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L'Iran et le Groupe P5+1 s’entendent pour ne pas s’entendre sur le nucléaire

Les ultimes arbitrages politiques posent toujours problème




Les grandes puissances et l'Iran tentaient de conclure lundi, avant l'expiration d'un énième délai, un accord historique sur le nucléaire iranien, au terme de seize jours de pourparlers acharnés à Vienne, comparés par Téhéran à une ascension de montagne.
Les chefs de cordée, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, ne quittent guère la table de négociations depuis fin juin.
Toutes les parties s'accordent à le dire : pas à pas, d'importants progrès ont été réalisés. "Il reste du travail à faire", a confirmé dans la foulée M. Zarif, depuis le balcon du palais Coburg qui sert de camp de base aux négociateurs.
Une source allemande proche des négociations a confirmé que les négociateurs étaient "tout proches du but". Mais "tout peut encore échouer", a-t-elle prévenu.
Kerry et Zarif, ainsi que le Français Laurent Fabius, le Russe Sergueï Lavrov et le Britannique Philip Hammond devaient se retrouver à Vienne lundi pour poursuivre leurs pourparlers alors que l'agence de presse officielle Chine nouvelle rapportait que le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi était arrivé à Vienne dimanche.
L'objectif est de garantir que les activités nucléaires iraniennes soient strictement pacifiques, comme l'assure Téhéran, en échange d'une levée des sanctions internationales qui brident l'économie du pays depuis 2006.
Les négociateurs travaillent à la finalisation d'un texte volumineux -une centaine de pages- en raison de la complexité du dossier. Selon le chef du programme nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, les négociations techniques sont "terminées de fait". Reste le volet le plus délicat : celui des ultimes arbitrages politiques.
En avril, à Lausanne, les négociateurs ont obtenu à l'arraché un accord-cadre, selon lequel l'Iran a notamment accepté de réduire le nombre de ses centrifugeuses et son stock d'uranium enrichi, ce qui, en pratique, doit rendre quasi impossible la fabrication rapide d'une bombe atomique.
Les négociations avient notamment buté jusqu'ici sur la levée de restrictions sur le programme balistique de l'Iran ainsi que le commerce des armes, réclamés par Téhéran avec le soutien de Moscou. Les Occidentaux jugent cette demande délicate en raison de l'implication iranienne dans plusieurs conflits, en particulier en Syrie et en Irak.
Autre point de désaccord : le rythme de la levée des sanctions. Les Iraniens souhaitent une levée rapide, mais les puissances occidentales envisagent une levée graduelle et la possibilité de revenir en arrière en cas de violation de l'accord. Un dénouement marquerait le début d'une normalisation des relations de l'Iran avec la communauté internationale. Cette perspective se heurte à l'hostilité des puissances régionales sunnites et d'Israël.

Mardi 14 Juillet 2015

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