre choix. Nous devons combattre les causes de l'immigration à l'échelle mondiale et coopérer à la création d'un dispositif solide pour le passage sûr et légal des enfants en transit, qu'il s'agisse de réfugiés ou de migrants", ajoute-t-elle.
La traversée vers l’Italie au départ de la Libye, que 181.000 migrants ont effectuée l'an dernier, est devenue la première voie migratoire vers l'Union européenne depuis l'accord conclu avec la Turquie en mars 2016, qui a en grande partie interrompu les arrivées de migrants et réfugiés en Grèce.
L'an dernier, 4.500 personnes, dont 700 enfants, ont trouvé la mort pendant le voyage vers l'Italie, selon l'Unicef.

Libé
Mercredi 1 Mars 2017

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