Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

L'Etat français met la main à la poche pour sauver une usine Alstom




Pour sauver à tout prix l'usine Alstom de Belfort (est) avant la présidentielle du printemps prochain, l'exécutif français a accéléré des commandes de trains, quitte à payer le prix fort et jongler avec les règles de la concurrence.
Le gouvernement a annoncé mardi plusieurs centaines de millions d'euros de commandes de trains et de locomotives pour Alstom, mais sans certitude sur l'avenir à long terme de son site historique de Belfort.
"Le site d'Alstom de Belfort est sauvé!", s'est enthousiasmé mardi sur Twitter le Premier ministre Manuel Valls. Le président François Hollande avait promis que "tout serait fait" pour maintenir l'activité et les quelque 400 emplois de ce site devenu un enjeu électoral.
Cet "objectif" fixé par le chef de l'Etat a finalement été acquis "à court terme avec de la commande publique", a déclaré mardi à Belfort le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue.
D'abord 15 TGV Euroduplex (à étage) destinés aux lignes régionales Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan, l'Etat dépensera ainsi environ 450 millions pour faire circuler ces trains à grande vitesse sur des voies ordinaires, "par anticipation de l'arrivée des lignes à grande vitesse" sur ces trajets, selon un document remis aux élus et aux syndicats.
Par ailleurs, le groupe français de chemins de fer SNCF est mis à contribution avec une commande de 6 TGV pour la future liaison à grande vitesse Paris-Turin-Milan, un marché estimé à 200 millions d'euros. L'entreprise publique commandera également à Alstom 20 locomotives diesel "destinées au secours des trains en panne", pour un montant non précisé.
La facture aurait sans doute été moins salée si le gouvernement n'avait dû précipiter les choses. Surveillé par la Commission européenne et les concurrents étrangers d'Alstom, l'exécutif assure que ses commandes sont parfaitement légales.
"Nous sommes dans un contrat-cadre, pas dans une procédure d'appel d'offres. (...) Nous anticipons une dépense qui était de toute façon programmée", a affirmé M. Sirugue sur France Info.
A Bruxelles, l'institution ne pouvait "pas commenter ni spéculer sur une potentielle aide d'Etat", mais une source européenne a précisé à l'AFP qu'il pourrait y avoir "un problème de concurrence si le prix du marché n'est pas payé".
De son côté, Alstom s'engage à investir 40 millions d'euros à moyen terme dans son usine de Belfort et à diversifier ses activités, avec notamment des bus électriques.
Invoquant un calendrier de commande insuffisant, la direction du groupe ferroviaire français avait annoncé en septembre son intention de transférer la production de Belfort sur un autre site, provoquant une levée de boucliers chez les salariés comme au sein de l'exécutif, qui détient 20% des voix au conseil d'administration d'Alstom.
Le gouvernement socialiste, critiqué pour ne pas avoir assez agi contre la désindustrialisation du pays, avait dès lors engagé des discussions tous azimuts pour empêcher la fermeture de cette usine bâtie en 1879, berceau de la première motrice TGV dans les années 70.
Les syndicats, eux, étaient dans l'ensemble satisfaits du plan, mais prudents sur la survie du site à long terme.
Alstom et la SNCF doivent concevoir d'ici à la fin de 2017 une cinquième génération de TGV, sans garantie de commandes à ce stade. L'industriel et l'Etat prévoient d'y investir 30 millions d'euros.

Jeudi 6 Octobre 2016

Lu 407 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs