Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Kool Shen, un rappeur “à l'heure”




L'ex-moitié du groupe français NTM, Kool Shen, dont la vie est rythmée par les tournois de poker et les tournages de films, entend montrer qu'il reste, à 50 ans, un rappeur "à l'heure" dans son troisième album solo sorti vendredi. Revenir à la musique, sept ans après son dernier disque solo, constitue un "challenge", reconnaît Bruno Lopes, sportif dans l'âme, qui a fait de la ville populaire de Saint-Denis, au nord de Paris, la capitale du rap français dans les années 90 avec son compère Didier Morville, alias Joey Starr, au sein du duo NTM. "Il y a ce truc vis-à-vis des rappeurs actuels, pour leur dire: «Eh vous voyez, papy, il est toujours à l'heure; il ne refait pas simplement un truc de 1998...». Si je reviens, c'est que techniquement, j'ai travaillé et évolué",  explique à l'AFP Kool Shen.
Ces dernières années, il a passé beaucoup de temps autour des tables de poker, sa dévorante passion du moment, et sur quelques plateaux de cinéma, notamment le tournage du film "Réparer les vivants" avec Tahar Rahim dont la sortie est prévue cette année. Mais l'envie d'écrire et la nostalgie des studios l'ont rattrapé "il y a  deux ans". Dès les premiers mots de ce nouvel album baptisé "Sur le fil du rasoir" (Def Jam/Universal), Kool Shen met les choses au point: "Si tu me demandes pourquoi je reviens/J'te réponds cash, pas pour le salaire/Pour ça, il y a le poker (...) J'fais ça pour le kiffe." Pour montrer qu'il reste "à l'heure" musicalement, il s'est frotté à des productions musicales "très actuelles", différentes en termes de sonorités et de tempo de ses habitudes. "Aujourd'hui, dans le rap, il y a des musiques très lentes", explique l'ex-NTM, qui a "parfois dû se gratter la tête" pour réussir à poser ses mots et sa voix.
S'il reste parfois proche de ses bases, comme pour le morceau pacifiste final "Debout", Kool Shen propose des productions moins attendues, avec des refrains chantés, sur des titres comme "Sais-tu danser?" en duo avec le  Marseillais Soprano ou "Faudra t'habituer" avec son "pote" Jeff Le Nerf.  "La musique, pour moi, c'est de pouvoir prendre un peu ce que je veux. Dans NTM, c'était comme ça d'ailleurs. Il y avait des morceaux très rapides, d'autres plus lents..."
Etre "à l'heure", c'est aussi clairement ancrer ce disque dans le paysage politique français de 2016, avec une dénonciation des discours du parti d'extrême droite le Front national, sujet que NTM avait déjà abordé en 1995 avec "Plus jamais ça". Dans "La France est internationale", on peut ainsi entendre Kool Shen reprendre le célèbre refrain "La jeunesse emmerde le Front national" chanté en 1989 par le groupe punk Bérurier Noir. "En nous envoyant la fille, pas de doutes possibles/Ils ont déguisé le père", clame-t-il, en référence à la dirigeante du FN, Marine Le Pen qui a succédé à son père Jean-Marie à la tête de la formation.

Vendredi 26 Août 2016

Lu 551 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs