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L'Irlande, paradis des multinationales au chômage toujours élevé




L'Irlande, paradis des multinationales au chômage toujours élevé
L'Irlande, premier pays de la zone euro à quitter dimanche le plan d'aide économique internationale, a attiré les plus grandes multinationales du secteur des nouvelles technologies, une bonne nouvelle qui ne constitue pas pour autant un remède-miracle au chômage de longue durée.
Google, Facebook, Twitter, Paypal et d'autres géants de l'informatique et de l'Internet ont choisi le petit pays pour y établir d'importants centres d'activité. Ils sont attirés notamment par son taux réduit d'imposition sur les sociétés, que le gouvernement irlandais a bien l'intention de maintenir malgré les pressions européennes.
Les bonnes nouvelles se succèdent: Facebook va par exemple déménager dans des locaux plus grands à Dublin, pour y accueillir jusqu'à 1.000 employés, tandis que Microsoft va investir 170 millions d'euros pour étendre un centre de données.
"Le défi pour nous était d'assurer la transition entre une économie trop dépendante du secteur immobilier et une économie durable fondée sur l'entreprise, l'innovation et les exportations", explique à l'AFP Richard Bruton, ministre en charge de l'Emploi et de l'Innovation.
La République d'Irlande a été touchée de plein fouet par la crise, avec l'explosion d'une bulle immobilière qui a poussé ses banques au bord de la ruine. Elle a été contrainte de demander à l'Europe et au Fonds monétaire international (FMI) un plan d'aide internationale de 85 milliards d'euros, dont elle sortira enfin officiellement dimanche, devenant ainsi le premier pays de la zone euro sous assistance à s'affranchir de l'aide de ses partenaires.
"Nous avons ciblé le secteur des technologies de l'information parce qu'il est central de plusieurs points de vue. C'est un secteur très dynamique, qui aide non seulement par les emplois directs qu'il crée mais aussi par la culture d'entreprise qu'il génère", ajoute M. Bruton.
Autour des multinationales, souvent américaines, se créent ainsi de jeunes start-ups détenues aussi bien par des étrangers que par des Irlandais.
GenCell Biosystems, une société de biotechnologie basée à Limerick, sur la côte ouest, a ainsi été fondée en 2011 et emploie aujourd'hui plus de 40 personnes. Comme beaucoup d'autres, elle est entièrement tournée vers l'exportation.
"C'est très simple en Irlande. Les obstacles légaux pour créer votre entreprise sont réduits au minimum et l'environnement est plus favorable qu'aux Etats-Unis", témoigne son fondateur, Kieran Curran.
Le magazine américain Forbes semble partager son avis et vient de nommer l'Irlande comme le meilleur pays du monde pour faire des affaires, dans une enquête publiée début décembre.
Mais avec un taux de chômage à 12,5% et 300.000 personnes sans emploi, dont beaucoup depuis longtemps, la reconversion apparemment réussie de l'ancien "tigre celtique" ne profite pas à tout le monde.
 Une partie de la population n'a pas la qualification requise pour travailler dans les secteurs les plus porteurs et 4.500 emplois dans les technologies de l'information restent du coup non pourvus, selon Fast Track to IT (FIT), une organisation mise en place par les employeurs.
"Il y a une inadaptation des qualifications" par rapport à la demande, regrette John Dennehy, directeur de projet de Make IT in Ireland, qui cherche à attirer des talents venus de l'étranger pour combler les emplois vacants.
"Vous ne pouvez pas prendre un chômeur qui n'a jamais travaillé dans le secteur des technologies et en faire un développeur de logiciels expérimenté en un claquement de doigts", souligne-t-il.
Le pays a beau avoir assuré un redressement indéniable, le fossé se creuse ainsi entre ceux qui profitent du redémarrage et les autres."J'ai l'impression qu'il y a deux Irlande", confie Kieran Curran, le patron de GenCell. "Le chômage touche les gens sans qualification et d'un autre côté on manque de talents dans des domaines comme le nôtre".

AFP
Jeudi 19 Décembre 2013

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