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L’USFP dénonce l’improvisation et l’aventurisme du gouvernement

Le rapport du Bureau politique à la Commission administrative




L’USFP dénonce l’improvisation et l’aventurisme du gouvernement
“Sœurs et frères ittihadis,
Nous nous retrouvons aujourd’hui à l’occasion de la deuxième session de la Commission administrative quatre mois après la tenue du IXème Congrès de notre parti et après votre élection pendant la tenue de la première session du Bureau politique.
Cette réunion constitue une étape essentielle pour évaluer le bilan du IXème Congrès et ses résultats politiques et organisationnels qui doivent encadrer et orienter notre action à nous tous. Les rapports du Congrès qui est l’organe décisionnel et orienteur suprême constituent un pacte entre les instances et les institutions du parti et ses militantes et militants d’une part et la société et l’opinion publique d’autre part.
Dans ce contexte et sans aller jusqu’à reprendre dans les détails les décisions et orientations recommandées par notre IXème Congrès, il conviendrait toutefois d‘en rappeler les grandes lignes.
Le parti a confirmé son attachement à son identité socialiste démocratique en tant que cadre dynamique ouvert aux données et nouveautés liées aux changements concernant notre époque et notre société.
Il a également livré une évaluation de la nature de l’actuelle conjoncture politique avec ce qu’elle comporte comme défis et challenges importants et ce qu’elle impose à notre parti en tant que parti socialiste, démocratique, de gauche et d’opposition, comme mission et initiatives, que ce soit au niveau de l’opérationnalisation et l’application de la Constitution selon une interprétation démocratique et une approche moderniste, ou à celui de la préservation des acquis réalisés dans le domaine des libertés individuelles et collectives qui se trouvent menacées sous l’actuelle gouvernement.
Par ses rapports idéologiques et politiques et des résultats obtenus dans le domaine de l’organisation et de la restructuration, le IXème Congrès a ouvert au parti de nouvelles et importantes perspectives afin qu’il retrouve ses positions dans la société et qu’il parvienne  à l’édification du parti institution.Notre réunion, aujourd’hui, à l’occasion de la tenue de  la deuxième session de la Commission administrative, constitue un grand moment se situant dans le cadre de cette perspective élaborée par le Congrès  eu égard à la nature de l’ordre du jour qui vous est proposé.

Sœurs et frères ittihadis,
Depuis que vous avez procédé à l’élection de ses membres, le Bureau politique s’est penché sur l’opérationnalisation aux plans politique et organisationnel des décisions du neuvième Congrès.

Premièrement
Au niveau organisationnel

C’est une session constitutive du point de vue organisationnel. Vous serez donc appelés à prendre des décisions d’ordre structurel et procédural qui doivent permettre au parti de passer d’une action le concernant en tant que tel à une action impliquée dans la société et au cœur des institutions représentatives, et ce par le lancement de grandes initiatives, du militantisme politique, social et intellectuel. Cela ne peut être réalisé sans la concrétisation des décisions du Congrès qui ont fait suite au diagnostic de la situation organisationnelle. Tout un processus qui a commencé par une décortication de la situation organisationnelle et  par le rapport  élaboré pour l’évaluation des échéances de 2007, la préparation du VIIIème Congrès, le colloque national sur l’organisation… Au cours de toutes ces étapes, nous avons procédé à une dissection dure par moments. Cela a été particulièrement le cas dans le rapport de l’ancien Premier secrétaire le frère Abdelouahed Radi lors de la session du Conseil national le 5 mai 2012 où il déclaré que «l’Ittihad passe par une situation de suicide collective». Cette dissection a conduit à la redéfinition de des principes constitutifs de l’organisation du parti à travers le rapport organisationnel.

Les principes constitutifs

-Séparation des pouvoirs et équilibre entre les pouvoirs : un parti institution soumis à des règles et des procédures claires , des organes exécutifs homogènes responsables et légitimes, des organes décisionnels auxquels incombent de prendre des décisions et demander des comptes à l’organe exécutif, un organe national d’éthique et d’arbitrage chargé de trancher dans les contentieux d’ordre organisationnel et des recours en rapport avec les échéances internes et de veiller sur le respect des règles déontologiques du parti de la part de tous ses membres et des élus en son nom siégeant dans les institutions élues ou investis de responsabilités publiques, un organe national chargé de contrôler la gestion financière du parti, son administration et ses biens.
La décentralisation : réduire l’aspect central de la décision partisane, à travers une structure proche, au niveau institutionnel, du système parlementaire et au plan organisationnel de la régionalisation élargie voulue par notre pays, et ce en accordant aux organes régionaux  de larges attributions dans la gestion politique et organisationnelle du parti au niveau de la région.
L’institutionnalisation et la codification, et ce par l’adoption de mécanismes et procédures clairs qui doivent régir le pouvoir partisan et les relations entre les différents organes, les droits et les obligations des membres du parti et de ses sympathisants, entre autres questions qui pourraient donner lieu à des différends et auxquels le parti doit faire face lors d’étapes organisationnelles ou électorales.
La légitimité démocratique : cette légitimité qui résulte de la volonté de la base du parti est la seule susceptible de trancher  dans la prise de décision et dans l’élection aux postes de responsabilité. Cette démocratie ne doit pas être seulement un slogan, mais  une méthodologie, un comportement et un engagement.  
Méthodologie : toutes les échéances partisanes doivent se faire au bulletin secret ou à main levée en cas de nécessité. Ce droit de vote doit être exercé par la base du parti ou ses organes élus conformément aux listes d’adhésion  qui ne peuvent tolérer ni différend ni suspicion, en accordant les garanties nécessaires pour protéger les opérations  du scrutin et du dépouillement  de tout ce qui pourrait leur porter atteinte et en ayant recours aux  moyens modernes et aux nouvelles techniques dans ce domaine.
Comportement : Les adhérents doivent être empreints des valeurs de la tolérance, du respect de l’avis contraire, ne pas porter atteinte à la dignité de l’autre et à sa vie privée et s’en tenir aux devoirs de sérénité et de l’élégance  dans le débat.
Engagement : Se soumettre individuellement et collectivement à la décision légitime du parti et recourir aux procédures d’appel devant les instances compétentes à chaque conflit ou opposition au lieu de recourir aux manières inciviques de diffamation, de rébellion et de zizanie.    
La clarté des responsabilités et des fonctions: Définir  de manière détaillée les missions et les fonctions des différents organes du parti.
Lier la responsabilité à la reddition des comptes, à l’efficacité et à la rénovation : lier la candidature aux postes de responsabilité partisane ou électorale à un programme qui constitue la base d’un contrat permettant la reddition de comptes sur des bases préétablies et à l’efficacité inhérente à la réalisation de résultats tangibles, et puis le renouvellement  périodique des organes du parti et la limitation du nombre des mandats pour les différents postes de responsabilité à même de permettre le renouvellement des élites partisanes.
La gestion démocratique du quota dans la perspective de parvenir à la parité : augmentation  à hauteur du tiers de la représentativité des femmes dans les différents organes du parti. L’USFP est pionnier dans ce domaine. Limiter ce quota à deux mandats dans le même organe et à trois mandats dans les différents organes pour interdire la monopolisation de ce droit d’une part, et encourager les compétences féminines à accéder aux postes de responsabilité.   
La moralisation : L’organisation partisane n’est pas un outil inerte, ni des institutions sans vie,  ni non plus de simples règles, listes et mesures, mais  principalement une organisation fondée  sur l’action de ses militants qui agissent selon  des idées, des principes et des valeurs et qui présentent au sein de leur environnement familial, professionnel et social la preuve de leur imprégnation par l’esprit de la responsabilité et de la droiture. Et même avant que l’USFP ne clarifie en 1975 son identité idéologique et ses choix, ce qui lui conférait crédibilité et rayonnement, c’était cette noblesse dans les attitudes et les comportements qui distinguaient ses dirigeants et militants qui jouissaient, à juste titre, d’une large estime populaire.
Elle revêt davantage d’importance après la moralisation, considérant que l’action dans les institutions élues place les militants en contact direct avec les citoyens. Ce qui fait que le jugement des gens sur les comportements est une partie de leur interactivité quotidienne avec l’évènement politique et un premier critère d’évaluation des organisations politiques. A cet effet, le parti est appelé à mettre en place un code de conduite pour ses militants dans différents fronts, basé au départ sur trois engagements essentiels :
+ Déclaration du patrimoine avant et après avoir assumé toute responsabilité communale, législative ou gouvernementale au sein d’une institution publique.
+Présentation du bilan d’action devant les citoyens de façon régulière et périodique, en ce qui concerne l’activité du militant du parti dans les différents postes de responsabilité.
+Veiller en toute circonstance à ce que les citoyens constituent l’un des engagements primordiaux du militant devant le parti.
-La formation : Faire de la formation des militantes et militants une affaire essentielle pour nous dans l’avenir en vue de qualifier les cadres appelés à assumer des responsabilités au sein du parti ou au sein des institutions. (Une école de formation des cadres, un institut des recherches et des études, une université d’été à l’instar des partis socialistes et démocratiques).
-La solidarité : Comme étant une valeur primordiale dans notre projet socialiste, démocratique et moderniste. La création d’une institution nationale de solidarité.

Sœurs et frères ittihadis,
En application de ces décisions organisationnelles, nous considérons que la structuration des secteurs constitue le prélude essentiel et efficient à l’opérationnalisation de l’outil partisan, ainsi que sa rénovation et sa restructuration. A cet effet, le Bureau politique a procédé à l’opération de la structuration des secteurs des femmes et de la jeunesse. La dynamique de la préparation du Congrès de la Chabiba a été entamée, sachant que son Conseil national s’est réuni le 13 de ce mois. Et les préparatifs sont en cours dans la perspective de la tenue du Congrès de la Chabiba en juin prochain.
En parallèle, le Bureau politique a tenu une réunion nationale avec les secrétaires des régions et des provinces afin de donner le coup d’envoi de l’opération de la mise à niveau du parti à l’horizon des prochaines échéances électorales et de la concrétisation de l’approche de proximité dans l’action organisationnelle aux niveaux régional et provincial. De même que des conseils provinciaux ont été tenus sous l’égide des membres du Bureau politique en plus de deux réunions élargies qui ont eu lieu à Casablanca et Rabat  marquées par la présence des membres de la Commission administrative et des secrétaires des sections et secteurs. Ce que nous considérons comme une étape qualitative dans le sens de l’instauration des bases d’une communication efficiente entre la direction du parti et ses organes régionaux et provinciaux.
Ce que nous avons entrepris et ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui est de répondre aux attentes réelles de la base du parti et des sympathisants de l’Ittihad, ainsi que de mettre un terme à l’autoflagellation et dédaigner les profondes dissensions  auxquelles nous allons faire face en les laissant à tous ceux qui trouvent en cela un champ d’expression des egos et des agendas étrangers aux intérêts, à la réputation et à l’efficacité du parti. Le temps des compassions est révolu. Notre réunion d’aujourd’hui augure d’une ère nouvelle dans le parcours de l’USFP. Une ère qui prend en compte les problématiques réelles engendrées par une situation difficile que vit notre pays.  Le Congrès national nous a imposé une grande mission, à commencer par le dégel qui a paralysé  la capacité du parti à l’action et à l’initiative.

Deuxièmement : politique

Notre session se déroule dans une conjoncture urgente compte tenu de la situation dangereuse que traverse notre pays sous un gouvernement d’improvisation et d’aventurisme qui se caractérise :
Premièrement : par la lenteur dans l’action gouvernementale quant à l’application des dispositions de la Constitution 2011, tout en optant pour une approche conservatrice, une manière unilatérale qui écarte l’opposition de cet important chantier constitutionnel et législatif. Dans un communiqué du Bureau politique daté du 4 mars 2013, il a été rapporté que le plan législatif mis sur pied par le gouvernement et élaboré d’une manière unilatérale est une tentative de confisquer le droit du Parlement à légiférer...
Deuxièmement : Pour affronter les répercussions de la crise économique et ses conséquences sociales, le Bureau politique a relevé  la confusion qui a caractérisé l’action gouvernementale en matière des réformes économiques et sociales qualifiées d’urgentes. La décision unilatérale de l’Exécutif d’opérer des coupes budgétaires traduit clairement le comportement du gouvernement à marginaliser l’institution législative  qui a vu son droit d’amendement du budget confisqué.
- Le recours du gouvernement à des coupes dans le budget d’investissement reflète l’absence d’un projet gouvernemental de réforme et d’une vision économique, sociale et politique qui réponde aux problèmes et aux défis, ainsi qu’aux attentes populaires insistantes, ce qui augure du danger de l’aggravation de la crise économique et ses répercussions sur le pouvoir d’achat et les acquis sociaux des citoyens.
- Les tergiversations au niveau de la réforme de la Caisse de compensation et des Caisses de retraite et la limitation de la lutte contre la prévarication dans des déclarations et des slogans à usage médiatique, sans l’accompagner de mesures efficientes et audacieuses, liant la responsabilité à la reddition des comptes. Contrer les mouvements de protestations populaires par la violence et la restriction au droit  de grève à travers les prélèvements sur les salaires des grévistes sans aucun fondement juridique.
La confusion révélée par les dernières décisions du gouvernement au sujet de la suppression de 15 milliards du budget d’investissement est la même que celle qui imprègne les positions du gouvernement évoquant le traitement de la question de la Caisse de compensation pour limiter le déficit budgétaire.
Le gouvernement a orienté sa majorité, ayant soutenu le projet du budget en temps opportun, vers une approche erronée au moment de l’élaboration du budget, des pronostics concernant le taux de croissance, le déficit des équilibres et le niveau de la dette intérieure et extérieure. L’Exécutif a occulté à l’opinion publique l’état lamentable des équilibres macroéconomiques et financiers…jusqu’à ce que le Fonds monétaire international ait mis son veto à la politique du gouvernement, lui imposant une série de mesures. Le gel des investissements publics ne constitue à ce propos que la  partie visible de tout un programme.
En l’état actuel des choses, il s’agit de guérir une maladie chronique et non de chercher à se focaliser sur les calmants. Il est question donc de procéder à un diagnostic global du modèle de développement économique  en s’appliquant à l’orienter vers un nouvel horizon qui prendrait en considération non seulement les contraintes locales, mais tiendra plus particulièrement compte de l’économie mondiale au sein de laquelle nous nous positionnons et qui connaît une mutation qui ne sera pas parachevée avant longtemps. Le système de crédit, les politiques monétaires, les modèles de subvention des services publics, la gestion de la rareté dans le domaine de l’énergie, de l’alimentation, de l’eau entre autres secteurs confirmant que notre pays est exposé à plus de pressions que celles qu’il avait eu à supporter durant les années 80. Tout cela justifie pleinement que l’on dise au gouvernement que si aujourd’hui vous rejetez le dialogue au sein des institutions, que feriez-vous du pays quand les tensions entre les différentes positions se passeront ailleurs? Quand l’emballement et l’improvisation prouveront toute leur inutilité, tout comme les compassions feintes, les dénaturations et les menaces…Le jour de la vérité ne saurait tarder. La réalité étant tenace, rendre des comptes constituerait une bien dure épreuve.
Tout cela représente les caractéristiques les plus en vue du rendement du gouvernement, ce qui nous impose en tant qu’opposition le renforcement de notre front sur le plan des institutions et sur celui du terrain en vue de défendre les réformes politiques, économiques et sociales qui constituent les attentes du peuple marocain toutes catégories confondues.
Partant de là, nous considérons au sein du Bureau politique que la position du parti en tant que parti d’opposition exige de nous une action allant dans le sens de l’édification d’un front syndical et social composant une force authentique dans le militantisme populaire. Et c’est dans ce sens que nous avons eu des rencontres avec différents partenaires sociaux. Nous avons ainsi eu des réunions couronnées  de succès avec les syndicats ouvriers les plus en vue (l’UMT, la FDT, l’UGTM) ainsi qu’avec plusieurs associations de la société civile, des droits de l’Homme et culturelles. Nous avons également accordé un intérêt particulier aux travaux du Congrès du Syndicat national de l’enseignement supérieur, du Syndicat national de l’enseignement, et des secteurs des phosphates et de la santé où nos militantes et militants ont eu un rôle primordial à assumer.
La situation actuelle exige de réagir. Il ne s’agit pas seulement de combattre le phénomène de la marginalisation croissante du rôle de l’opposition de la part du gouvernement. Nous réaffirmons notamment notre position à l’intention de ceux qui imaginent pouvoir monopoliser la décision à travers l’exclusion des dispositions de la Constitution et la tentative de concocter des formes caricaturales appelées dialogues autour des différents sujets. Nous refusons d’adhérer à ce genre de gesticulations, pour la simple raison que cela entend davantage exclure l’opposition qui est la première concernée par ces dialogues. Notre position est fondée sur une approche que nous avons longtemps défendue lors de nos propositions pour la nouvelle Constitution, à savoir que la démocratie ne se mesure pas à l’aune d’une seule et unique dimension faisant de la majorité dépositaire du droit de gérer la chose publique, mais aussi du rôle joué par l’opposition. L’état des lieux actuel nous met face à une situation de déséquilibre flagrant. Ce qui constitue une nette régression quant aux aspirations des Marocains et aux projets établis de concert auparavant.
La résistance face à cette régression reste la plateforme autour de laquelle nous fondons nos orientations politiques et nos initiatives de concertation et de coordination. Cela signifie qu’autant notre base de départ est l’unification des tendances de la gauche et de la modernité, autant que notre allié majeur dans ce combat reste  le mouvement de masse. En tant qu’USFP, nous prenons en considération la dynamique qui a généré cette aspiration des jeunes à l’édification d’un nouveau Maroc, de par les institutions,  la répartition des pouvoirs et la gestion de la chose publique. Nous ne sommes ni serons otages, ni cloisonnés dans une nostalgie des gloires du passé. Nous n’avons pas le droit d’occulter les aspirations des masses à la réforme et au progrès. Nous n’avons pas besoin de rappeler notre statut en tant que parti bien enraciné dans les tréfonds du mouvement national, alors que nos branches comptent les composantes de la gauche et de la modernité, ainsi que les forces des jeunes, à même de mûrir le parcours de transition et de transformation démocratiques.
Dans la pratique, nous traduisons cette approche et cette vision à travers un référentiel idéologique clair que nous avons souligné lors notre 9ème Congrès et dont les éléments sont compilés dans la plateforme soumise aux membres de l’USFP.

Soeurs et frères ittihadis
Concernant notre cause nationale du Sahara marocain, le BP poursuit son action pour la mise en application de la recommandation de la déclaration du Congrès, et ce à travers l’organisation d’un colloque international autour de cette question. L’objectif étant d’actualiser notre position nationale à la lumière des manœuvres et menaces qui visent à faire avorter le processus  de négociation pour une solution politique négociée sur la base de la proposition marocaine de l’autonomie. Alors que nous vivons en ce moment, un climat de tension généré par la position américaine visant à changer la nature de la mission de la Minurso, pour englober celle de contrôle des droits humains dans la région, nous réitérons notre position explicitée dans le communiqué du BP rendu public à l’issue de sa réunion du 15 avril courant, faisant état de notre refus catégorique de l’initiative américaine et notre dénonciation de cet alignement en faveur de l’une des parties du conflit.
Cette initiative dévie ainsi de l’esprit de concertation et  de compromis qui a marqué le processus visant à aboutir à une solution politique équitable, fondée sur le respect de la souveraineté et l’unité territoriale des pays de la région.
Le BP a appelé toutes les forces politiques, syndicales, des droits humains et de la société civile à se mobiliser, afin de contrer ces manœuvres visant à avorter les efforts de paix dans la région. Dans cette optique, les deux groupes parlementaires du parti appelleront aussi à une réunion des deux commissions des relations extérieures au sein des deux Chambres, afin d’examiner ces derniers développements. Concomitamment, les travailleurs marocains, en pleins préparatifs pour célébrer la fête de travail, expriment nettement leur rejet de porter atteinte à l‘intégrité territoriale du Royaume. Le BP a également dépêché plusieurs délégations auprès de partis frères des pays qui siègent au sein du Conseil de sécurité, dans l’objectif d’expliciter davantage la position marocaine quant à l’initiative américaine.
Les derniers développements nous interpellent toutes et tous à bien se pencher sur le cours que prendrait, aux niveaux interne et externe, notre question nationale. Cela fait 38 ans que notre pays a récupéré ses provinces du Sud, ce qui nécessite d’entreprendre une véritable évaluation des réalisations, des méthodes et moyens adoptés et des résultats obtenus. Dans ce contexte, le rapport soumis par le Conseil économique et social mérite notre attention, dans la mesure où il a levé le voile, de manière objective et audacieuse, sur les points forts et faibles de la politique suivie. La question qui se pose et s’impose reste le moment du passage à l’acte par l’Etat. Au sein de l’USFP, nous soulignons la nécessité de la consolidation du front interne par des mesures et des initiatives qui rétablissent les éléments de confiance dans les provinces sahariennes, afin de permettre à toutes les forces d’adhérer à un projet renouvelé à même de baliser le terrain à la mise en application de l’autonomie. Un tel projet appelle à davantage de volonté, de détermination, et de rigueur dans la gestion des aspirations des générations montantes de citoyennes et citoyens sahraouis.

Soeurs et frères ittihadis
Riche et variée est l’expérience de notre parti en matière de conception de types avancés de formes d’expression, d’organisation et de conduite partisane dans notre pays. Ce qui distingue notre expérience reste notre capacité à initier de nouvelles méthodologies incitatives à la modernité. Ce n’est donc pas par hasard que la question d’organisation ait été au cœur des problématiques que nous avions examinées et débattues. Le résultat a été toujours une résistance contre les modèles conservateurs. Bien plus,  nos modèles ont impacté et influencé la sphère partisane marocaine.
Nous vivons aujourd’hui au rythme de grandes mutations politiques et institutionnelles et nous pourrons les accompagner et les influencer en les  renouvelant et réaménageant nos méthodes et outils de travail, et ce en prenant en considération l’apport des sciences d’information et de communication en matière d’expression, de mobilisation, d’action et d’orientation. D’où la nécessité d’intégrer dans chaque siège de notre parti un permanent au fait des moyens de communication moderne.
La révolution numérique nous permet de faire prévaloir l’action rationnelle et la présence permanente dans tous les espaces partisans, aux niveaux horizontal et vertical. Dans ce contexte, nous allons devoir s’appliquer d’urgence sur un plan numérique avec un agenda qui ne dépasse pas les six mois. Nous allons devoir également résoudre le problème des sièges du parti, à partir des régions, puis des provinces et des sections locales. Et enfin, il sera nécessaire de s’outiller d’un référentiel radical régissant l’action et le travail de nos organisations sectorielles, notamment la jeunesse et les femmes.
La renaissance de l’USFP ne pourra jamais voir le jour uniquement par l’intermédiaire d’un projet sociétal, d’une ligne politique et de programmes et d’idées, mais aussi et surtout des femmes et des hommes ainsi que des jeunes de différentes couches sociales, convaincus par ses projets, traduites quotidiennement dans les faits, comme étant une lanterne au service des intérêts des populations cibles. Il est donc impératif de promouvoir la situation organisationnelle du parti à tous les niveaux, afin de venir à bout des dysfonctionnements repérés par les usfpéistes dans le rapport soumis au IXème Congrès. Un tel capital d’idées et de propositions est à même de permettre aujourd’hui de disposer d’outils et de procédures susceptibles de traiter la situation organisationnelle. Sachant qu’à elles seules, les procédures ne s’avèrent guère suffisantes, mais il est indispensable que la nouvelle direction joue son rôle instigateur pour ressouder les rangs du parti, en semant l’esprit de confraternité et de solidarité entre les militantes et militants dans les différentes régions. Ce même esprit qui a  permis à nos maîtres et leaders dans cette école ittihadie de surmonter les obstacles, et de combattre toutes les tentatives de dispersion ayant visé le patrimoine et le militantisme du parti tout au long de son parcours.
Faisons donc de cette année, l’année de la réédification, de la reconsolidation et de la réunification de la famille ittihadie.
Et ce pour garantir l’adhésion de tous les ittihadi(e)s au processus de renouvellement des structures partisanes, une adhésion que nous voulons responsable, consciente, durant l’année 2013, sans exclusion, ni marginalisation des potentialités actives et passives du parti. Je veillerai avec insistance, aux côtés de mes frères et sœurs au sein de la direction nationale régionale, provinciale et locale du parti, à faire de ce moment de renouvellement des structures du parti, une opportunité pour l’intégration des potentialités dont regorge notre société et qui partagent avec nous nos convictions social-démocrates et modernistes. L’objectif étant d’aider notre parti à s’ouvrir sur son environnement, à renouveler ses élites et à le rendre plus attractif, efficient et davantage enraciné dans notre société.
Oeuvrons toutes et tous pour la réunification des potentialités ittihadies avec lesquelles nous partageons une histoire militante commune et que seules les péripéties de la gestion de la ligne politique nous ont divisés par le passé. Je suis profondément convaincu que le souhait de la réunification est collectif pour tous les ittihadi(e)s. Il s’agit d’une nécessité militante, dictée par l’avenir de notre pays et par le souci de préserver les réalisations et les acquis démocratiques que nous avions toutes et tous défendus en consentant de grands sacrifices.    
Que l’année 2013 soit entamée sous le credo «Reprendre l’initiative», avec tout ce que cela implique comme détermination, volonté et confiance.”

Libé
Lundi 22 Avril 2013

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