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L’USFP prône l’élaboration d’une plateforme socialiste commune à toutes les forces démocratiques



Habib El Malki
La session de la Fidélité de la Commission administrative de l’USFP coïncide avec la commémoration du 50ème anniversaire de la disparition du martyr Mehdi Ben Barka



Driss Lachguar :  La seule voie pour sortir de l’impasse passe par une vraie réforme politique et électorale

La Commission administrative et le Conseil national de l’USFP ont tenu leurs réunions samedi dernier  au siège central du parti à Rabat consacrées à l’analyse de la situation politique du pays et du parti et à la prise des mesures nécessaires les concernant.
Au début des travaux  de la Commission administrative nationale, son président, Habib El Malki, a prononcé une allocution au cours de laquelle il a notamment affirmé que cette session ordinaire est placée sous le thème de « La session de la Fidélité », car elle coïncide avec la commémoration du 50ème anniversaire de la disparition du martyr de l’USFP, Mehdi Ben Barka.
Habib El Malki  s’est ensuite adressé à tous ceux qui espèrent la mort de l’USFP. « Nous affirmons à ceux qui croient que l’histoire de l’USFP a pris fin que leur théorie est défaitiste et à ceux qui la véhiculent qu’ils vivent hors de l’Histoire », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas prétentieux. Mais l’histoire passée et récente démontre qu’il est extrêmement difficile de « cloner » l’USFP ».
Le Président de la Commission administrative nationale a, par ailleurs, affirmé devant les membres du « Parlement » du parti de la Rose que « Nous n’avons d’ennemis au sein du parti que ceux qui se le déclarent. Nos ennemis sont en dehors du parti des forces populaires ».
Par la suite, le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a décortiqué, dans un rapport politique présenté en l’occasion, la situation politique nationale et annoncé les initiatives qu’il faudrait prendre en prévision des prochaines échéances électorales.
Selon lui, la démocratie ne réside pas seulement dans les réformes constitutionnelles. Celles-ci demeureront lettre morte si elles ne s’accompagnent pas de mesures à caractère démocratique et de lois dont les plus importantes ont trait aux élections.
 « Nous avons contesté ces élections et leurs résultats et, par conséquent, elles ne peuvent pas être prises comme critère de la vraie représentativité des partis politiques. Car notre pays a connu des opérations flagrantes de fraude et,  partant,  leurs résultats ne reflètent pas la réalité politique effective », a assuré le dirigeant ittihadi avant de s’interroger : « Comment expliquer les contradictions et les étranges paradoxes qui les ont marquées? Il y a des partis qui ont réalisé de bons scores aux élections sans disposer de structures partisanes dans certaines régions où ils ont gagné. Il y a des partis qui ont occupé une position avancée sur la carte politique, alors qu’ils n’ont presque pas tenu de réunions de leurs instances, qu’ils n’ont organisé aucune activité et que leurs membres ne font acte de présence que lors des élections. D’où tirent-ils donc leur force électorale, si ce n’est de l’argent et de l’achat des consciences ? »
En plus, l’USFP n’était le seul à avoir contesté les résultats des élections. D’autres partis les ont mis en doute,  y compris des partis de la majorité gouvernementale. 
Le Premier secrétaire a, par ailleurs, évoqué le communiqué de presse des ministres de l’Intérieur et de la Justice et des Libertés concernant les poursuites diligentées contre près du  tiers des membres de la deuxième Chambre. « Cela constitue un précédent historique », a-t-il noté en substance.
Il a rappelé dans le même sens, le communiqué des partis de l’opposition daté du 5 septembre 2015 qui a qualifié le scrutin de « massacre de la démocratie », les déclarations du chef du gouvernement lui-même évoquant clairement la fraude électorale, ou encore la déclaration du secrétaire général du PPS qui a considéré que 70 % de ceux qui ont gagné les  élections (professionnelles,  locales et régionales, et celles de la Chambre des conseillers) l’ont fait par maquignonnage électoral.
Face à cette situation préoccupante, le Premier secrétaire de l’USFP a mis en garde l’Etat contre pareils processus qui favorisent des partis politiques sans existence réelle, sans projet politique et sans prolongement dans la société au détriment d’un vrai parti, à savoir celui des forces populaires, qui offre une immunité irremplaçable pour le pays et constitue une vraie force de proposition tout en étant un acteur incontournable du champ politique national et international. Cette manière d’agir  ne peut que mener vers un système représentatif « absurde » et « déraisonnable ».
 Le Premier secrétaire a ensuite mis les points sur les « i » d’un ton ferme: « Toute tentative de réduire la force de l’USFP et de concéder sa base électorale à de quelconques parties, conduit inévitablement à un dysfonctionnement du système politique marocain. Nous sommes donc devant un vrai problème politique qui ne peut être résolu par les seules procédures judiciaires et les recours électoraux ».  
La seule voie pour sortir de cette impasse politique, selon lui, passe par une vraie réforme politique et électorale.
D’après lui, celle-ci est d’une nécessité urgente « dans la perspective des prochaines élections législatives, car nous aspirons à mettre fin à cette dualité qui hypothèque l’avenir du pays en balançant entre les deux faces de la même médaille de droite ». Et d’ajouter : «Nous ne pouvons concevoir la production d’une élite compétente sans la réalisation de cette réforme ».
Cette lecture objective de la réalité politique issue des dernières échéances électorales a poussé la direction du parti à repenser sa stratégie en ce qui concerne ses alliances. 
Ainsi, le Premier secrétaire de l’USFP a appelé les autres partenaires « qui croient en la démocratie avec à leur tête les forces de gauche »  à œuvrer de concert dans le cadre de respect mutuel. « Nous sommes contre la balkanisation de la gauche et contre son effritement. Nous sommes déterminés à laisser la porte ouverte à toute initiative constructive qui n’a pour but que de mettre en place une plateforme commune entre toutes les sensibilités du champ politique national », a-t-il expliqué.
Dans ce sens, il a affirmé que l’USFP est prête à présenter une plateforme socialiste qui a pour objectif d’ouvrir un processus de débat constructif avec toutes les forces démocratiques et de gauche, les centrales syndicales, les organisations de la société civile et les intellectuels. 
« Le cloisonnement n’est plus une solution et les hostilités deviennent oiseuses au regard des enjeux majeurs engendrés par le développement de la société et de l’Etat », a-t-il affirmé. 
« L’USFP est pleinement consciente que la responsabilité que l’on doit assumer aujourd’hui est plus grande que celle d’hier », a-t-il précisé avant d’affirmer que « l’USFP est la demeure de toute la gauche. La porte sera grande ouverte à tous ceux qui veulent y revenir, à condition qu’ils respectent les principes progressistes et modernistes. La direction et la base de l’Ittihad accueilleront toutes les initiatives positives, loin de toute logique clanique ».
Le Premier secrétaire a, par ailleurs, affirmé que le parti continuera sa lutte politique en étant à l’opposition. Dans ce sens, l’USFP a assumé et assumera ses  responsabilités sur deux fronts. Primo : le parti œuvrera en tant qu’opposition à l’intérieur des institutions en vue de  faire face à la politique antisociale du gouvernement. Driss Lachguar a précisé, à cet égard, que ce combat pousse le parti à coordonner son action avec les autres partis de l’opposition. « Nous affirmons que nous ne formons pas d’alliance, mais nous coordonnons avec eux sur certaines prises de positions. Cette coordination avec l’opposition institutionnelle ne signifie pas la fusion avec une partie ou l’autre », a tenu à clarifier le Premier secrétaire du parti de la Rose qui a affirmé que cette coordination a été fragilisée après les élections, ce qui ne permettra pas d’aller plus loin pour atteindre une étape plus avancée. « D’aucuns se posent la question de savoir si le parti restera hors de toute coalition politique. Nous leur assurons que nous sommes déterminés à mener les prochains combats avec nos propres forces », a-t-il précisé. Et d’ajouter que « l’USFP demeurera ouverte pour initier une nouvelle étape dans la vie politique, mais sans consensus artificiel ».
Secundo : l’USFP assumera également ses responsabilités au sein de  l’opposition sociétale. Le parti défend et défendra les intérêts des citoyens mécontents de la politique gouvernementale, ou qui ne s’identifient pas aux orientations prises par les autres partis politiques.
 

Mourad Tabet
Lundi 16 Novembre 2015

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