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L'UCI, cible à peine cachée dans l'affaire Armstrong




L'UCI, cible à peine cachée dans l'affaire Armstrong
Le président de l'Union cycliste internationale (UCI), l'Irlandais Pat McQuaid, est en passe de devenir la cible dans l'affaire Armstrong dont les aveux attendus jeudi soir aux Etats-Unis pourraient encore plus fragiliser la gouvernance de son sport.
En sanctionnant en août dernier l'ex-septuple vainqueur du Tour, l'agence antidopage américaine (Usada) a prononcé une violente charge contre l'UCI et ses deux derniers présidents, Pat McQuaid et son prédécesseur Hein Verbruggen. Elle a souligné sa défiance en la résumant d'une formule-choc: confier le dossier d'enquête à l'UCI reviendrait à laisser "un renard garder le poulailler".
Depuis l'été, le directeur de l'Usada, Travis Tygart, n'a pas manqué une occasion d'enfoncer le clou. En divulguant le dossier complet accablant Lance Armstrong et son entourage, il a mis sur la place publique toutes sortes de témoignages dont certains s'en prenaient, sans apporter de preuves formelles, à l'UCI. Il a même douté dernièrement de l'intégrité d'un laboratoire antidopage parmi les plus réputés, celui de Lausanne (Suisse), avec lequel travaille souvent la fédération internationale. Sans que l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui a accrédité le laboratoire, s'exprime officiellement sur le sujet.
Face à cette offensive à l'arme lourde, l'alignement de l'UCI, en octobre, sur les sanctions prononcées par l'Usada, s'est avéré trop léger. Sur la défensive, la fédération a annoncé d'une part la mise en place d'une commission indépendante qui doit enquêter sur son rôle dans le scandale Armstrong puis rendre des conclusions au plus tard début juin, d'autre part le lancement de consultations tous azimuts pour resserrer les rangs de la "famille" cycliste.
Mais, tant en août qu'en octobre, l'UCI s'est gardée de faire une vraie autocritique sur le passé. Pas même sur son acceptation de deux dons faits par Armstrong pour un montant relativement limité (au total 125.000 dollars), de nature à alimenter, chez ses détracteurs, un soupçon de corruption. McQuaid, installé à la présidence en septembre 2005 (après la dernière victoire du Texan dans le Tour), a soutenu mordicus son prédécesseur. Quitte à lier son destin, malgré des avis contraires venant de son propre comité directeur, à celui de Verbruggen, l'un des hommes forts du sport mondial durant les deux décennies écoulées et donc lors du règne Armstrong.
Après une brève accalmie, les relations sont redevenues polaires avec l'AMA. Aussi tendues qu'à l'époque où Verbruggen ferraillait avec son ennemi intime Dick Pound, son homologue de l'AMA.
McQuaid, qui a quitté à la fin de l'année 2012 le comité exécutif de l'AMA, reste membre du Comité international olympique (CIO), tout comme Pound. Mais l'instance suprême du sport s'est peu engagée jusqu'à présent. A l'image de son président Jacques Rogge vis à-vis de Verbruggen, longtemps l'un de ses soutiens les plus importants.
Le CIO, par la voix de son porte-parole mercredi, a seulement jugé "fort peu probable" l'exclusion du cyclisme du programme des JO évoquée par Pound, en rappelant que l'UCI "a largement oeuvré, au cours des dernières années, en faveur de la lutte contre le dopage".
A huit mois du congrès de Florence (Italie) qui doit élire le président de l'UCI pour quatre ans, McQuaid, candidat à un troisième mandat, est en butte à la pression extérieure. Armstrong peut la renforcer encore, jusqu'à la rendre peut-être insoutenable à terme, si le Texan devait évoquer, au-delà de la passivité reprochée généralement à l'UCI, une protection en sa faveur.
Ou si les liens financiers évoqués par le Wall Street Journal jeudi sur son site internet entre Verbruggen et Thomas Weisel, un milliardaire très proche de l'ancien coureur, devaient ajouter un poids supplémentaire au dossier.

AFP
Vendredi 18 Janvier 2013

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