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L’Allemagne, enfin championne de l’intégration




Le Mondial-2010 ne marque pas seulement pour l'Allemagne l'émergence d'une nouvelle et talentueuse génération: c'est aussi le premier tournoi où sa sélection reflète la diversité de sa société, avec 11 joueurs sur 23 nés hors d'Allemagne ou d'origine étrangère.
A 21 ans, Mesut Ízil a déjà beaucoup de responsabilités: il est le plus jeune meneur de jeu de l'histoire de la Nationalmannschaft, il doit faire oublier le forfait de la star Michael Ballack et il est le symbole d'une Allemagne "multi-kulti", ou multi-culturelle, transformée depuis les années 1960 par divers courants migratoires.
Il aura fallu attendre 2010 pour qu'un joueur d'origine turque devienne, à l'exception notable de Mehmet Scholl dans les années 1990, titulaire indiscutable en équipe d'Allemagne. Un comble lorsqu'on sait que la communauté turque, installée essentiellement dans l'ancien bassin industriel de la Ruhr et à Berlin, est la plus importante d'Allemagne avec 2,5 millions de personnes d'origine ou de nationalité turque.
La faute à la Fédération allemande qui se faisait "piquer" les talents par leur pays d'origine. La faute surtout au style de jeu pratiqué par l'Allemagne, réputée jusqu'à peu pour sa puissance physique et sa rigueur défensive.
Avec Jürgen Klinsmann de 2004 à 2006 et Joachim Löw depuis, le football allemand est devenu plus offensif, plus technique et la sélection s'est ouverte aux profils les plus divers.
Comme le résume Philipp Lahm, le nouveau capitaine, "il y a moins de joueurs typiquement allemands et cela nous fait beaucoup de bien".
Löw a intégré Cacau le Brésilien, naturalisé allemand en 2009, Mesut Ízil et Serdar Tasci, fils d'émigrés turcs, Sami Khedira, de père tunisien, Marko Marin, né en Bosnie, Dennis Aogo, d'origine nigériane, et Jérôme Boateng qui aurait pu représenter, comme son demi-frère Kevin-Prince, le Ghana.
Ils ont rejoint la "faction" polonaise (Klose, Podolski, Trochowski) et Mario Gomez, de père espagnol et de mère allemande, déjà présents à l'Euro-2008. "Ils sont Allemands de la tête au pied. Pour un entraîneur, c'est un enrichissement, car ils ont, en plus de leur style de jeu, des cultures et des mentalités différentes", s'enthousiasme Joachim Löw. L'Allemagne a eu le déclic en voyant la France Black-Blanc-Beur de Zinédine Zidane remporter la Coupe du monde 1998 quand son équipe nationale "100% allemande" échouait en quart de finale.
"On regardait cette France avec admiration et on ne pensait pas qu'avoir une telle équipe était possible chez nous", rappelle l'ancien international Oliver Bierhoff, aujourd'hui manageur de la Nationalmannschaft.
La Fédération allemande (DFB) a depuis fait de l'intégration par le football son message central. Elle parvient désormais à convaincre les talents d'origine étrangère, majoritaires dans les sélections de jeunes et convoités par le pays de leurs parents, d'opter pour la Nationalmannschaft.
"Pour moi, il a toujours été clair que je porterai ce maillot", assure Ízil, né à Gelsenkirchen et objet de menaces de mort de supporteurs turcs lorsqu'il a choisi de représenter l'Allemagne, son pays.

AFP
Samedi 19 Juin 2010

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