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L’Algérie sans tête


Abdelaziz Bouteflika hospitalisé de nouveau à l’étranger



Une confusion de fin de règne. Pour une énième fois, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, se trouve en Suisse pour des soins. Dans un communiqué laconique relayé par l’agence officielle, Algérie presse service (APS), la présidence a annoncé qu’il s’est rendu à Genève pour «une visite privée durant laquelle il effectuera des contrôles médicaux périodiques». 
Agé de 79 ans et reconduit pour un quatrième mandat en avril 2014 en dépit d’un état de santé chancelant dû à un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu une année auparavant, le président algérien n’est plus que l’ombre de lui-même. Ce qui fait planer sur l’Algérie un climat délétère mâtiné de confusion.
Au lieu de rassurer l’opinion publique, le communiqué de la présidence algérienne a, en effet, plongé le pays dans l’embarras, surtout qu’il n’a donné aucune précision sur l’état de santé de Bouteflika qui s’est visiblement dégradé ces dernières semaines.
« Contacté dimanche par « El Watan », la clinique Genolier de Genève, où il a l’habitude de se rendre pour des contrôles médicaux, a indiqué que le chef de l’Etat algérien «n’y était plus». Il aurait été transféré ailleurs, selon la personne qui nous a répondu », a écrit hier le journal algérien.
Pour sa part, « Le Soir d’Algérie » a fait une comparaison entre le communiqué de la présidence de la République rendu public dimanche et celui de décembre 2015 quand Bouteflika a  effectué des contrôles médicaux en France. « En décembre 2015, la présidence a bien précisé qu’il s’agissait, d’abord, d’une «courte visite privée», ensuite que durant cette «visite privée», Bouteflika allait effectuer «ses contrôles médicaux périodiques, sous la direction de ses médecins traitants». Or, pour cette «visite privée à Genève», la présidence ne précise aucune durée, ni n’évoque les «médecins traitants», a précisé la même source. Et d’ajouter : « A l’évidence, le rédacteur du communiqué, Ahmed Ouyahia sans doute, ne veut nullement s’engager sur une échéance précise, s’agissant de la durée de ce séjour helvétique. Bien évidemment, c’est de la durée de ce séjour que l’on pourrait «déduire» le degré de gravité de la maladie de Bouteflika et de son état de santé réel ».
Affaibli par l’ampleur de la corruption qui secoue les hautes  sphères du pouvoir algérien et par une crise politique sans précédent, ce nouveau malaise du Président met en doute la capacité de Bouteflika, à gouverner le pays jusqu’à la fin de son mandat. C’est le clan de son frère Said Bouteflika qui gouverne le pays au mépris des dispositions de la Constitution algérienne. Dans cet esprit, un autre quotidien, « Liberté », a mis en relief l’incapacité de Bouteflika à gouverner le pays. « L’évacuation, a précisé la même source, pose, plus que jamais, la question de sa capacité à assumer l’intégralité et ses charges à la tête de l’Etat. Une interrogation qui n’est pas nouvelle, faut-il le dire, puisqu’elle a été soulevée dès avril 2013, suite à l’AVC, qui l’a obligé à de longs soins, près de trois mois (80 jours), au Val-de-Grâce, puis aux Invalides à Paris, et les séquelles qui en ont découlé. Motricité et capacité de locution réduites, Bouteflika, qui a couru et obtenu un 4ème mandat, ne s’est pas impliqué physiquement dans la campagne électorale et a dû se présenter dans un bureau de vote en fauteuil roulant. Depuis, il n’a ni effectué de visites sur le terrain, ni participé à un quelconque forum international, ni effectué de visites d’Etat à l’étranger. Les Algériens ne l’ont pas entendu leur parler directement depuis 2012 ». L’opposition avait, à maintes reprises, appelé à mettre fin à cette situation inouïe en appliquant l’article 88 de la Constitution. Le clan proche du président n’a pas souscrit à pareille initiative, se contentant de guerroyer pour un après-Bouteflika qui semble difficile au regard de la crise multiforme qui frappe lourdement le pays.
La récente visite du Premier ministre français, Manuel Valls, en Algérie a mis à nu l’état de santé du Président algérien. La photo que Valls a publiée sur Twitter de sa rencontre avec Bouteflika montrait ce dernier affaibli physiquement et le regard hagard. Le responsable français avait commenté cette photo avec sarcasme : « Echanges économiques, humains et sécurité : la relation franco-algérienne est forte, historique et stratégique », ce qui a provoqué l’ire des autorités algériennes.
 

H.T
Mardi 26 Avril 2016

Lu 4625 fois


1.Posté par Tarik le 27/04/2016 13:45
Mépris flagrant du respect de leur propre constitution et les autorités algériennes ont le culot de vouloir donner des leçons de démocratie au Maroc dans l'affaire du Sahara. Le ridicule ne fait plus peur , il est assumé avec aplomb!

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