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“L’Enfant du silence”. Un retour au pays de l’innocence

Dans son nouveau film, provisoiremment intitulé “L’Enfant du silence”, le cinéaste Mohammed Mouftakir fait ressusciter l’amour face à la mort




“L’Enfant du silence”.  Un retour au pays de l’innocence
Quelle est la perte  la plus déchirante d’une vie d’homme? C’est la mort du père, selon Freud. Surtout quand cet événement tragique survient précocement, comme ce fut le cas pour le père du cinéaste Mohammed Mouftakir, fauché par  la mort à 39 ans, alors que le futur cinéaste avait à peine 11 ans. L’enfant a vécu cette mort prématurée comme un abandon. Et le voilà aujourd’hui qui tente, à l’âge adulte, de faire revivre ce père disparu, dans son nouveau film “L’enfant du silence”.  C’est un voyage dans le temps, pour revisiter les lieux de l’enfance et pouvoir à nouveau communiquer avec ce père si cruellement absent. Mais il ne s’agit pas pour autant  d’un film autobiographique, nous prévient le cinéaste.
Le personnage central de “L’enfant du silence” est Mimou.  Un enfant d’une dizaine d’années,  admirablement incarné par Élias Jihani. Ne pouvant  répondre aux attentes de ce père,  l’enfant est obligé de falsifier ses résultats scolaires pour lui faire plaisir.  Car  il faut bien reconnaître que Mimou a d’autres soucis dans la vie. Et cela ne l’aide certainement pas à briller en classe. Il est amoureux d’une petite bonne,  à peine plus âgée que lui, mais c’est une femme en plein épanouissement, Fatima (incarnée par Majdouline Idrissi) qui  fait découvrir au môme,  avec  la spontanéité d’une chikha (chanteuse populaire), quelques secrets  d’alcôve du monde féminin. À l’insu de la mère (Mouna Fettou) qui est pourtant si attentionnée et si attentive. 
Le père, Hussein, quant à lui,  est un musicien superbement doué, qui se fait passer pour aveugle, afin de pouvoir chanter dans les fêtes traditionnelles, “sans voir les femmes.”  Notons au passage que le père du cinéaste lui-même, Houcine Mouftakir, dit Budra,  était un brillant  violoniste. Il a même été le premier à créer un groupe moderne de musiciens à Casablanca. 
Dans le film, ce père qui ne sait ni lire ni écrire est incarné  avec panache par Younès Mégri, lui-même chanteur et musicien de talent. 
D’autres noms, et pas des moindres, sont présents dans ce long métrage, produit par le Français Emmanuel Prévost.  Mohammed Bastaoui, Souad Nejjar, Mohammed Choubi, Fahd Benchemsi, en plus de Fedoua Taleb, Mohammed Louz, et le jeune et talentueux Msika. Une pléiade d’artistes réunis dans un film baigné de senteurs de Hay Mohammadi, durant les  années soixante-dix.
 

Mehdi Ouassat
Lundi 6 Janvier 2014

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