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L’Couple, la saison III n’aura pas lieu

Soumia, Lhbib et El Guerrouj rejoignent Ouzzine sur la touche




L’Couple, la saison III n’aura pas lieu
Enfin, le couple gouvernemental qui a fait le « buzz » dernièrement a été acculé au départ. Après quelques semaines de tergiversations et de résistances, Abdelilah Benkirane s’est enfin  résigné à lâcher Lahbib Choubani, ministre chargé  des Relations avec le Parlement et la Société civile et Soumia  Benkhaldoun, ministre déléguée auprès du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres. 
C’est un communiqué de presse du Cabinet Royal qui a annoncé le départ du couple gouvernemental, ainsi que celui de l’autre ministre délégué auprès du  ministre de l'Education nationale et de la Formation professionnelle, chargé de  la Formation professionnelle, Abdelaâdim El Guerrouj.
Selon la même source, S.M le Roi Mohammed VI « a bien voulu donner son accord à ces demandes », tout en précisant que le Souverain « a également chargé le chef du gouvernement de lui soumettre des propositions de nomination de nouveaux ministres aux postes  ministériels vacants, y compris le poste de ministre de la Jeunesse et des  Sports ».
Ce dernier département, rappelle-t-on, est géré par intérim par le secrétaire général du Mouvement populaire et ministre de l'Urbanisme et de l'Aménagement du territoire national, Mohand Laenser, depuis le limogeage de Mohamed Ouzzine par S.M le Roi «suite au rapport présenté au Souverain sur les dysfonctionnements qu'a connus l'un des matchs de la Coupe du monde des clubs, au complexe Prince Moulay Abdellah ». 
Le départ de Soumia Benkhaldoun et  Lahbib Choubani,  a poussé la direction du PJD à publier un communiqué pour en  minimiser l’impact sans pour autant rappeler que ses deux ministres avaient récemment refusé de quitter leurs fonctions tout en annonçant qu’ils pourraient convoler en justes noces  après la fin de leur mandat prévue en 2016. Au lieu de critiquer le comportement anachronique de ces deux ministres-tourtereaux, la direction s’est attaquée à tous ceux qui, selon elle, perturbent l’action gouvernementale par leurs prises de position. « Cette démission vient mettre fin aux agissements ineptes auxquels l’expérience gouvernementale fait face», a affirmé la direction du PJD.
« De quels agissements parle-t-elle ? », s’est interrogé Adil Benhamza, porte-parole du Parti de l’Istiqlal dans une déclaration à Libé. « Tous les Marocains sont au courant des scandales politiques et éthiques qui ont secoué le gouvernement Benkirane et forcé le départ de quatre de ses ministres », a-t-il affirmé, ajoutant que le PJD a été contraint d’accepter la démission de ses deux ministres pour sauver la face après que leur scandale a  fait la une de la presse mondiale. « Polygamie en série dans le gouvernement marocain », avait même titré le quotidien Le Monde vers la mi-avril dernier.
En outre, ce remaniement ministériel ne pourra pas mettre fin à la crise politique qui secoue le cabinet Benkirane, car le mal est, selon Adil Benhamza, tellement enraciné au sein de l’Exécutif que le changement de quelques ministres ne pourra  nullement l’éradiquer. « Ce gouvernement est en crise politique. Il est la source des problèmes du Maroc. Figurez-vous que la dette publique a atteint 81% du PIB. Il nous mène vers la faillite. Ce n’est pas la question du départ de quelques ministres qui changera la donne. C’est le gouvernement lui-même qui doit partir », a-t-il souligné.
Mais ce qui est extrêmement grave pour Adil Benhamza, c’est que les ministres démissionnent sans rendre de comptes pour leur gestion, voire leur mauvaise gestion au sein des départements qu’ils ont dirigés, alors que la Constitution de 2011 dans son premier article a mis en valeur les principes de bonne gouvernance et la corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes.
Pour un  dirigeant usfpéiste de premier plan, il ne s’agit pas d’un remaniement technique ou d’un ajustement de circonstance. C’est là un nouvel avertissement pour un chef de gouvernement discrédité par la recrudescence des scandales au sein de sa propre équipe ainsi que par les errements de sa majorité. C’est l’échec d’une politique qui s’est fixé comme objectif prioritaire la moralisation de la vie publique. L’incurie actuelle doit accélérer le départ d’un gouvernement déconnecté de la réalité nationale et internationale, a conclu notre source. 

​Le noyé

Après le lourd et volumineux dossier du Complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat et la fameuse affaire de la convention signée entre une certaine commune, présidée par Mohamed Ouzzine, et le ministère de la Jeunesse et des Sports, alors sous les commandes de ce même homme, l’ex-ministre ne cesse de susciter les polémiques, même après son départ du ministère. La dernière en date remonte à lundi dernier, quand des magistrats de la Cour des comptes ont investi trois délégations provinciales relevant du ministère  de la Jeunesse et des Sports à Casablanca pour passer leur gestion au peigne fin. Selon des informations concordantes, les délégations concernées sont celles d’Anfa, Ben  M’sik et Hay Hassani. Les mêmes sources font savoir que lesdits magistrats vont fouiller les comptes de certaines infrastructures sportives construites sans respect des cahiers des charges, ainsi que les dossiers de colonies de vacances. Les projets sur la sellette ont été lancés ou réalisés du temps où Mohamed Ouzzine était à la tête du ministère.

Don Lhbib

Le parcours de Lahbib Choubani à la tête du département des Relations avec le Parlement et la Société civile est bourré de bévues. Le dialogue national qui a été organisé entre 2013 et mars 2014 sur la société civile a été boycotté par les principales associations de cette société.
En outre, l’inspection générale des finances mène un audit sur les 17 millions de DH qu’a coûté le Dialogue national. Le ministère a été sommé de fournir aux expertes de l’IGF l’ensemble des documents justifiant la totalité des dépenses. L’intervention du ministère des Finances sur ce dossier a donné crédit aux suspicions d’octroi de marchés liés à l’organisation du Dialogue, à des membres du PJD sans passer par la procédure habituelle des appels d’offres. 
Le ministre qui n’a cessé de poser en donneur de leçon en a oublié deux qui sont essentielles: être consensuel et éviter de faire référence à une morale qu’il ne semble pas respecteur outre mesure. 

La dulcinée

Après le scandale provoqué par sa relation avec Lahbib Choubani et leur projet de mariage-polygame, Soumia Benkhaldoun a, elle aussi, fini par quitter le gouvernement. Il faut dire que les deux ex-ministres ont tellement fait parler d’eux, après que Choubani, accompagné de son épouse et de sa mère, est allé demander la main de l’élue de son cœur, Soumia Benkhaldoun. Les femmes politiques marocaines sont montées au créneau pour condamner l'attitude des deux amoureux dont le comportement a été jugé indigne et humiliant pour la femme marocaine.  D’ailleurs même son ex-mari s’est plaint du préjudice moral que lui ont causé les amourettes du duo Benkhaldoun-Choubani et la légèreté avec laquelle les deux tourtereaux s’étaient comportés.

L’effacé

Peu de gens le connaissent et presque personne ne sait en quoi consistait sa mission au sein du ministère de l’Education nationale, tant il a brillé par son absence. Très fragilisé l’année dernière après le fameux épisode du chocolat, Abdelaadim Guerrouj s’est montré beaucoup plus discret ces derniers temps mais il a bien fini par présenter sa démission. L’ex-ministre délégué auprès du ministre de l’Education nationale aurait payé une facture de 33.735 DH de chocolat et de gâteaux aux frais du ministère, en 2014. Lesdits achats auraient été effectués à l’occasion d’une fête familiale, il s’agirait plus précisément du baptême de son fils. Il est à noter que la facture avait disparu complètement des archives du ministère. L’affaire irritait tellement Abdelaadim Guerrouj qu’il a, lui aussi, fini par présenter sa démission, au moment où le ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, dont la principale mission est de moraliser la vie publique et prôner la bonne gouvernance, ne savait plus sur quel pied danser.

 

Mourad Tabet
Jeudi 14 Mai 2015

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